taillable

taillable

adj.
Sous l'Ancien Régime, qui est assujetti à l'impôt de la taille.
Être taillable et corvéable à merci,
être soumis à des travaux pénibles, être exploité sans fin.

TAILLABLE

(ta-lla-bl', ll mouillées, et non ta-ya-bl') adj.
Sujet à la taille.
Triplez seulement le nombre des têtes taillables en y comptant les femmes et les filles, vous trouverez près de vingt millions d'âmes [VOLT., Russie, I, 2]
La taille, la capitation taillable et tous les autres accessoires de la taille [NECKER, Compte rendu au roi, janv. 1781, p. 64]
Nous étions la gent corvéable, taillable et tuable à volonté, nous ne sommes plus qu'incarcérables [P. L. COUR., Lettre première.]
Substantivement.
[D'après l'édit de 1666] parmi les taillables, tout père de famille qui avait eu dix enfants était à l'abri de toute imposition [VOLT., Louis XIV, 30]
Il faut perfectionner la répartition individuelle de la taille.... les proportions sont fixées par les taillables eux-mêmes [NECKER, Compte rendu au roi, janv. 1781, p. 66]
Lorsqu'il [le collecteur] marche sans huissiers, dit un intendant au ministre en 1764, les taillables ne veulent pas payer [TOCQUEVILLE, l'Ancien régime, II, ch. 12]
Il se disait des provinces et des villes dont les habitants étaient sujets à la taille. Province taillable.
Il se disait encore des terres mêmes et des biens sur lesquels on imposait la taille, dans les pays de taille réelle.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Bien se gart cil qui jure qu'il raportera tout ce qui se doit partir entre oirs, ou qui jure ce qu'il a vaillant, parce qu'il est taillable à son segneur ou à aucune commune, qu'il die verité [BEAUMANOIR, XX, 10]
    Tout chil et toutes chelles qui ne sont pas taillavle [TAILLIAR, Recueil, p. 357]

ÉTYMOLOGIE

  • Tailler ; provenç. talhable, imposable.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • TAILLABLE. Ajoutez : - REM.
    C'est à propos de l'abolition de la corvée, proposée par Turgot, que Joly de Fleury prononça le mot : Le peuple est taillable et corvéable à merci [H. PASSY, Journ. offic. 28 déc. 1876, p. 9808, 3e col.]

taillable

TAILLABLE. adj. des deux genres. Il se disait des Personnes qui étaient sujettes à l'impôt nommé taille. Les gentilshommes, les ecclésiastiques n'étaient point taillables. Taillable et corvéable à merci. Substantivement, On imposa cette somme sur tous les taillables de la paroisse.

Il se disait aussi des Provinces et des villes dont les habitants étaient sujets à la taille. Une ville taillable. Une province taillable.

Il se disait encore des Terres mêmes et des biens sur lesquels on imposait la taille, dans les pays de taille réelle. En Languedoc, ni les biens nobles, ni les biens ecclésiastiques n'étaient taillables.

taillable

Taillable, com. penac. Celuy ou celle qui paye la taille à son seigneur, soit souverain ou autre, Stipendiarius, tributarius, Stipendiaria, tributaria, voyez Taille.

tâillable


TâILLABLE, adj. TâILLADE, s. f. TâILLADER, v. act. TâILLANT, s. m. [Tâ-glia-ble, glia-de, ; tâ-glian: 1re lon. mouillez les ll.] Tâillable, qui est sujet à la tâille (n°. 9°.) "Ville, Province tâillable. "Les Gentilshommes et les éclésiastiques ne sont pas tâillables. = Taillade, coûpure dans les chairs. "En se râsant, il s'est fait une tâillade au menton. = Coûpure en long, faite dans une étofe, dans un habit. = Tâillader, faire des tâillades. = Taillant, le tranchant d'un couteau, d'une épée, d'une hache.