sourdre

sourdre

v.i. [ lat. surgere, de regere, diriger ] Litt.
1. Sortir de terre, jaillir, en parlant d'un liquide : Du pétrole sourd de ce sol.
2. Se manifester peu à peu ; s'élever : Les protestations commencent à sourdre fuser, jaillir

sourdre

(suʀdʀ)
verbe intransitif
figuré naître, se manifester Je sentais la colère sourdre en moi.

sourdre



Indicatif présent
je sourd
tu sourdent
Passé simple
je sourdit
tu sourdirent
Imparfait
je sourdait
tu sourdaient
Futur
je sourdra
tu sourdront
Conditionnel présent
Subjonctif imparfait
Subjonctif présent
Impératif

SOURDRE

(sour-dr') , il sourd, ils sourdent ; il sourdait ; il sourdit ; il sourdra ; il sourdrait ; qu'il sourde ; qu'il sourdît ; sourdant ; point de participe passé v. n.
En parlant des eaux, sortir de terre. L'eau sourd.
Que dirai-je des bains que produit le sein de la terre pour une infinité de maladies, et des eaux chaudes qui sourdent aux rives de la mer ? [MALH., Traité des bienf. de Senèque, IV, 5]
Là sourdait une eau qui avait la propriété de rajeunir : c'est ce qu'on appelle encore aujourd'hui la fontaine de Jouvence [LA FONT., Psyché, II, p. 176]
On trouve des eaux douces le long de la mer, en remontant vers Gaza ; il suffit de creuser avec la main dans le sable pour faire sourdre au bord même de la vague une eau fraîche [CHATEAUB., Itinér. 3e part.]
Se dresser, s'agiter.
Nous entendrons.... Ces millions de morts, moisson du Fils de l'homme, Sourdre confusément dans leurs sépulcres, comme Le grain dans le sillon [V. HUGO, F. d'aut. 6]
Fig.
Entre le Clerc et son ami Coras, Deux grands auteurs rimant de compagnie, N'a pas longtemps sourdirent grands débats Sur le propos de leur Iphigénie [RAC., Épigr. I]
Fig. Sortir, résulter. C'est une affaire dont on a vu sourdre mille inconvénients.
De cette grâce [faite à Fleury de monter dans le carrosse du roi] sourdit une dispute de préférence et de préséance [SAINT-SIMON, 466, 122]
Terme de marine. Se disait d'un nuage s'élevant à l'horizon. Sourdre au vent, se disait d'un navire marchant au plus près du vent.

REMARQUE

  • Buffon a dit sourdissent au présent de l'indicatif ; c'est un barbarisme : Les sources chaudes qui découlent des montagnes, ou sourdissent à l'intérieur des cavités de la terre, Théor. terr. part. hyp. Œuvr. t. IX, p. 361.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Quant de paiens li surdent les antgardes [, Ch. de Rol. CCXI]
  • XIIe s.
    Quant il esguardeit si le hanap tut entur Et vit le vin si truble qu'il en out grant hisdur, Dous iraignes [araignées] vit surdre del funz d'une tenur [, Th. le mart. 105]
    Il nel dist pur nul mal, mais en conseil de fei ; Surdre i vit grant peril e mult mortal desrei [, ib. 41]
    Aval le capitral, tut entur surstrent dous ordres de male granates [, Rois, p. 253]
  • XIIIe s.
    Et i sordoient li bain tuit chaud li plus bel de tout le monde [VILLEH., CLXVI]
    Bien est droiz qu'il en sorde guerre ; Si n'en doit nus avoir pitié [, Ren. 18864]
    Par là, soit esté, soit ivers, S'encorent dui flueves divers, Sordans de diverses fontaines Qui moult sunt de diverses vaines [, la Rose, 6005]
  • XVe s.
    Ceste nuyt sourdit une grande tourmente [COMM., III, 5]
    Dieu luy sourdit ung ennemy qui n'avoit nulle force [ID., V, 18]
    Il se leva sur pied et battit tant madame qu'elle ne pouvoit sourdre [se lever] [LOUIS XI, Nouv. XXXIX.]
  • XVIe s.
    Perceant la terre, il en veit sourdre Tages, demi-dieu [MONT., I, 45]
    De ce vice sourdent plusieurs grandes incommoditez [ID., I, 234]
    Nous ne sentons point le cours des heures en oyant deviser un sage, disert et eloquent vieillard, en la bouche duquel sourt un flux de langage plus doux que miel [AMYOT, Préf. XIV, 42]
    Il ne s'entremesla point des troubles qui depuis sourdirent entre les Grecs [ID., Timol. 47]
    Toutes et quantes fois, dit-il, que je frapperay du pied seulement la terre d'Italie, je feray sourdre de toutes parts gens de guerre à pied et à cheval [ID., Pomp. 82]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, sûd ; provenç. sorger, sorzir ; espagn. surgir ; portug. sordir, surdir ; ital. sorgere ; du lat. surgere, de sursum, en haut, et regere, diriger (voy. RÉGIR) ; c'est la contraction de surrigere. Sourdre est la forme française du latin surgere ; surgir a été refait sur le modèle des autres langues romanes.

sourdre

SOURDRE. v. intr. Sortir de terre; il ne se dit que des Eaux et n'est guère en usage qu'à l'infinitif et à la troisième personne du présent de l'indicatif. L'eau sourd de la terre, sourd d'un rocher. Dans cette prairie, on voit l'eau sourdre de tous côtés.

sourdre

Sourdre, c'est venir de bas à mont, Surgere, Ainsi dit on, La fontaine sourd de terre, et un faulcon sourdre contremont, quand il monte haut en l'air.

Sourdre, se lever, se dresser, se monstrer, Existere, Oriri, Cooriri, Suboriri.

Sourdre, sortir et saillir hors, Prorepere.

Sourdre hors l'eau et se monstrer, Emergere.

Sourdant, Oriens, Exoriens, Existens, Emergens.

sourdre


SOURDRE, v. neut. Il n'est d'usage qu'à l'infinitif et à la troisième personne du présent de l'indicatif. "On voit l'eau sourdre de tous côtés. Acad. "Il y a une autre forêt, au milieu de laquelle sourd une fontaine. Vaug. "Caton disoit qu'en frapant du pied contre terre, il en feroit sourdre des légions. D'Abl. * Un Auteur moderne, ou son Imprimeur, dit sourdrent pour sourdent. "Les chiens sentent les eaux souterraines, et les trouvent où elles sourdrent quelque-fois à une lieûe. = * Anciènement on employait ce verbe au figuré. "Entreprise, dont on vit sourdre mille malheurs. Il est vieux dans cet emploi.

Synonymes et Contraires

sourdre

verbe sourdre
1.  Littéraire. Jaillir, en parlant d'un liquide.
2.  Littéraire. Se manifester peu à peu.
Traductions

sourdre

spring

sourdre

[suʀdʀ] vi
[eau] → to seep out
(fig) [émotion, angoisse] → to well up