tondre


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tondre

v.t. [ lat. tondere ]
1. Couper à ras la laine ou le poil d'un animal, les poils d'une étoffe : Tondre un mouton, un caniche, du drap raser
2. Couper les cheveux de qqn à ras avec une tondeuse : Le coiffeur lui a tondu la nuque.
3. Couper l'herbe très près du sol : Tondre le gazon.
4. Fam. Dépouiller de son argent : Dans cette boutique, on tond le client.

tondre


Participe passé: tondu
Gérondif: tondant

Indicatif présent
je tonds
tu tonds
il/elle tond
nous tondons
vous tondez
ils/elles tondent
Passé simple
je tondis
tu tondis
il/elle tondit
nous tondîmes
vous tondîtes
ils/elles tondirent
Imparfait
je tondais
tu tondais
il/elle tondait
nous tondions
vous tondiez
ils/elles tondaient
Futur
je tondrai
tu tondras
il/elle tondra
nous tondrons
vous tondrez
ils/elles tondront
Conditionnel présent
je tondrais
tu tondrais
il/elle tondrait
nous tondrions
vous tondriez
ils/elles tondraient
Subjonctif imparfait
je tondisse
tu tondisses
il/elle tondît
nous tondissions
vous tondissiez
ils/elles tondissent
Subjonctif présent
je tonde
tu tondes
il/elle tonde
nous tondions
vous tondiez
ils/elles tondent
Impératif
tonds (tu)
tondons (nous)
tondez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais tondu
tu avais tondu
il/elle avait tondu
nous avions tondu
vous aviez tondu
ils/elles avaient tondu
Futur antérieur
j'aurai tondu
tu auras tondu
il/elle aura tondu
nous aurons tondu
vous aurez tondu
ils/elles auront tondu
Passé composé
j'ai tondu
tu as tondu
il/elle a tondu
nous avons tondu
vous avez tondu
ils/elles ont tondu
Conditionnel passé
j'aurais tondu
tu aurais tondu
il/elle aurait tondu
nous aurions tondu
vous auriez tondu
ils/elles auraient tondu
Passé antérieur
j'eus tondu
tu eus tondu
il/elle eut tondu
nous eûmes tondu
vous eûtes tondu
ils/elles eurent tondu
Subjonctif passé
j'aie tondu
tu aies tondu
il/elle ait tondu
nous ayons tondu
vous ayez tondu
ils/elles aient tondu
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse tondu
tu eusses tondu
il/elle eût tondu
nous eussions tondu
vous eussiez tondu
ils/elles eussent tondu

TONDRE1

(ton-dr') , je tonds, tu tonds, il tond, nous tondons, vous tondez, ils tondent ; je tondais ; je tondis ; je tondrai ; je tondrais ; tonds, qu'il tonde, tondons, tondez ; que je tonde, que nous tondions ; que je tondisse ; tondant ; tondu v. a.
Couper la laine ou le poil à certaines bêtes. Tondre un barbet.
La chair des bêtes que j'ai fait tuer pour ceux qui tondent mes brebis [SACI, Bible, Rois, I, XXV, 11]
Fig. et familièrement. Se laisser tondre la laine sur le dos, souffrir avec patience les vexations. Fig. Tondre la brebis de trop près, mettre des impôts trop lourds sur le peuple.
La dame d'honneur, se mêlant de la conversation, dit que très souvent ce mot de berger était appliqué aux rois ; qu'on les appelait bergers, parce qu'ils tondent de fort près leur troupeau [VOLT., Pr. Babyl. 2]
Il est vrai qu'on nous tond un peu trop près, en attendant qu'on nous égorge [Mme DU DEFFANT, Lett. à II. Walpole, t. II, p. 269, dans POUGENS]
On dit dans le même sens : tondre une province.
Monsieur l'évêque de Munster, Vous tondez donc votre province ? [VOLT., Ép. 65]
Fig. et familièrement. Tondre quelqu'un, l'attraper, le tromper.
Ceux qui nous chicanent, nous nous efforçons de les tondre, et nous ne les épargnons point [MOL., G. Dand. II, 1]
Ces moutons à deux pieds qui contemplent les hommes d'État dans une lourde stupéfaction, et, s'étonnant de se voir tondre si lestement, se regardent et se disent : Voilà de fiers hommes ! et que nous sommes bien tondus ! [G. SAND, Lettres d'un voyageur, VIII]
Absolument et fig. Il tondrait sur un œuf, se dit d'un homme très avare qui veut épargner les plus petites choses.
Ils font de grandes et belles actions, et cependant ils tondraient sur un œuf [Mme D'ÉPINAY, Mém. t. III, p. 121]
Tondre sur tout, tirer de l'argent de qui que ce soit et de quoi que ce soit.
Il faut tondre sur tout [RÉGNIER, Sat. XII]
Familièrement. Couper les cheveux de près. Il est tondu de frais. Tondre un homme, le faire moine.
Je n'ai point oublié ces ciseaux que vous montriez à tout le monde, disant que vous les portiez pour me tondre [FÉN., Dial. des morts mod. (Henri III, la duchesse de Montpensier.)]
La crainte qu'il [Louis le Débonnaire] en eut [de ses ennemis] le détermina à faire tondre ses frères [MONTESQ., Esp. XXXI, 20]
Je veux qu'on me tonde, je veux être tondu, si je fais cela, se dit par une sorte d'imprécation pour affirmer qu'on ne fera pas ce dont il s'agit ; locution née de l'ignominie qu'il y avait autrefois à être tondu. Fig. Il a été tondu sur le peigne, et, plus ordinairement, il a été tondu, son avis n'a pas été suivi, il a échoué dans ses prétentions (locution qui vieillit et qui provenait aussi de la dégradation infligée aux gens qu'on faisait moines malgré eux).
Il y est venu pour tâcher de soutenir sa thèse ; lui et sa cabale antimoniale y ont été tondus [GUI PATIN, Nouv. lett. t. II, p. 170, dans POUGENS]
Sans toi j'étais tondu, je le dois avouer ; J'aurais reçu sans doute un affront effroyable [HAUTEROCHE, Souper mal appr. sc. 10]
Que M. de Grignan se garde bien du monsieur [de dire monsieur à un maréchal, au lieu de lui dire monseigneur] ; il ferait mal sa cour ; le roi s'en est expliqué ; il sera tondu [SÉV., 19 août 1675]
Il [Jurieu] a produit diverses causes de récusation contre M. Piélat et même des dépositions de témoins ; mais il a été tondu : le consistoire les a déclarées nulles [BAYLE, Lett. 24 août 1691]
Tondre des draps, des feutres, en couper les poils pour les rendre unis, ras.
Tondre une haie, couper les branches qui débordent. On dit à peu près dans le même sens : tondre les buis, le gazon, etc. Par extension.
Pour en former l'emplacement [du nid], elle se contente de tondre à fleur de terre un petit rond dans l'herbe, qui bientôt se flétrit à l'entour par la chaleur de la couveuse [BUFF., Ois. t. XV, p. 83]
Il se dit de l'action des animaux qui broutent l'herbe. Les brebis ont tondu ce pré.
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue [LA FONT., Fabl. VII, 1]
Terme de construction. Enlever une faible épaisseur du parement de la pierre.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Li clers porte sun merc en sum le chief adès, Tunduz est cumme fous e de luins e de près [, Th. le mart. 30]
    Cum ço oïd David, el desert, que Nabal fist tundre sun fulc [troupeau] [, Rois, p. 96]
    Une feiz par an fist tundre ses chevals [ses cheveux], quant sa chevelure li fud à grevance [, ib. 171]
  • XIIIe s.
    Tout tes chaviaus [tonds tes cheveux], si va al roi, Tes vestemens change por haire [GUI DE CAMBRAI, Barl. et Jos. p. 19]
    Onques Tristans, qui fu à force Tundus come fous por Yseut [, Lai de l'ombre]
    Devant que li dras soit tondus [, Liv. des mét. 133]
    Et si dist on un proverbe que cil qui à une fois escorche, deus ne trois ne tont [BEAUMANOIR, XLV, 37]
    Diex les confonde, Qui sires est de tout le monde ! Et je r'otroi que l'en me tonde, Se maus n'en vient [RUTEB., 202]
  • XIVe s.
    .... Se li sires ne tont Bien sovent ses subjès et puis tont et retont [, Girart de Ross. v. 1147]
    Mais aussi grant journée paie Chevaus tondus, c'est chose vraie, Souvent que chieus [celui] à lons cheviaus [J. DE CONDÉ, t. III, p. 34]
  • XVe s.
    Pour ce cisme [schisme] est tout le monde perdu ; Guerre en descent entre foibles et fors ; En grant peril en sont prestre et tondu [E. DESCH., Poésies mss. f° 248]
  • XVIe s.
    Et dont pour vray le moindre et le plus neuf Trouveroit bien à tondre sur un œuf [MAROT, I, 249]
    Sans estre raiz ne tondu, Incontinent on le fait moyne [ID., I, 188]
    Les clercs, en tondant un touppet de cheveux, monstrent qu'ils se sont desmis de l'abondance des biens terriens [CALV., Instit. 1181]
    Lui et tous ceux qui debatirent ce temporisement furent tondus, pour user du terme de ce temps [D'AUB., Hist. III, 149]
    Averti de Romme qu'on devoit tondre le roi à la fin des estats [ID., ib. III, 190]
    Ce qui est rais ne se peut tondre [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 260]
    Nous usons encore d'une signification de ce mot tondre contre celuy qui a perdu sa brigue, ou est descheu de son entreprise, quand nous disons qu'il a esté tondu de sa brigue ou de son entreprise [PASQ., Rech. VIII, p. 676, dans LACURNE]
    Toutesfois fut le pré tondu [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, toud ; provenç. tondre ; cat. tondrer ; espagn. tundir ; ital. tondere, du lat. tondere. Le français et le provençal viennent d'une accentuation barbare, tondère.

TONDRE2

(ton-dr') s. f.
Bois pourri sec, amadou naturel.
Terme de marine. Nom par lequel on désigne de la toile brûlée, renfermée dans une boîte bien close, pour servir d'amadou. Ce moyen de se procurer du feu était fort en usage chez les marins avant l'invention des allumettes chimiques.

ÉTYMOLOGIE

  • L'anc. franç. tondre, amadou (XIIIe siècle : Et li tondres od le galet, Parton. v. 5069), du germanique : anc. scandin. tundr ; anglo-sax. tynder ; angl. tinder ; allem. Zunder, amadou, de zünden, allumer.

tondre

TONDRE. (Je tonds, tu tonds, il tond. Je tondais. Je tondis. Je tondrai. Tonds. Que je tonde. Que je tondisse. Tondant. Tondu.) v. tr. Couper la laine ou le poil aux bêtes. Tondre les brebis, les troupeaux. Tondre un barbet.

Fig. et fam., Tondre la brebis de trop près, Mettre des impôts trop lourds sur le peuple.

Prov. et fig., Il faut tondre les brebis et non pas les écorcher, Il ne faut pas exiger de quelqu'un plus qu'il ne peut faire.

Fig. et fam., Se laisser tondre la laine sur le dos, Supporter patiemment des injustices, des vexations, des exactions.

Fig. et fam., Il tondrait sur un oeuf se dit d'un Avare qui veut épargner sur les plus petites choses.

Tondre le drap, En couper les poils de manière à le rendre plus uni et plus ras.

Tondre une palissade, La rendre unie en coupant les feuilles et les branches qui débordent. Vous ferez épaissir cette palissade en la tondant. On dit dans un sens analogue : Tondre les buis, le gazon.

Les brebis ont tondu entièrement ce pré, Elles en ont brouté toute l'herbe.

TONDRE se dit familièrement en parlant des Personnes et signifie Couper les cheveux de près avec des ciseaux, avec une tondeuse. Il est nouvellement tondu. Il est tondu de frais.

Fig. et fam., Tondre quelqu'un, Lui prendre tout son argent. Ces aigrefins l'ont complètement tondu.

Le participe passé TONDU s'emploie comme adjectif. Prov. et fig., À brebis tondue Dieu mesure le vent, Dieu ne nous envoie pas plus d'épreuves que nous n'en pouvons supporter.

Il s'emploie aussi substantivement en parlant des Personnes. Il n'y avait que quatre pelés et un tondu se dit en parlant d'une Réunion peu nombreuse composée de gens de peu d'importance. Il est familier.

tondre

Tondre, Tondere, Detondere.

Tondre tout à fait, Attondere, Retondere.

Tondre tout entour, Intondere, Circuntondere.

Le fait de tondre, Tonsura.

Tondre sur le peigne, Per pectinem attondere.

Tondu, Tonsus homo.

Tondu tout à fait, Attonsus.

Qui est tondu et rongné comme les cheveux, Tonsilis.

Qui n'est point tondu, Intonsus.

Synonymes et Contraires

tondre

verbe tondre
Familier. Prendre de l'argent à.
Traductions

tondre

abscheren, abschneiden, scheren, schneiden, mähenshear, clip, cut, mow, fleece, cropscheren, knippen, snoeien, maaien, (af)scheren, kaalplukken, kort knippen, uitzuigen, afscherenגזז (פ'), גילח (פיעל), גָּזַז, גִּלֵּחַsnytallarklippe, slåtondicortar, esquilar, segarleikata, leikata ruohoaklippe, slåstrzyc, skosićcortar, depenar, desbastar, espoliar, podar, tosar, tosquiarκουρεύω, θερίζωtagliare, rapare, tosare, tagliare l’erbaيَقْطَعُ الْأعْشَابَsekatkositi刈る베다коситьklippaตัดหญ้าçim biçmekcắt cỏ割草 (tɔ̃dʀ)
verbe transitif
couper très court tondre les cheveux de qqn tondre la pelouse

tondre

[tɔ̃dʀ] vt
[+ pelouse, herbe] → to mow
[mouton, toison] → to shear
[+ cheveux] → to crop