suspension

(Mot repris de suspensions)

suspension

n.f.
1. Action de suspendre ; état de ce qui est suspendu : Vérifier la suspension d'une cloche.
2. Cessation momentanée ; arrêt : Une suspension de séance interruption abandon
3. Interdiction temporaire, par mesure disciplinaire, d'exercer une activité ou une profession.
4. Luminaire suspendu au plafond lustre
5. Ensemble des organes qui assurent la liaison entre un véhicule et ses roues, et servent à amortir les chocs dus aux inégalités de la route.
6. État d'un solide en fines particules réparties dans la masse d'un fluide : Des grains de poussière en suspension dans l'air.
Points de suspension,
signe de ponctuation (...) servant à indiquer une interruption, une lacune, un passage omis délibérément.

SUSPENSION

(su-span-sion ; en vers, de quatre syllabes) s. f.
Action de suspendre, état de ce qui est suspendu. Le point de suspension d'une balance. Manière de suspendre.
M. Coulomb, de l'Académie des sciences, ayant imaginé une suspension dans laquelle l'aiguille est sans frottement [BUFF., Min. t. IX, p. 221]
En médecine légale, mort par suspension, mort par la pendaison. Terme de vétérinaire. La suspension d'un cheval qu'on veut empêcher de rester constamment couché, pendant certaines maladies des organes locomoteurs, peut être pratiquée à l'aide de différents moyens. Suspension à la Cardan, mode de suspension qui permet à un objet de conserver sensiblement sa position par rapport à l'horizon malgré les déplacements du support. Terme d'horlogerie. Se dit des pièces ou parties par lesquelles un régulateur est suspendu.
Terme de chimie. État d'une substance tenue dans un liquide sans se précipiter.
Support suspendu, dans lequel on met une lampe, des fleurs.
Une belle suspension. Une suspension de bronze doré. Bronze, pendules, candélabres, lustres, lampes, feux, suspensions, [, Monit. univ. 18 juin 1867, Annonces]
Nom donné à un phénomène optique, dans lequel des objets éloignés, vus à l'horizon, paraissent simplement suspendus en l'air, à la différence du mirage où il y a de plus une image renversée ; le fait est que dans la suspension la seconde image existe, mais elle est extrêmement aplatie et réduite à une dimension infiniment petite, ce qui empêche de la voir [BIOT, Instit. Mém. scienc. 1809, p. 8]
Cessation temporaire. Suspension des poursuites. La suspension du payement d'une rente. La suspension de la fièvre.
Une suspension de tout le mouvement de la machine ronde [SÉV., 9 mars 1672]
J'ai été si occupée, mon cher cousin, à prendre Philisbourg, qu'en vérité je n'ai pas eu un moment pour vous écrire ; je m'étais fait une suspension de toutes choses [ID., à Bussy, 3 nov. 1688]
Tout ce que lui avait dit Mme de Chartres en mourant, et la douleur de sa mort avaient fait une suspension à ses sentiments qui lui faisait croire qu'ils étaient entièrement effacés [LA FAY., Princ. de Clèv. Œuvr. t. II, p. 83, dans POUGENS]
En droit commercial, la suspension de payement diffère de la cessation de payement qui constitue la faillite, en ce que la cessation est réelle et générale, tandis que la première n'est qu'accidentelle et temporaire.
Suspension d'armes, cessation momentanée des actes d'hostilité.
Comme ils [les Romains] ne faisaient jamais la paix de bonne foi, et que, dans le dessein d'envahir tout, leurs traités n'étaient proprement que des suspensions de guerre [MONTESQ., Rom. 6]
État d'un homme en suspens, en incertitude.
Et les braves pyrrhoniens, en leur ataraxie, sont en suspension perpétuelle [PASC., dans COUSIN]
Cette suspension de désirs entre la vie et la mort, et cette volonté soumise à celle de Dieu, ne sont-ce pas des caractères d'une âme chrétienne ? [FLÉCH., Duch. de Montaus.]
Terme des mystiques. Suspension des puissances, voy. LIGATURE.
Action d'interdire un fonctionnaire de ses fonctions pour un temps.
Terme de grammaire. Sens interrompu, inachevé. La suspension se marque par une suite de points.
10° Figure de style qui consiste à tenir les auditeurs en suspens.
La suspension, qui consiste à faire attendre une pensée qui surprend [DUMARS., Œuvr. t. v, p. 286]
11° Terme de musique. Marche d'un accord dans lequel on soutient un ou plusieurs sons de l'accord précédent, avant de passer à ceux qui appartiennent à l'accord actuel.
On pourrait dire par exemple suspension de tel accord sur tel autre, suspension ascendante ou descendante, suspension simple ou double, suspension de tel degré de la gamme en partant de tel autre degré [GRÉTRY, Méth. pour prél. 15]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Mais li reis nel volt pas metre à desfactium ; Ains li dist qu'il alast maneir à sa maisun ; Mais de tut sun mestier li fist suspensiun [, Th. le mart. 28]
  • XVIe s.
    Leur effect [des pyrrhoniens], c'est une pure, entiere et très parfaite surseance et suspension de jugement [MONT., II, 234]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenc. suspensio ; espagn. suspension ; ital. sospensione ; du lat. suspensionem, de suspensum, supin de suspendere, suspendre.

suspension

SUSPENSION. n. f. Action de suspendre; État d'une chose suspendue. La suspension d'un pendule. Le point de suspension d'une balance.

Cette substance est en suspension dans l'eau, Ses particules sont mêlées à l'eau sans être dissoutes par elle.

SUSPENSION se dit aussi d'un Appareil suspendu au plafond, qui supporte une lampe, des lampes. Une suspension de bronze doré.

Il se dit encore de l'Ensemble des organes qui servent, dans une voiture, à amortir les chocs. La suspension de cette voiture est excellente.

SUSPENSION s'emploie aussi figurément et signifie Surséance, cessation momentanée. La suspension de l'exécution d'un jugement. Suspension de poursuites. La suspension des paiements.

Suspension d'armes, Cessation momentanée des hostilités.

SUSPENSION désigne aussi l'Action d'interdire pour un temps à un fonctionnaire public l'exercice de ses fonctions. Il a été prononcé contre cet avoué une suspension de trois mois.

Il se dit également, en termes de Grammaire, d'un Sens interrompu brusquement et qui n'est point achevé. La suspension, dans l'écriture, dans l'impression, se marque par une suite de points.

Points de suspension, Points mis à la suite les uns des autres pour marquer la suspension.

suspension

Suspension d'office jusques à un an, Abrogatio magistratus annua. B.

Synonymes et Contraires

suspension

nom féminin suspension
Traductions

suspension

suspensionהסרה זמנית (נ), הפסקה (נ), השעיה (נ), התליה (נ), מתלה (ז), תלייה (נ), תרחיף (ז), הַפְסָקָה, תַּרְחִיף, תְּלִיָּה, הַתְלָיָה, הַשְׁעָיָהophanging, opschorting, schorsing, suspensie, hanglamp, uitstel, veringتَعْلِيقodloženísuspenderingAussetzungαναστολήsuspensiónkeskeytyssuspenzijasospensione一時停止정지utsettelsezawieszeniesuspensãoприостановка, суспензияupphängningการหยุดชั่วคราวaskıya almasự đình chỉ暂停суспензия暫停 (syspɑ̃sjɔ̃)
nom féminin
1. interruption, arrêt la suspension des négociations
2. système qui réduit les secousses, sur un véhicule le système de suspension
3. fait d'interdire à qqn d'exercer une activité la suspension d'un footballeur

suspension

[syspɑ̃sjɔ̃] nf
(= interruption) → suspension (= remise) → deferment
(pour faute) [sportif, employé] → suspension
(AUTOMOBILES)suspension
(= lustre) → pendant light fitting
(autre locution) en suspension (dans l'air, dans l'eau)suspended
suspension d'audience nfadjournment
suspension de permis nfdisqualification (from driving)