suffire


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suffire

v.t. ind. [ du lat. sufficere, être suffisant ] (à)
1. Être capable de fournir le nécessaire ; pouvoir satisfaire à : Elle ne va jamais au cinéma, les DVD lui suffisent. Cette petite tente nous suffira pour une semaine aller, convenir
2. Être en assez grande quantité pour : 200 grammes de farine suffisent pour cette recette.
3. Être l'élément essentiel pour obtenir tel résultat ; être la personne capable de fournir ce qui est nécessaire : Un simple clic suffit pour démarrer le jeu. Un mécanicien suffira pour effectuer cette réparation.
Cela suffit ou ça suffit !,
c'est assez !
Il suffit de (+ ind.) ou que (+ subj.),
il faut seulement, il est seulement nécessaire que : Il suffit d'appuyer ou que vous appuyiez sur ce bouton pour que l'ordinateur se mette en veille.

se suffire

v.pr.
Ne pas avoir besoin du secours des autres : Depuis son accident, il ne peut plus se suffire. Ces agriculteurs se suffisent à eux-mêmes subviennent eux-mêmes à leurs besoins
Remarque: Le participe passé est invariable.

suffire


Participe passé: suffi
Gérondif: suffisant

Indicatif présent
je suffis
tu suffis
il/elle suffit
nous suffisons
vous suffisez
ils/elles suffisent
Passé simple
je suffis
tu suffis
il/elle suffit
nous suffîmes
vous suffîtes
ils/elles suffirent
Imparfait
je suffisais
tu suffisais
il/elle suffisait
nous suffisions
vous suffisiez
ils/elles suffisaient
Futur
je suffirai
tu suffiras
il/elle suffira
nous suffirons
vous suffirez
ils/elles suffiront
Conditionnel présent
je suffirais
tu suffirais
il/elle suffirait
nous suffirions
vous suffiriez
ils/elles suffiraient
Subjonctif imparfait
je suffisse
tu suffisses
il/elle suffît
nous suffissions
vous suffissiez
ils/elles suffissent
Subjonctif présent
je suffise
tu suffises
il/elle suffise
nous suffisions
vous suffisiez
ils/elles suffisent
Impératif
suffis (tu)
suffisons (nous)
suffisez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais suffi
tu avais suffi
il/elle avait suffi
nous avions suffi
vous aviez suffi
ils/elles avaient suffi
Futur antérieur
j'aurai suffi
tu auras suffi
il/elle aura suffi
nous aurons suffi
vous aurez suffi
ils/elles auront suffi
Passé composé
j'ai suffi
tu as suffi
il/elle a suffi
nous avons suffi
vous avez suffi
ils/elles ont suffi
Conditionnel passé
j'aurais suffi
tu aurais suffi
il/elle aurait suffi
nous aurions suffi
vous auriez suffi
ils/elles auraient suffi
Passé antérieur
j'eus suffi
tu eus suffi
il/elle eut suffi
nous eûmes suffi
vous eûtes suffi
ils/elles eurent suffi
Subjonctif passé
j'aie suffi
tu aies suffi
il/elle ait suffi
nous ayons suffi
vous ayez suffi
ils/elles aient suffi
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse suffi
tu eusses suffi
il/elle eût suffi
nous eussions suffi
vous eussiez suffi
ils/elles eussent suffi

SUFFIRE

(su-fi-r') , je suffis, tu suffis, il suffit, nous suffisons, vous suffisez, ils suffisent ; je suffisais ; je suffis ; je suffirai ; je suffirais ; suffis, suffisons ; que je suffise, que nous suffisions ; que je suffisse ; suffisant, suffi (invariable) v. n.
Pouvoir fournir, pouvoir satisfaire, en parlant des choses. Il fallait que cette modique somme suffît pour élever trois orphelins.
Attendons-nous que Dieu ressuscite les morts pour nous instruire ? ce qui entre aujourd'hui dans le tombeau doit suffire pour nous convertir [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Le moindre rayon de beauté qu'elle [l'âme] y aperçoit [dans le corps] suffit pour l'arrêter ; elle se mire, pour ainsi parler, et se considère dans ce corps [ID., la Vallière.]
C'est trop pour un mortel de tenter un effort Où les forces d'un dieu ne suffisent qu'à peine [QUINAULT, Phaéton, IV, 11]
Un père, en punissant, madame, est toujours père ; Un supplice léger suffit à sa colère [RAC., Phèdre, III, 3]
La France seule pouvait à peine suffire à réparer des pertes si énormes [ID., Louis XV, 35]
Ces bruits publics qui ont éclaté dans tous les temps et dans tous les États à la mort des princes enlevés par une mort prématurée, comme si la nature ne suffisait pas à nous détruire [VOLT., Russie, II, 17]
Une seule partie de l'histoire naturelle, comme l'histoire des insectes ou l'histoire des plantes, suffit pour occuper plusieurs hommes [BUFF., Hist. nat. 1er disc.]
Ce qu'il faut pour le bonheur physique d'un seigneur, suffirait souvent pour faire celui de tout son village [DUCLOS, Consid. mœurs, 15]
Quand on juge d'après ses craintes, ce qui ne suffirait qu'à la rigueur ne suffit pas ; et on croit ne trouver ce qui suffit que dans ce qui abonde jusqu'à un certain point [CONDIL., Comm. gouv. I, 4]
Cela me suffit, cela suffit, ou, simplement, suffit, voilà qui est bien, c'est assez.
Suffit, je t'entends bien [HAUTEROCHE, App. tromp. I, 2]
Le comte de Bussy ne laissa pas d'adresser ce qu'il avait fait [traduction des Amours d'Hélène], si ce fut à Mme de Sévigné ou bien à Mme de la Fayette, je ne sais ; suffit que ce fut à une femme de beaucoup d'esprit [P. L. COUR., Éloge d'Hélène.]
Il se dit des personnes en un sens analogue.
Les nomades n'ont bergerie Qu'il [le lion] ne suffise à désoler [MALH., III, 3]
Le roi leur montra bien qu'il suffit à tout [PELLISSON, Lett. hist. t. III, p. 115]
Jérémie lui-même, qui seul semble être capable d'égaler les lamentations aux calamités, ne suffirait pas à de tels regrets [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Les prêtres ne pouvaient suffire aux sacrifices [RAC., Athal. I, 1]
Tant de Romains sans vie, en cent lieux dispersés, Suffisent à ma cendre et l'honorent assez [ID., Mithr. v, 5]
Si vous m'aimez, je dois vous suffire [DUCLOS, Œuv. t. VIII, p. 87]
Ah ! si j'avais suffi à son cœur, comme elle suffisait au mien, quels paisibles et délicieux jours nous eussions coulés ensemble ! [J. J. ROUSS., 9e prom.]
La surprise, la joie, trop de mouvements agitent mon âme, elle ne peut y suffire [GENLIS, Théât. d'éd. Zélie, v, 10]
Il s'emploie impersonnellement.
Tout beau, que votre haine, en son sang [celui de Pompée] assouvie, N'aille point à sa gloire ; il suffit de sa vie [CORN., Pomp. II, 2]
On recherche les honneurs ; elle a jugé qu'il suffisait de s'en rendre digne [FLÉCH., Duch. de Mont.]
Dans le crime il suffit qu'une fois on débute ; Une chute toujours attire une autre chute [BOILEAU, Sat. X]
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader [RAC., Phèdre, II, 5]
Que de choses depuis Varron, que Varron a ignorées ! ne nous suffirait-il pas même de n'être savants que comme Platon ou comme Socrate ? [LA BRUY., XII]
Il me suffit d'avoir mené votre esprit aussi loin que vont vos yeux [FONTEN., Mond. 5e soir.]
Il suffit que M. le marquis ait du goût ; c'est aux artistes à travailler pour lui [VOLT., Jeannot et Colin.]
Je sais qu'aux Castillans il suffit de l'honneur [ID., Alz. I, 1]
Absolument.
L'honneur parle, il suffit, ce sont là nos oracles [RAC., Iphig. I, 2]
Il suffit ; comme vous je ressens vos injures [ID., Brit. I, 3]
Il a mordu le sein de sa nourrice : elle en est morte la pauvre femme, je m'entends, il suffit [LA BRUY., XII]
Elliptiquement.
Vous croiriez que Pison est plus digne de Rome ; Pour ne plus en douter, suffit que je le nomme [CORN., Othon, III, 3]
Suffit qu'en bel esprit on vous ait érigé, Pour ne pouvoir prétendre à la moindre fortune [DESHOUL., Poés. t. I, p. 37]
Se suffire, n'avoir pas besoin du secours des autres. Elles se sont toujours suffi.
N'attendez rien de grand de qui croit se suffire [LA MOTTE, Fabl. III, 7]
Malgré ses talents et les ressources de son esprit, il [le régent] ne pouvait longtemps se suffire à lui-même ; la dissipation, le bruit, la débauche lui étaient nécessaires [DUCLOS, Œuv. t. v, p. 201]
Quand on se suffit l'un à l'autre, s'avise-t-on de songer à un tiers ? [J. J. ROUSS., Hél. I, 45]
Ah ! ma fille, la triste et pénible résolution que celle de vivre seul, et de suffire à soi-même ! l'homme est trop faible pour se soutenir [MARMONTEL, Cont. mor. Misanth. corr.]

PROVERBE

    À chaque jour suffit sa peine, il ne faut pas se faire de chagrins d'avance.
Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

REMARQUE

  • 1. Suffire veut à ou pour devant les noms et les verbes. Peu de bien suffit au sage. La vie, qui est courte et qui ne suffit presque pour aucun art, suffit pour être bon chrétien, NICOLE.
  • Impersonnellement, il régit de devant un nom et devant un infinitif. Il lui suffira de l'honneur. Il suffit d'être malheureux pour être à plaindre.
  • 2. Avec que, il suffit veut le subjonctif. Il suffit que vous le disiez pour que je le croie. Cependant de bons auteurs ont employé aussi l'indicatif.
    Il suffit que nous savons ce que nous savons, et que tu fus bien heureuse de me trouver [MOL., Méd. m. lui, I, 1]
    Ne vous suffit-il pas que je l'ai condamné ? Ne vous suffit-il pas que ma gloire offensée Demande une victime à moi seule adressée ; Qu'Hermione est le prix d'un tyran opprimé ; Que je le hais ; enfin, seigneur, que je l'aimai ? [RAC., Andr. IV, 3]
    Qu'il te suffise donc, pour me justifier, Que je vis, que j'aimai la reine le premier [ID., Mithr. I, 1]
    N'allons pas plus loin quant à présent ; il suffit que votre principale question est résolue [J. J. ROUSS., Lett. à Mlle D. M. 7 mai 1764]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Raisons dit qu'il me souffisse, Quant onc j'i osai penser ; Mais amors pas ce ne prise [, Couci, p. 119]
    Fille, dist Blanchefleurs, pas ne me doit soufire, De ce que [je] ne vous voi [, Berte, LXXXVIII]
  • XIVe s.
    Et soufise ce que nous avons dit de ces choses [ORESME, Éth. 26]
    Droit naturel, qui souffist estre escrit es cueurs des hommes [ID., ib. 167]
  • XVe s.
    Avecques tout ce, il lui convenoit [il lui fallait] payer cent mille francs.... et tant faire qu'il souffisist au duc [FROISS., II, III, 65]
  • XVIe s.
    Lorsqu'on ne peut à bon souhait suffire, Le desir croist toujours en attendant [ST-GELAIS, p. 248, dans LACURNE]
    Voyans les Genevois [Génois] que breche à suffire avoient pour devoir donner l'assault [J. D'AUTON, Ann. de Louis XII, 1506, 1507]
    Suffit à un chrestien croire toutes choses venir de Dieu [MONT., I, 248]
    Si ce qu'on a suffit à maintenir sa condition [ID., III, 49]
    Se sentans incommodez de loger si serré comme ils avoyent fait jusques-là, ils voulurent s'escarter, estimans qu'ayans deux mille harquebusiers, il ne suffisoit qu'à une armée de les deffaire [LANOUE, 646]
    Jean Buron du bas Poictou, qui, adverti d'appeller, respondit : Ne vous suffit-il pas d'avoir les mains teintes de mon sang sans en souiller d'autres ? [D'AUB., Hist. I, 79]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. sufficere, de sub, sous, et facere, faire.

suffire

SUFFIRE. (Je suffis, tu suffis, il suffit; nous suffisons, vous suffisez, ils suffisent. Je suffisais. Je suffis. Je suffirai. Je suffirais. Suffis, suffisons. Que je suffise. Que je suffisse. Suffisant. Suffi.) v. intr. Pouvoir subvenir, pouvoir satisfaire à quelque chose, fournir assez, faire ce qui est nécessaire. Cette somme ne suffit pas pour payer vos dettes. S'il perd ce procès, tout son bien n'y suffira pas. Peu de bien suffit au sage. Cinq cents francs ne peuvent suffire pour toutes ces emplettes. La dépense est trop grande, il n'y peut pas suffire. Il ne suffit pas à la tâche. Un domestique ne saurait suffire à servir tant de personnes. La plus légère contrariété suffit pour l'irriter.

Se suffire à soi-même, Trouver en soi le moyen de se passer des autres. Il faut savoir se suffire à soi-même. On dit aussi, simplement Se suffire, Avoir ou gagner assez pour pourvoir à ses besoins. Ce jeune homme se suffit, il ne se suffit pas encore.

Fam., Cela me suffit, cela suffit et, simplement, Suffit, Voilà qui est bien, c'est assez, n'en parlons plus.

Prov., À chaque jour suffit sa peine, Il ne faut pas se tourmenter inutilement sur l'avenir, se faire des chagrins d'avance.

SUFFIRE s'emploie impersonnellement. Il suffit de tant de blé pour tant d'hommes. Il suffit de lui dire une chose pour qu'il la fasse aussitôt. Qu'il vous suffise que je l'aie voulu.

suffire

Suffire, Sufficere.

Il doibt suffire d'en faire l'un, Abunde est alterum efficere.

Il te doibt suffire, si, etc. Sufficere tibi debet, si exhaeredatus, etc.

Ne te doibt il pas suffire, si, etc. Satin'habes, si, etc.

Satisfaire et suffire à quelque labeur, Parem esse labori.

Il suffit, Satis est, Sed ne plura.

Il suffit, voyons maintenant, etc. Apagesis, nunc de ratione videamus.

Il leur suffisoit que, etc. Satis habebant sine detrimento discedere.

Il me suffit, Sat habeo, Sat est, vel satis est.

Il me suffit pour, etc. Mihi autem ad vincendum satis est fuisse, et caet.

Te suffit il, si, etc. Satin'habes, mandata quae sunt, facta si refero?

Il luy suffit si alors on le reçoit, Sat habet si tum recipitur.

Il luy suffit en lieu de viande la voir, etc. Id satis habet sibi pro cibo, videre, amplecti, osculari.

Ne cela ne suffit pas, Ne id quidem satis est.

Il ne suffit pas seulement que, etc. Nec tantum refert, vt, etc.

Il ne suffit point seulement de la nature, etc. La nature de la terre ne sert pas seulement, Nec terrae tantum natura circa has refert.

Qu'ils mettent peine d'acquerir ce qui suffit pour estre nourri et vestu, Studeant parare ea quae suppeditent et ad cultum et ad victum.

Cette parole que tu me dis ne suffit point, ne me satisfait point, Poenitet me verbi tui.

Vous suffise, je vous prie, Obsecro, satis iam vt habeatis.

Ne te suffise pas de, etc. Ne satis habeas semel circuire.

Ne te suffisoit il pas du, etc. An poenitebat flagitij te authore quod fecisset adolescens, etc.

suffire


SUFFIRE, ou, SUFIRE, v. n. SUFISAMMENT, adv. SUFISANCE, s. f. SUFISANT, ANTE, adj. [Sufîre, fizaman, zance, zan, zante: 2e lon. au 1er, 3e lon. aux 3 dern.] Sufire: je sufis, nous sufisons; je sufisois, ou sufisais; je sufis; j'ai sufi; je sufirai, je sufirois ou sufirais; que je sufise; sufisant. = M. l'Ab. De Fontenai, d'aprês plusieurs Gramairiens et plusieurs Dictionaires, prétend que le verbe suffire fait à l'imparfait du subjonctif, que je suffisse, que tu suffisses; qu'il suffit; et reprend un Auteur, qui avait dit, qu'il suffisit. Celui-ci est bien mauvais sans doute, mais l'aûtre à la 3e persone apartient plus au présent qu'à l' imparfait, et aux deux premières persones, il a l'air bien sauvage, parce qu'il est bien peu usité. Je pense qu'il faut éviter de s'en servir, et dire plutôt, que je pusse, tu pusses, il pût sufire, ou bien qu'il fût sufisant pour, etc. — L'Acad. ne met au subjonctif que, je suffise; soit qu' elle pense qu'il doit servir pour le présent et l'imparfait, soit qu'elle croie que ce verbe n'a point d'imparfait du subjonctif. = Sufire se dit de ce qui peut fournir et satisfaire aux besoins. Il se dit des chôses et des persones. Il régit à ou pour devant les noms et les verbes. "Peu de bien sufit au sage. "Cent écus sufisent pour ma subsistance. "Il est trop acablé d'afaires: il ne peut pas sufire à toutes; à les traiter, à les terminer toutes. "Elle sufisait à me tourmenter, ou pour me tourmenter. "Cette somme ne sufit pas pour payer toutes les dettes. "Se sufire à soi-même: "Pour s'atirer l'atention et l'homage des peuples, la vertu se sufit et n'a pas besoin de la fortune Neuville. Or. Fun. du Card. de Fleuri. = Il est quelquefois impersonel: alors il régit la prép. de devant les noms et la conjonction que avec le subjonctif des verbes. "Il ne sufit pas d'un Grand Homme pour faire ces changemens. Bufon. "Il sufit de deux faits pour le prouver et les voici. Moreau. "Il ne sufit pas de deux ou trois morceaux heureusement tournés pour faire lire huit ou neuf cens vers, que la rime seule sert à distinguer de la prôse. Ann. Litt. "Il sufit que vous le disiez pour que je le croie.
   Et pour en obtenir un secours généreux,
   J'ai cru qu'il suffisoit que l' on fût malheureux.
       Créb.
Il régit aussi de et l'infinitif. "Il sufit d'être malheureux pour être injuste. = * Anciènement on disait sufit tout seul, et sans le pronom il.
   Pour ne plus en douter sufit que je le nomme.       Corn.
On dit encôre dans le style familier, sufit, pour c'est assez, cela sufit:
   Sufit! adieu, mûses, jusqu' au revoir.       Rouss.
"Quel bien il doit m'en revenir? sufit: je veux me satisfaire. Marin. = * Quelques-uns transforment sufit que en conjonction et le font synonyme de pourvu que. Ils disent par exemple: sufit que vous veniez; je serai content. C'est une façon de parler populaire. = Se sufire se dit des persones; c'est n'avoir pas besoin du secours d'autrui. Il est ordinairement suivi de la répétition du pronom personel, qui est au datif: se sufire à soi-même. "La triste et pénible résolution que celle de vivre seul et de se sufire à soi-même: l'Homme est trop foible pour la soutenir.
   SUFISAMMENT: Assez. Voyez ASSEZ. Il régit la prép. pour devant les noms et les verbes; ou pour que avec le subjonctif. "Il a sufisamment de bien; il en a sufisamment pour lui et pour vous; pour pouvoir, ou pour qu'il puisse en doner à d'autres. "Ce Général avoit sufisamment de troupes pour batre les Frisons. Hist. d'Allem. = Quand il modifie des participes ou des adjectifs, pour avec l'infinitif ne fait pas si bien. "Je ne trouve pas ce fait sufisamment prouvé pour être avancé comme certain. Charlev.Assez bien prouvé vaudrait mieux.
   SUFISANCE est 1°. Ce qui sufit. Il régit l'ablatif. "Avoir sufisance de vivres; en avoir, en prendre sa sufisance. = Le proverbe dit: qui n'a sufisance n'a rien: quelque bien que l'on possède, si l'on ne sait pas s'en contenter, on est aussi malheureux, que si l' on n'avait rien. = En sufisance ou, à sufisance, adv. sufisamment, assez. L'Acad. met le 2d: il y a eu cette année du bled et du vin à sufisance. Quelques Auteurs ont employé le premier. "Ils les ont amenés à n'avoir pas même de pain en sufisance. LING. — Le 2d me parait préférable. = 2°. Il s'est dit aûtrefois, en parlant des persones, pour capacité, habileté, science. "La sufisance extraordinaire de Suger, Abbé de saint Denis. Maimb. "Sa présomption lui fit perdre, en un moment, ce que sa valeur et sa sufisance lui avoient acquis. Id. On ne le dit plus que dans le style de chancellerie. J. J. Rouss. l'a encôre employé en ce sens. "Le Laboureur, l'homme du peuple.... ne cherche point à justifier son ignorance ou ses vices par son incrédulité. Il ne censure point les oeuvres de Dieu et ne s'ataque point à son maître, pour faire briller sa sufisance. = 3°. Vanité, présomption: "Il a une sote sufisance; une sufisance insuportable. "Leur sufisance, leur ton m'a révolté. Palissot.
   C'est un petit Monsieur, rempli de sufisance.
       Destouches.
  SUFISANT a le 1er et le 3e sens de sufisance. = Qui sufit: "Il est sufisant pour payer. "Terme hommes sont sufisans pour défendre ce poste. "Cette somme est sufisante, etc. = Orgueuilleux, présomptueux. "Le sufisant personage! je vous trouve bien sufisante, Mademoiselle. "Air sufisant, mine sufisante.
   Des jeunes courtisans
   Que n'ai-je le babil et les airs sufisans?
       DEST. Le Glorieux.
= Subst. "C'est un sufisant, une sufisante: il fait le sufisant. = * Aûtrefois on le disait dans la 2de signification de sufisance, pour habile, savant: il ne fait point le sufisant, quoiqu'il le soit. P. Rapin.

Synonymes et Contraires

suffire

verbe suffire
Répondre au désir de quelqu'un.
Traductions

suffire

(syfiʀ)
verbe intransitif
1. être en assez grande quantité Ces provisions me suffiront.
2. arrête arrêtez !

suffire

ausreichen, genügen, hinreichen, zureichen, reichensuffice, hold out, dovolstaan, toereiken, voldoen, toereikendzijn, voldoendezijn, genoeg zijn, voldoen (aan), toereikend zijn, voldoende zijnהספיק (הפעיל), הִסְפִּיקbastarsufiĉibastar, ser suficienteriittääbastare, sufficerebastar, chegar, satisfazer, ser suficientetosha
verbe impersonnel
il faut seulement Il suffit de tourner le bouton. Il suffit qu'elle soit d'accord.

suffire

[syfiʀ] vi
(= être assez) → to be enough
ça suffit! → that's enough!, that'll do!
suffire à qn → to be enough for sb
suffire pour faire → to be enough to do
suffire pour qch → to be enough for sth
Tiens, voilà deux euros. Ça te suffit? → Here's 2 euros. Is that enough for you?
Cela suffit pour les irriter → It's enough to annoy them.
Cela suffit pour qu'ils se fâchent → It's enough for them to get angry.
il suffit d'une négligence pour que ... → it only takes one act of carelessness for ...
il suffit qu'on oublie pour que ... → one only needs to forget for ...
(= satisfaire) cela lui suffit → he's content with this, this is enough for him [syfiʀ] vpr/vi → to be self-sufficient