théâtral, ale

THÉÂTRAL, ALE

(té-a-tral, tra-l') adj.
Qui appartient au théâtre. Les habitudes théâtrales.
Il n'y eut guère [à Rome] de véritable représentation théâtrale qu'à la fin de la première guerre punique ; l'exemple en fut donné par un Grec esclave, Livius Andronicus, qui déclama et chanta lui-même l'ouvrage qu'il avait composé [PASTORET, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. III, p. 329]
Presque toutes les nations polies de l'Europe sentirent alors le besoin de l'art théâtral, qui rassemble les citoyens, adoucit les mœurs, et conduit à la morale par le plaisir [VOLT., Mœurs, 121]
Année théâtrale, le temps qui s'écoule depuis la rentrée de Pâques jusqu'à la clôture de la semaine sainte, pour les théâtres ouverts toute l'année ; et saison annuelle d'ouverture, pour les théâtres fermés une partie de l'an.
Qui vise à l'effet sur le spectateur. Expression théâtrale. Manières théâtrales.
Nous nous flattons que le quatrième acte sera extrêmement théâtral [VOLT., Lett. Lekain, 23 févr. 1767]
Un récit écrit par Racine est supérieur à toutes les autres actions théâtrales [ID., Dict. phil. Art dramat.]
Qu'une Phèdre, dont le caractère est le plus théâtral qu'on ait jamais vu.... [ID., Oreste, Epître.]
Empreint d'une grandeur apparente et affectée plutôt que réelle.
Ce règne théâtral [de Louis XIV] [CHAMFORT, Tabl. historiques, introd.]
Il [Napoléon] se revêt lui-même d'une grandeur théâtrale [VILLEMAIN, Souv. contemp. les Cent-Jours, VIII]

REMARQUE

  • La Harpe a fait usage de théâtrals au pluriel ; cela était naturel quand ce mot commençait à entrer dans l'usage ; et il en a été ainsi de la plupart des nouveaux adjectifs en al. Mais maintenant il est assez établi pour le décliner comme les autres et dire, au pluriel, théâtraux.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Es dictz philosophes seroit malseant escrire chose que fust au peuple plausible, theatral, populaire [BONIVARD, Advis et devis des lengues, p. 64]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. theatralis, de theatrum, théâtre.