souris

souris

[ suri] n.f. [ lat. sorex, soricis ]
1. Petit mammifère rongeur dont l'espèce la plus commune a un pelage gris : Les souris ont fait des dégâts dans la cave.
2. Partie du gigot de mouton constituée par les muscles de la jambe.
3. En informatique, commande manuelle mobile permettant de désigner un point sur un écran de visualisation et d'agir sans passer par le clavier : Cliquer sur le bouton droit de la souris.
4. Fam. Jeune femme.
adj. inv.
Qui est d'une couleur gris argenté (on dit aussi gris souris) : Des vestes souris.

SOURIS1

(sou-ri ; l's se lie : un sou-ri-z'agréable ; cependant au XVIIe siècle, Chifflet, Gramm. p. 216, note que l's ne se lie pas) s. m.
Même sens que sourire.
Quand d'un souris amer me coupant la parole.... [CORN., Sophon. v, 8]
Une bouche, des yeux, un souris fin et tendre [HAUTEROCHE, Bourg. de qual. III, 6]
L'Amour, essuyant ses larmes, fit un souris malin et moqueur [FÉN., Tél. VII]
A-t-elle quelque bon mot à débiter, elle l'assaisonne d'un souris malin et plein de charmes, qui lui donne un nouveau prix [LESAGE, Gil Bl. III, 6]
Le souris est une marque de bienveillance, d'applaudissement et de satisfaction intérieure ; c'est aussi une façon d'exprimer le mépris et la moquerie ; mais, dans ce souris malin, on serre davantage les lèvres l'une contre l'autre, par un mouvement de la lèvre inférieure [BUFF., Hist. nat. hom. Œuvr. t. IV, p. 298]
Je ne sais si vous connaissez un certain souris passager, compagnon du désespoir ; je le voyais de temps en temps sur ses lèvres [DIDER., Lett. à Mlle Voland, 1er déc. 1765]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Se deffendre des oppositions d'aultruy par un mouvement de teste, un soubris ou un silence [MONT., IV, 54]

ÉTYMOLOGIE

  • Sourire 1.

SOURIS2

(sou-ri ; l's ne se lie pas, ce que, au XVIIe siècle, note Chifflet, Gramm. p. 216) s. f.
Quadrupède de la famille des rongeurs, appartenant au genre rat, qui se retire dans les trous des maisons.
Une jeune souris de peu d'expérience Crut fléchir un vieux chat, implorant sa clémence [LA FONT., Fabl. XII, 5]
Dois-je représenter en mes vers une belle Qui, douce en apparence et toutefois cruelle, Va se jouant des cœurs que ses charmes ont pris, Comme le chat de la souris ? [ID., ib. XII, 5]
Je voudrais bien me plaindre au P. Malebranche des souris qui mangent tout ici : cela est-il dans l'ordre ? quoi ! de bon sucre, du fruit, des compotes ! [SÉV., 4 août 1680]
Souris de trop bon goût, souris trop téméraire, Un trébuchet subtil de toi m'a fait raison ; Tu me rongeais, coquine ! un tome de Voltaire, Tandis que j'avais là les feuilles de Fréron [BACHAUM., Mém. secr. 30 mars 1762]
Fig.
Cette souris de douleur qui lui court [au chevalier de Grignan] à une main, puis à l'autre, est aujourd'hui sur le genou [SÉV., 3 nov. 1688]
Trou de souris, petit trou dans lequel se logent les souris. Fig.
Le malheur se fourre dans les trous de souris, comme il marche la tête levée dans les grands empires [VOLT., Lett. à Cath. II, 12 nov. 1771]
Par exagération. On le ferait cacher dans un trou de souris, dans le trou d'une souris, se dit d'un homme qui a grand'peur, ou qui éprouve beaucoup d'embarras et de confusion. Il est éveillé comme une potée de souris, voy. POTÉE. On entendrait trotter une souris, il se fait un grand silence. On n'entend pas une souris trotter, il ne se fait pas le moindre bruit. La montagne a enfanté une souris, se dit d'une chose qu'on attend comme grande, extraordinaire, et qui vient à rien.
Vous savez déjà comme cette montagne d'Allemagne est accouchée d'une souris, sans mal ni douleur [SÉV., 306]
Que produit un auteur après tous ces grands cris ? La montagne en travail enfante une souris [BOILEAU, Art p. III]
Il le guette comme le chat fait la souris, il l'épie, l'observe soigneusement. Couleur gris de souris, se dit d'un gris argenté. Cheval souris, cheval de cette couleur.
Terme de fortification. Les pas de souris sont des escaliers étroits et très raides, donnant accès au fond du fossé. Nom d'une disposition employée pour mettre le feu aux fourneaux de mine.
Muscle charnu qui tient à l'os du manche d'un gigot, près de la jointure. Il se dit aussi de l'espace qui est dans la main, entre le pouce et l'index.
En maréchalerie, cartilage des naseaux du cheval.
Au XVIIe siècle, ornement qui se mettait dans la coiffure.
Votre belle-sœur a une souris qui fait fort bien dans ses cheveux noirs [SÉV., 24 déc. 1689]
La souris est un petit nœud de nompareille, qui se place dans le bois [paquet de cheveux hérissés] [REGNARD, Attendez-moi sous l'orme, 6]
Souris des bois, petite espèce de sarigue. Souris d'eau, espèce de musaraigne. Souris de montagne, le lemming et la gerboise. Souris de terre, petit mulot.
Souris de mer, nom donné en quelques endroits au cycloptère souris, poisson malacoptérygien.

PROVERBES

  • Souris qui n'a qu'un trou est bientôt prise, un homme qui n'a qu'une ressource, est bientôt perdu, ruiné.
  • Quand les chats n'y sont pas, les souris s'ébattent, ou, absent le chat, les souris dansent, en l'absence du maître, du surveillant, on prend toute licence.
  • Ce qui ne fut jamais ni ne sera, c'est le nid d'une souris dans l'oreille d'un chat.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Il les saisist toz quatre par les bras, Si les demaine comme suriz fet chaz [, Bat. d'Alesch. V. 3986]
    Surstrent [surrexerunt] e as viles e as chans une maniere de suris à la destruction del païs [, Rois, p. 18]
  • XIIIe s.
    Soris qui n'a c'un trau [trou] poi dure [, Lai d'Ignaurès]
  • XIVe s.
    Là où n'a point de chat, la souris se tient fiere [, Guesclin. 17774]
    Nous les arons comme souris Atrappés en la ratouere [, Liv. du bon Jehan, 723]
    Quant ne set c'un seul trou, perdue est li soris [, Beaud. de Seb. III, 231]
    Le coup chey d'aventure sur la souriz [mollet] de la jambe dudit Regnault [DU CANGE, sorilegus.]
  • XVe s.
    Icelluy Guillaume se print à dire qu'il brusleroit les souris des supplians, qui vaulst autant dire en langaige du pays qu'il brusleroit leurs maisons, eulx et leurs menages [DU CANGE, ib.]
    Nouvelles ont couru en France Par maints lieux, que j'estoye mort.... Si fais à toutes gens savoir Qu'encore est vive la souris [CH. D'ORL., Ball. 124]
  • XVIe s.
    Le seigneur de Sedan estoit la souris d'un pertuis [qui n'a qu'un trou] [D'AUB., Hist. III, 295]
    J'en ay veu fuir la senteur des pommes, plus que les arquebuzades ; d'aultres s'effrayer pour une souris.... [MONT., I, 184]
    Blanches souris, chiens à rien faire [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 262]
    Nulle souris sans pertuis [ID., ib. p. 203]
    Où y a pain y a souris [ID., ib.]
    Souris du palais [les avocats] [OUDIN, Dict.]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, un souris, une souritte ; wallon, sori, masculin ; génev. se mettre en peau de souris pour quelqu'un, se dévouer à lui corps et biens ; provenç. soritz, sorritz ; ital. sorice ; du lat. soricem ; grec, qu'on rattache à swar, sonner (comparez le grec, siffler), à cause du cri de la souris quand on la blesse.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. SOURIS.
    Ajoutez :
  • Souris du bras, partie charnue du bras (voy. MUSCLE à l'étymologie).
    Il lui donna un grand coup d'épée dans la souris du bras [MALH., Lexique, éd. L. Lalanne.]
  • Souris de terre, un des noms vulgaires de la châtaigne de terre, lathyrus tuberosus, [, Journ. offic. 1er mars 1875, p. 1552, 1re col.]

souris

SOURIS. n. m. Sourire. Souris malicieux, moqueur. Il est maintenant peu employé.

souris

SOURIS. n. f. Quadrupède de la famille de Rongeurs, du même genre que le rat, mais plus petit, qui se retire dans les trous des maisons et qui attaque les grains, la paille, les meubles, etc. Les souris rongent le papier. Le chat a pris la souris.

Fig. et pop., Il est éveillé comme une potée de souris se dit d'un Jeune enfant très vif, très remuant et très gai.

Par exagération, On le ferait rentrer dans un trou de souris se dit d'un Homme qui a peur, qui ne sait où se cacher, qui se fait tout petit.

Gris de souris, gris souris, Gris argenté. Cheval souris, Cheval de cette couleur.

Prov. et fig., La montagne a accouché d'une souris se dit lorsque de grands projets n'aboutissent à rien.

Prov., Quand le chat n'est pas là, les souris dansent, Quand le maître est absent, on se donne toute licence.

SOURIS se dit, en termes de Cuisine, d'un Muscle charnu qui tient au manche d'un gigot de mouton, près de la jointure.

En termes de Maréchalerie, il désigne un Cartilage des naseaux du cheval.

Traductions

souris

Mausmouse, mice, knucklemuisעכבר (ז), עַכְבָּרmuisفأرة, فَاْر, فَأرٌ, فَأْرَةмишкаratolímyšmusποντίκι, ποντικόςkomputila muso, musoratón, mousehiiriegértetikus, tikusmústopo, sorcio, mouseマウス, 鼠, ハツカネズミ마우스, 쥐, 생쥐musmus, datamusmysz, myszka komputerowarato, camundongo, mouseмышь, мышка, компьютерная мышьmus, råttapanya mdogofaremišเมาส์, หนูchuột, chuột vi tính老鼠, 鼠标 (suʀi)
nom féminin
1. petit animal gris ou blanc une souris grise
2. objet qui sert à se déplacer sur l'écran d'unordinateur une souris sans fil

souris

[suʀi] nf
(= animal) → mouse
(INFORMATIQUE)mouse