tourment

tourment

n.m. [ du lat. tormentum, instrument de torture, de torquere, tordre ]
Sout. Vive douleur physique ou morale : Son fils lui donne bien des tourments peine, tracas ; satisfaction supplice, torture

tourment

(tuʀmɑ̃)
nom masculin
grande souffrance donner du tourment à qqn

TOURMENT

(tour-man) s. m.
Violente douleur corporelle.
Dans les tourments inouïs de sa dernière maladie, la princesse Anne n'a eu à se repentir que d'avoir une seule fois souhaité une mort plus douce [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Le superbe animal [un taureau], agité de tourments, Exhale sa douleur en longs mugissements [BOILEAU, Lutr. I]
Fig.
Et, dans ce long tourment de la terre et de l'onde, Un nouveau monde éclos des débris du vieux monde ! [DELILLE, Jard. II]
Tortures qu'on fait souffrir à quelqu'un.
Il [Pierre] estime déjà ses oreilles coupables D'entendre ce qui sort de leurs bouches damnables, Et ses yeux d'assister aux tourments qu'on lui fait [à Jésus] [MALH., I, 4]
Dans les tourments ils laissèrent la vie [RAC., Esth. II, 3]
Les Juifs, dont le bénédictin Calmet a fait graver les supplices dans son Dictionnaire, n'ont pu que couper, déchirer, mutiler, tirer, brûler, étouffer, écraser ; tous les tourments se réduisent là [VOLT., Princ. d'action, 8]
Ne me demandez pas non plus si les tourments des méchants seront éternels, et s'il est de la bonté de l'auteur de leur être de les condamner à souffrir toujours [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Fig. Grande peine d'esprit.
Qu'elle soit le tourment et le plaisir des cœurs [RÉGNIER, Sat. VII]
La cruelle chose que d'avoir une tête aussi délicate et aussi épuisée que la sienne [de Pascal], qui a fait le tourment de sa vie, et l'a coupée enfin au milieu de sa course [SÉV., 544]
Leur esprit [aux poëtes] toutefois se plaît dans son tourment [BOILEAU, Ép. X]
Quel tourment de se taire en voyant ce qu'on aime, De l'entendre gémir, de l'affliger soi-même, Lorsque par un regard on peut le consoler ! [RAC., Brit. III, 7]
Dieu vous préserve de joindre les tourments de l'esprit à ceux du corps ! [VOLT., Lett. Mme de Fontaine, 18 juin 1755]
L'amour est un dieu que la terre adore, Il fait nos tourments, il sait les guérir [ID., Dict. phil. Hémistiche.]
De la religion ténébreux monuments [les hiéroglyphes], Pour les sages futurs laborieux tourments [A. CHÉN., Fragm. d'un poëme intit. Hermès.]
Et quand vous conterez votre longue infortune, Les tourments de l'espoir et l'attente importune [DELILLE, Hom. des ch. var. et add. ch. 4]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    En France en ad mult mervellus turment [orage] [, Ch. de Rol. CIX]
    Et [sauvas] Daniel del mervellus turment Enz en la fosse.... [, ib. CCXXIV]
  • XIIe s.
    Que je sui cil qui plus a de torment [, Couci, VII]
    Deus en prist vengement [du roi d'Angleterre Guillaume le Roux], Al berser [coup de flèches] fu ocis e fina malement, Li corz en est purriz e l'aneme en turment [, Th. le mart. 92]
    Engleterre est enclose et de terre et de vent ; Ne crient Deu ne ses sains pur un poi de turment [orage] [, ib. 66]
  • XIIIe s.
    Adonc s'apaisa li tourmens, e fu la mer coie [, Chr. de Reims, p. 49]
    Car puis en ai soufert grant peine et grief tourment [, Berte, XLVII]
    Il vint à nous qui l'attendions en la chambre ou palais, et nous dit en riant, le tourment que il avoit eu aus prelas, dont le premier fu tel.... [JOINV., 291]
  • XIVe s.
    Mes devroit l'en plus eslire morir et soustenir et souffrir très durs tormens [ORESME, Éth. 49]
    Après que il eut assiegé quinze jours, il fist drecer ses pierrers et ses mangonneaux, et maintes autres manieres de tourmens [machines de guerre] [, Chr. de St Denis, t. II, f° 3, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Au mort et à l'absent Injureni tourment [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 233]
    Cette mort, que les uns appellent des choses horribles la plus horrible, qui ne sait que d'autres la nomment l'unique port des torments de la vie ? [MONT., I, 295]
    Il n'y a gueres moins de torment au gouvernement d'une famille que d'un estat entier, id. I, 274. Assez parens, assez tourmens [COTGRAVE, ]
    Abayez comme chiens, hurlez en vos tourmens, L'abysme ne repond que d'autres hurlemens [D'AUB., Tragiques, jugement.]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard et Berry, torment ; wallon, tourmain ; provenç. torment, turment ; espagn. et ital. tormento ; du lat. tormentum, tourment, proprement engin à tordre, de torquere (voy. TORDRE).

tourment

TOURMENT. n. m. Supplice, torture. Les tourments des martyrs. On le fit mourir dans d'horribles tourments.

Il se dit aussi d'une Grande, d'une violente douleur corporelle. La goutte, la pierre sont de cruels tourments.

Il désigne, au figuré, une Grande peine morale, un grand souci. Les tourments de la jalousie, de l'ambition, etc. Il s'est donné beaucoup de tourment et n'a pu réussir. Cette affaire m'a donné bien du tourment.

tourment


TOURMENT, s. m. TOURMENTANT, ANTE, adj. TOURMENTER, v. act. [Tour-man, tan, tante, té: 3e lon. au 2d et au 3e, é fer. au 4e.] Tourment, grande, violente douleur corporelle. "Ce Chirurgien lui a fait soufrir de grands, de cruels tourmens. "Les Martyrs ont persévéré dans la Foi au milieu des plus horribles tourmens. "Les tourmens des damnés; les tourmens éternels. "Trop souvent on n'est arrêté dans la crainte de faire le mal que par celle des tourmens, que la société réserve au coupable. On s'y livreroit sans remords, au moins sans terreur, si on étoit sûr de l' impunité. Pastoret, Zoroastre, etc. = Ce mot vient souvent dans le jargon des Romans et des Pièces de galanterie. Trév. — On dit poétiquement, les tourmens amoureux, les maux que l'Amour fait soufrir. Acad. = Il se prend alors, et dans d'aûtres ocasions, pour peine d'esprit. "Afaire qui m'a doné bien du tourment. "Cet enfant done bien du tourment à son père. {C707b~}
   Jusqu'à ce jour tu chérissois la rime,
   Moins par fureur que par amusement.
   Quel feu subit te transporte, t'anime;
   Et d'un plaisir va te faire un tourment?
       Gresset.
  Quoi, vous joignez encôre à cet ardent courroux
  La fureur des soupçons, le tourment des jaloux.
       Alzire.
= Il régit quelquefois de et l'infinitif. "Je préfère le tourment de ne vous voir jamais, à celui de vous voir malheureuse. Marm.
   REM. Tourment et Suplice ne sont pas synonymes, et l'on ne peut pas toujours les dire indiféremment l'un pour l'aûtre. Je n'ose condamner ce vers de la Tragédie de Cromvel, par le P. Marion, Jés.
   La mort est le tourment des scélérats vulgaires;
quoique la mort puisse être un suplice sans être un tourment; mais en prôse, on le blâmerait sans doute.
   TOURMENTER, faire soufrir quelque~ tourment de corps, ou quelque peine d'esprit~. "Les tyrans faisaient tourmenter cruellement les Chrétiens. "Les Chirugiens l'ont~ cruellement tourmenté. "Cet enfant tourmente~ fort son père. "Son procês, ses créanciers, etc. tout concourt à le tourmenter.~ = Au passif, il régit la prép. de des choses~, et la prép. par pour les persones. "Il~ est tourmenté de la goutte: être tourmenté~ des remors de sa conscience. * "Ils étoient~ presque autant tourmentés des Janissaires que~ des Voleurs. Voyageur Français. Je crois~ qu'il faut dire; par les Janissaires, par les voleurs. = Tourmenter, agiter violemment~. "Le vent tourmentait cruellement le~ vaisseau. "Ce cheval tourmente son Cavalier~. = Se tourmenter, s'agiter. "Tenez-vous en repôs: ne vous tourmentez pas tant. — S'inquiéter. "Il ne faut pas se tourmenter pour les biens de ce monde. "À~ quoi sert de vous tourmenter si fort?
   Tu reviens donc enfin dans ta patrie.
   - - - Oui, je suis las de tourmenter ma vie,
   De vivre errant et damné comme un Juif.
       Volt.
"Voilà à quoi aboutissent ces fortunes, ces projets vastes, qui consument et tourmentent les plus belles années de votre vie. Moreau.
   Rem. Depuis quelque-tems, c'est la mode {C708a~} d'employer ce verbe au figuré.
   Les clairons, les tambours, les trompettes, les cors,
   Tourmentent les échos d'homicides acords.
       Roucher.
"Parallèle (de Voltaire et de Racine, par M. D. L. H.) tout rempli d'antithèses du plus mauvais goût, où l'on retrouve partout les mêmes idées, retournées, délayées, tourmentées dans une abondance fastidieûse de paroles vides et décolorées. Ann. Litt. "Séduit par l'éclat d'une pensée brillante, il (Ovide) la retourne en cent manières diférentes: il la tourmente en quelque sorte: il la présente sous toutes les formes, dont elle est susceptible. GEOFFROI, Journ. de Mons. Remarquez le correctif, en quelque sorte. "Les Jardins anglois ne peuvent convenir qu'à un petit nombre de riches, qui fatiguent et tourmentent leurs trésors, sans pouvoir les épuiser. Ann. Litt. "Tous, à l'envi, pour paroître neufs, tourmentent la langue et insultent au sens comun. Ibid. — De toutes ces expressions, tourmenter une pensée et tourmenter la langue, semblent les plus recevables; mais j'avoue que tourmenter les échos, et sur-tout, tourmenter leurs trésors, me paraissent des métaphôres forcées, qui apartiènent au jargon précieux.
   TOURMENTANT, qui tourmente. Comme adjectif, c'est un mot assez nouveau. L'Académie le met, sans en doner d'exemple. "J'aimai mieux remporter ce desir, quelque tourmentant qu'il fût pour moi, que de m'en ouvrir à un homme, qui causoit déjà toute ma jalousie. Créb. F.

Synonymes et Contraires

tourment

nom masculin tourment
Vive souffrance morale.
agitation, cauchemar, contrariété, douleur, ennui, martyre, souffrance, supplice, torture -familier: enquiquinement -littéraire: affres, croix, plaie.
Traductions

tourment

torment, agony

tourment

התייסרות (נ), התענות (נ), טרדה (נ), לבט (ז), טִרְדָּה, הִתְיַסְּרוּת

tourment

kwelling

tourment

azab, azaban, siksaan

tourment

[tuʀmɑ̃] nmtorment