suer

suer

v.i. [ lat. sudare ]
1. Sécréter de la sueur par les pores de la peau : Après sa course, elle suait énormément transpirer
2. Se couvrir d'humidité : Les murs du sous-sol suent suinter
3. Fam. Se donner beaucoup de peine, de fatigue : Il a sué pour trouver la solution s'échiner, peiner
Faire suer qqn,
Fam. l'ennuyer, le lasser.
Se faire suer,
Fam. s'ennuyer : Elle s'est fait suer pendant la projection de ce film.
v.t.
Litt. Exprimer, laisser transparaître par des signes extérieurs : Ce quartier sue la tristesse dégager, exhaler [litt.] respirer, suinter
Suer sang et eau,
se donner une peine extrême, faire des efforts considérables.

suer


Participe passé: sué
Gérondif: suant

Indicatif présent
je sue
tu sues
il/elle sue
nous suons
vous suez
ils/elles suent
Passé simple
je suai
tu suas
il/elle sua
nous suâmes
vous suâtes
ils/elles suèrent
Imparfait
je suais
tu suais
il/elle suait
nous suions
vous suiez
ils/elles suaient
Futur
je suerai
tu sueras
il/elle suera
nous suerons
vous suerez
ils/elles sueront
Conditionnel présent
je suerais
tu suerais
il/elle suerait
nous suerions
vous sueriez
ils/elles sueraient
Subjonctif imparfait
je suasse
tu suasses
il/elle suât
nous suassions
vous suassiez
ils/elles suassent
Subjonctif présent
je sue
tu sues
il/elle sue
nous suions
vous suiez
ils/elles suent
Impératif
sue (tu)
suons (nous)
suez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais sué
tu avais sué
il/elle avait sué
nous avions sué
vous aviez sué
ils/elles avaient sué
Futur antérieur
j'aurai sué
tu auras sué
il/elle aura sué
nous aurons sué
vous aurez sué
ils/elles auront sué
Passé composé
j'ai sué
tu as sué
il/elle a sué
nous avons sué
vous avez sué
ils/elles ont sué
Conditionnel passé
j'aurais sué
tu aurais sué
il/elle aurait sué
nous aurions sué
vous auriez sué
ils/elles auraient sué
Passé antérieur
j'eus sué
tu eus sué
il/elle eut sué
nous eûmes sué
vous eûtes sué
ils/elles eurent sué
Subjonctif passé
j'aie sué
tu aies sué
il/elle ait sué
nous ayons sué
vous ayez sué
ils/elles aient sué
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse sué
tu eusses sué
il/elle eût sué
nous eussions sué
vous eussiez sué
ils/elles eussent sué

SUER

(su-é) , je suais, nous suions, vous suiez ; que je sue, que nous suions, que vous suiez v. n.
Rendre par les pores (ou orifices des glandes sudoripares) une humeur aqueuse.
L'attelage suait, soufflait, était rendu [LA FONT., Fabl. VII, 8]
Malgré le froid, je sue encor de mes efforts [MOL., l'Ét. IV, 5]
Le feu comte du Lude disait qu'il n'avait jamais eu de mal, mais qu'il s'était toujours bien trouvé de suer : sérieusement, c'est un des remèdes de Duchesne pour toutes les douleurs du corps [SÉV., 243]
Tantôt il donnait des remèdes qui faisaient suer [FÉN., Tél. XVII]
Il suait à grosses gouttes, et avait l'air d'être fatigué [LESAGE, Guzm. d'Alf. II, 1]
Suer d'ahan, suer de la grande peine qu'on a.
[Ils] Sont à suer d'ahan pour expliquer le cas [DU CERCEAU, Poès. la Ravigotte.]
Suer s'est dit dans le XVIIe siècle pour subir un traitement mercuriel contre la syphilis. Fig. En termes d'argot financier, faire suer une affaire, lui faire rendre autant d'argent qu'il est possible. Fig. et anciennement. Faire suer le bonhomme, se disait des soldats qui extorquaient de l'argent au paysan.
À présent faisant suer le bonhomme, ainsi que vous dites, vous morguez les serviteurs du roi, [, Harangue du capitaine la Carbonnade en 1615, dans FR. MICHEL, Argot]
Fig. Éprouver de la peine, du malaise.
Il est vrai que l'on sue à souffrir ses discours [MOL., Fem. sav. II, 7]
J'ai bien sué en pensant aux périls de votre voyage [SÉV., 145]
On dit qu'une poignée de chrétiens sortis d'un rocher font suer les Ottomans et fatiguent leur empire [MONTESQ., Lett. pers. 19]
Familièrement. Faire suer, causer ennui, contrariété.
Vous ne craignez que moi en ces occasions ; vous me faites suer ; mais vous faites rire les autres [MAINTEN., Lett. à M. d'Aubigné, 28 févr. 1678]
Tout ce que je vous dis et tout ce que j'écoute, Me fait, ma foi, monsieur, suer à grosse goutte [BARON, le Jaloux, I, 7]
Elle dit des choses d'une naïveté qui me fait suer [FONT., Lett. gal. 30]
Il fait suer, se dit d'un homme dont la conversation est pesante et importune. Cela fait suer, cela excite l'indignation, le mépris.
Fig. Se donner beaucoup de peine pour venir à bout de quelque chose.
Et là suait Euryte à détacher les roches Qu'Encelade jetait [MALH., II, 12]
Thémis n'avait point travaillé, De mémoire de singe, à fait plus embrouillé ; Le magistrat suait en son lit de justice [LA FONT., Fabl. II, 3]
Lorsqu'elle vient me voir, je souffre le martyre ; Il faut suer sans cesse à trouver que lui dire [MOL., Mis. II, 5]
Les autres suent dans leur cabinet pour montrer aux savants qu'ils ont résolu une question d'algèbre qu'on n'aurait pu trouver jusqu'ici [PASC., Pens. IV, 2, éd. HAVET.]
En vain pour la trouver [la rime] je travaille et je sue [BOILEAU, Sat. II]
Fig.
Cette femme ambitieuse et vaine.... toute la nature s'épuise pour la parer, tous les arts suent, toute l'industrie se consomme [BOSSUET, la Vallière.]
Par extension, il se dit de l'humidité qui s'attache à la superficie de certaines choses. Les murailles suent pendant le dégel. Les foins suent, jusqu'à ce que toute l'humidité en soit évaporée.
Terme de cuisine. Faire exhaler une certaine humidité. Couvrir des marrons bouillis pour les faire suer.
Mettez dans le fond d'une casserole un peu de lard, quelques tranches d'oignon et des morceaux de veau minces par-dessus, et faites-les suer à très petit feu [GENLIS, Maison rust. t. VII, p. 110, dans POUGENS]
Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
V. a. Suer du sang, rendre du sang par les pores. Fig.
Mais ce traître [l'honneur].... Nous fait suer le sang sous un pesant devoir [RÉGNIER, Sat. VI]
Fig. et familièrement. Cet homme sue de l'encre, sue de l'huile, sa sueur a quelque chose de noir, d'huileux. Fig. Suer la peur, avoir l'apparence comme si la peur sortait par tous les pores.
Tandis que tout Paris se jonchait de merveilles [dans les journées de juillet], Ces messieurs tremblaient dans leur peau, Pâles, suant la peur et la main aux oreilles, Accroupis derrière un rideau [AUG. BARBIER, ïambes, Curée.]
Suer l'ennui, être ennuyeux. Suer l'orgueil, être très orgueilleux. Fig. Suer les grosses gouttes, éprouver une anxiété extrême.
Je me représente cette automne-là délicieuse, et puis j'en regarde la fin avec une horreur qui me fait suer les grosses gouttes [SÉV., 78]
Ma bonne, vous m'avez fait suer les grosses gouttes en jetant ces pistoles qui étaient sur le bout de cette table [une table de jeu, chez le roi] [ID., 12 août 1685]
Fig. Suer sang et eau, faire de grands efforts, se donner une grande peine pour quelque chose.
Je suais sang et eau pour voir si du Japon Il viendrait à bon port au fait de son chapon [RAC., Plaid. III, 3]
Des oncles ou des pères qui suent sang et eau toute leur vie pour leur laisser [aux héritiers] de quoi se réjouir [LESAGE, Est. Gonz. 30]
Terme de métallurgie. Suer le fer, lui donner une chaude complète.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    .... Il lur aveit mustré Que ses mals [son mal] l'ot la nuit mult durement grevé, E encore le tint, mais un poi out sué [, Th. le mart. 34]
  • XIIIe s.
    Moult li sua la pel del dos, Ainz qu'il venist à l'uis Renart [, Ren. 10670]
    Là descendent li mès [les messagers] qui sont las et suant [, Ch. d'Ant. v, 707]
  • XIVe s.
    Icellui Gerart respondi qu'il lui feroit suer les villenies que dites lui avoit [DU CANGE, suare.]
  • XVe s.
    Assemblés-vous ou IX ou X Des plus fors, des plus estourdis, Qui sçauront mieulx les coups ruer, Et luy faictes le sang suer, Tant que en luy n'en demeure goutte [, Mistere de la passion Jesu-Crist, dans FR. MICHEL, Argot.]
  • XVIe s.
    Ce villain mot de concluer M'a fait d'ahan le front suer [MAROT, 2, 196]
    La Baveresse, nommée ainsi pour avoir sué [avoir eu la syphilis] [D'AUB., Conf. I, 5]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, souwé ; provenç. suzar, suar ; espagn. sudar ; portug. suar ; ital. sudare ; du lat. sudare (voy. SUEUR).

suer

SUER. v. intr. Transpirer, rendre de la sueur par les pores de la peau. Suer à grosses gouttes. Suer de la tête, du visage, de tout le corps. S'il sue beaucoup, il guérira.

SUER signifie aussi, figurément et familièrement, Travailler beaucoup, se donner beaucoup de peine pour venir à bout de quelque chose. Il a bien sué sur cet ouvrage.

Il se dit, par extension, de Certaines choses qui suintent, qui se couvrent d'humidité. Les murailles suent pendant le dégel.

SUER s'emploie aussi transitivement. Suer du sang, Rendre du sang par les pores.

Fig. et fam., Suer sang et eau, Faire de grands efforts, se donner une grande peine pour quelque chose.

Fig. et fam., Suer l'ennui, Exhaler l'ennui de toute sa personne. On dit de même : Suer l'orgueil, l'hypocrisie, la peur, etc.

suer

Suer, Sudare, Consudare, Sudorem emittere.

Suer de toutes pars, Circumsudare.

Suer de travail, Desudare.

Travailler jusques à suer, Exudare laborem.

Il sue, Manat sudore, Sudat.

L'yvoire sue et degoutte, Illachrymat ebur.

Tu en sueras, si, etc. Eia, sudabis satis, si cum illo incoeptas homine.

suer


SUER, v. n. SUÉE, s. f. SUETTE, s. f. SUEUR, s. f. [Su-é, é-e, ète, eur: 2e é fer. aux 2 1ers, è moy. au 3e.] Suer, c'est 1°. rendre par les pôres quelques humeurs. "Suer de la tête, du visage, de tout le corps. "Les mains lui suent. = Suer est plus propre à exprimer la transpiration sensible, et transpirer l'insensible: "Un corps: qui sûe, perd moins de son poids qu'un corps, qui transpire. LE GENDRE. = 2°. Par extension, on le dit de l'humidité, qui paraît sur les murâilles. "Dans le dégel, les murâilles suent. = 3°. Travailler beaucoup, se doner beaucoup de peine pour venir à bout de quelque chôse: "j'ai bien sué pour cette afaire.
   Rem. Ce verbe est actif dans ces expressions du st. famil. Suer les grosses gouttes, qui s'emploie au propre et au figuré. "Vous m'avez fait suer les grosses gouttes par le récit de cet or, qui étoit au bout de la table. SÉV. = Suer de l'encre, de l'huile, se dit quand la sueur a quelque chôse de noir, de gluant, d'huileux. Et par exagération, quand on est dans un grand embarras. — On dit, plus simplement, suer tout seul au figuré.
   Il faut suer sans cesse à chercher que lui-dire;
   Et la stérilité de son expression
   Fait mourir à tous coups la conversation.
       Misant.
= Suer sang et eau, se doner beaucoup de peine pour réussir. "Il a falu suer sang et eau pour le réduire à la raison. = * Suer une chemise, deux, trois chemises, est un barbarisme d'expression. Mde de Sévigné dit: je suis en train de suer: je change trois fois de chemise en un jour. C'est ainsi qu'il faut dire.
   SUÉE, inquiétude subite et mélée de crainte. Il est très-bas. Acad. "On lui dona, ou, il eut une terrible suée.
   SUETTE, maladie contagieûse, qui consiste dans une sueur abondante, avec fièvre maligne, etc.
   SUEUR, 1°. Humeur, sérosité, qui sort par les pôres, quand on sûe. "Sueur abondante, copieûse, bénigne, ou, aigre, puante, froide. "Être tout en sueur, tout dégoûtant de sueur: "Son mal s'en est allé par les sueurs. = 2°. Action de suer. "Cela provoque la sueur. "Il lui prend souvent de petites sueurs. = * Mde se Sévigné dit en ce sens, suerie: "J'ai enfin achevé aujourd'hui ma suerie. — C'est un de ces mots; qu'on invente au besoin dans la conversation, ou dans une lettre. = 3°. Peines qu'on se done pour réussir à quelque chôse: "Est-ce là la récompense de tant de sueurs et de travaux? "Parcourez en esprit tous les lieux, que cet Apôtre a arrosé de ses sueurs. = On dit, en ce sens, figurément, à la sueur de son corps, ou de son front, ou, de son visage. Mais cette locution est familière et même un peu triviale: elle parait peu digne d'entrer dans un Poème, même en prôse. "Voilà ce qui cause les révoltes; et non pas le pain, qu'on laisse manger en paix au Laboureur, aprês qu'il l'a gâgné à la sueur de son visage. TÉLÉM. "Je préfèrerois d'être dans le monde le jardinier d'un fermier, qui ne gâgneroit sa vie qu'à la sueur de son front, à régner ici sur toutes les Ombres. Madame. Dacier, Odyssée.

Synonymes et Contraires

suer

verbe intransitif suer
1.  Familier. Fournir un gros effort.
2.  Se couvrir de gouttes d'humidité.
3.  Éliminer de la sueur.

suer

verbe transitif suer
Littéraire. Produire telle impression.
exhaler, sentir -littéraire: respirer.
Traductions

suer

schwitzensweat, perspirezweten, transpireren, (uit)zweten, uitstralenהזיע (הפעיל), התייזע (התפעל), הִזִּיעַsuarsvedeŝviti, transpirisudar, transpirarhikoillaberkeringatsudare, traspiraresuar, ressudar, transpirarsvettas, transpireraterlemekιδρώνωيَعْرَقُpotit seznojiti se汗をかく땀을 흘리다svettespocić sięпотетьเหงื่อออกtoát mồ hôi出汗пот (sɥe)
verbe intransitif
produire de la sueur

suer

[sɥe]
vi
(= transpirer) → to sweat
suer à grosses gouttes → to sweat profusely
(= suinter) → to ooze
vt (fig) [+ misère, haine] → to exude
suer sang et eau → to sweat blood