teint, einte

TEINT, EINTE3

(tin, tin-t') part. passé de teindre
À quoi on a donné une certaine couleur. Une robe teinte en noir. Drap teint en laine, drap dont la laine a été teinte avant d'être employée à la fabrication de l'étoffe.
Qui offre une certaine teinte.
Il [le petit râle de Cayenne] a le devant du cou et la poitrine d'un blanc légèrement teint de fauve et de jaunâtre [BUFF., Ois. t. XV, p. 259]
Qui a reçu une couleur qu'il est difficile de faire disparaître. Des mains teintes de sang.
De tous les deux côtés on me donne un mari, Encor tout teint du sang que j'ai le plus chéri [CORN., Cid, v, 5]
Fig. Il est encore teint du sang de ses victimes, ses mains sont teintes de sang, se dit d'un homme qui a commis ou ordonné des meurtres.
Ce prince [le duc d'Anjou], teint du sang répandu à la journée de la Saint-Barthélemy [VOLT., Ann. Emp. Maximilien II, 1573]
Dans un sens favorable.
La liberté ! j'ai vu cette déesse altière, Avec égalité répandant tous les biens, Descendre de Morat en habit de guerrière, Les mains teintes du sang des fiers Autrichiens Et de Charles le Téméraire [VOLT., Ép. au lac de Genève.]
Fig. Qui a reçu une certaine manière d'être.
Des idées teintes de la sagesse humaine [L'ABBÉ HAUTEVILLE, dans DESFONTAINES]