trou


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trou

n.m. [ lat. traucum ]
1. Ouverture, cavité naturelle ou artificielle dans une surface : Tomber dans un trou. Un trou de souris dans le mur. La route est pleine de trous creux, crevasse, ornière
2. Fam. Localité isolée ; village éloigné de tout : Il est parti s'installer dans un trou.
3. Fam. Prison : Mettre qqn au trou.
4. Espace qui traverse qqch de part en part : Le trou d'une aiguille chas perforation déchirure
5. Ouverture ou cavité anatomique : Les trous du nez les narines
6. Élément qui manque dans un ensemble, une continuité : Il y a des trous dans son éducation lacune un moment libre une défaillance de la mémoire
7. Déficit financier ; somme qui manque : Sa gestion se solde par un trou de plusieurs millions déficit
Faire son trou,
Fam. se créer une situation sociale, réussir dans la vie.
Trou d'air,
courant atmosphérique descendant, qui fait subitement perdre de l'altitude à un avion.
Trou d'homme,
petite ouverture ménagée dans un mur, une paroi pour permettre le passage d'un homme.
Trou noir,
en astronomie, région de l'espace dotée d'une force d'attraction si intense que rien, pas même la lumière, ne peut sortir.
Trou normand,
verre d'alcool que l'on boit au milieu d'un repas copieux.

TROU1

(trou) s. m.
Ouverture en creux faite dans un corps, à peu près aussi longue que large : ce qui la distingue de la fente, qui est plus longue que large. Boucher un trou. Cet enfant en tombant s'est fait un trou à la tête, à la jambe.
Il y avait trois ans depuis qu'il [Lauzun] travaillait à faire un trou [au mur de sa prison], et qu'il avait fait une corde avec du linge la mieux faite du monde.... [, Mém. de Mademoiselle, t. IV, p. 379]
Ce pauvre Lauzun ne vous fait-il pas grand'pitié de n'avoir plus à faire son trou ? [SÉV., 8 mars 1676]
Si l'on fait un petit trou à une carte, qu'on l'expose au soleil ou au grand jour, et qu'on mette dessous un verre sur lequel tombe le rayon intercepté, on verra deux petits cercles éclairés.... [MALEBR., Rech. vér. Éclairc. sur la lum. t. IV, p. 389, dans POUGENS.]
Il [Maupertuis] propose de faire un grand trou qui pénètre jusqu'au noyau de la terre [VOLT., Mél. litt. à M. Koenig.]
M. de Stralemberg a dit qu'il en avait trouvé [des jaseurs] en Tartarie dans des trous de rochers [BUFF., Ois. t. VI, p. 149]
La vanité de mépriser la mort engage les autres à calomnier la vie, à peu près comme ces femmes qui, avec une robe tachée et des ciseaux, prétendent aimer mieux des trous que des taches [J. J. ROUSS., Lett. à M. de Voltaire, Corresp. t. III, p. 224, dans POUGENS.]
Ses intentions n'échappèrent point à Socrate, qui lui dit un jour : Antisthène, j'aperçois votre vanité à travers les trous de votre manteau [BARTHÉLEMY, Anach. ch. 7]
Fig.
Aujourd'hui.... la terre a repris sa couleur, et le soleil, ressortant de son trou, fera que je reprendrai aussi le cours de mes promenades [SÉV., 28 déc. 1689]
Fig. Il n'a jamais rien vu que par le trou d'une bouteille, se dit d'un ignorant qui n'a pas vu le monde. On dit dans un sens analogue : ne voir que par un trou.
Je ne sais rien, je ne vois le monde que par un trou, de fort loin et avec de très mauvaises lunettes [VOLT., Lett. d'Argental, 14 mai 1764]
Fig. Mettre la pièce à côté du trou, employer, pour remédier à un mal, un autre moyen qu'il ne faudrait. Fig. Boucher un trou, payer une dette.
Vos affaires, avec votre permission, étaient délabrées, et mon argent a servi à reboucher d'assez bons trous [MOL., G. Dand. I, 4]
Monsieur votre père, de son côté, ne travaille-t-il pas à reboucher tous ces trous-là ? [REGNARD, Ret. impr. 4]
Déboucher un trou pour en boucher un autre, faire une dette nouvelle pour en payer une vieille. Le trou de la porte, le pertuis de la serrure qui reçoit la clef.
J'ai été tantôt chez Mignard.... il peignait Mme de Fontevrault, que j'ai regardée par le trou de la porte [SÉV., 6 sept. 1675]
Fig. Il a fait un trou à la lune, ou, anciennement, à la nuit, il s'est dérobé furtivement, et, en mauvaise part, il a emporté l'argent, il a fait banqueroute, il s'est enfui sans payer ses créanciers.
Elle a emprunté plus de sept cent mille livres à plusieurs particuliers, et, après, elle a fait un trou à la nuit [GUI PATIN, Lett. t. III, p. 252, dans POUGENS]
Ce qui les faisait s'imaginer que c'était un gros marchand qui avait fait un trou à la nuit, comme ils étaient presque tous de ceux que l'on dit par raillerie, qui mangent la lune auparavant le quartier [CÉSAR OUDIN, l'Apothicaire empoisonné, p. 286, Paris, 1670]
Ce sont des vagabonds qui ne vont de çà et de là que pour apporter du scandale, et, quand on les pense tenir, ils ne manquent jamais de faire un trou à la nuit [, le Chev. de Méré, dans STE-BEUVE, Rev. des Deux-Mond. 1848, t. XVIII, p. 24]
Je me délibérai de faire un coup de ma main qui me payât de mes gages, et de faire un trou à la nuit, comme dit le proverbe [, Francion, liv. II, p. 65]
Un beau soir, il fit un trou à la lune, et prit congé de tout le monde, sans dire adieu à personne [CHAMPMESLÉ, la Rue St-Denis, sc. 4]
Monsieur laissait faire son fils en jeune homme qui, avec d'autres jeunes têtes, se proposait de faire un trou à la lune, tantôt pour l'Espagne et tantôt pour l'Angleterre [SAINT-SIMON, 91, 203]
Entre emporter le chat et faire un trou à la lune, les savants pourront trouver quelque différence ; ils diront qu'emporter le chat signifie simplement partir sans dire adieu, et faire un trou à la lune veut dire s'enfuir de nuit pour une mauvaise affaire ; un ami qui part le matin de la maison de campagne de son ami, a emporté le chat ; un banqueroutier qui s'est enfui a fait un trou à la lune ; l'étymologie est toute naturelle pour un homme qui s'est évadé de nuit [VOLT., Lett. Delisle, 15 déc. 1773]
Cette locution paraît venir de l'idée que celui qui s'enfuit ainsi se dérobe pendant l'obscurité ; et alors on dit plaisamment qu'il a fait, pour s'enfuir, un trou à la nuit ou à la lune qui est l'astre de la nuit. D'Aubigné, Hist. II, 291, a dit percer la nuit, pour cheminer pendant la nuit. Voltaire, en voulant distinguer emporter le chat et faire un trou à la lune, a trop restreint le sens de cette dernière locution ; la différence est que la première signifie partir sans dire adieu, et la seconde, se dérober furtivement. On a dit aussi faire un pertuis dans l'eau, voy. EAU, à l'historique.
Trou du souffleur, petit réduit placé sur le devant du théâtre, où est placé le souffleur
Dans certaines machines, dans certains appareils, un trou d'homme, un trou capable de laisser un homme s'introduire pour le service de la machine, de l'appareil.
Terme de marine, trou du chat, trou carré pratiqué au milieu d'une hune ; il sert de passage à la tête du mât, aux haubans, aux étais, et aussi aux hommes qui montent dans la hune. Trous d'écoutes, ouvertures pour le passage des écoutes. Trou de la clef, ouverture pour recevoir la clef d'un mât.
Terme d'anatomie. Trou de Botal, ouverture existant, chez le fœtus, dans la cloison médiane des oreillettes ; elle se ferme aussitôt après la naissance. Trou déchiré, nom donné à l'hiatus l'entre l'os occipital, le sphénoïde et le temporal. Trou ovale, le trou sous-pubien de l'os iliaque.
Cavité plus ou moins profonde dans la terre.
Vous souvient-il, monsieur, quand ma maudite mule Me jeta par malice en ce trou si profond ? [REGNARD, Fol. amour. I, 7]
Le trou Saint-Patrice est très fameux en Irlande ; c'est par là que ces messieurs disent qu'on descend en enfer [VOLT., Facéties, Quest. mir. 7]
Fig. Boire comme un trou, boire excessivement.
Quiconque rime ainsi sans peine Après avoir bu comme un trou, [, Œuv. de Chapelle et de Bachaumont, p. 191]
J'y veux tout mettre par écuelles, Y dire des chansons nouvelles, Y boire en trou, manger en loup [SCARR., Virg. VII]
Fig. et populairement, faire un trou, boire ou manger quelque chose qui réveille l'appétit, quand on a déjà mangé. Cavité faite dans la terre pour planter des arbres.
Il y a longtemps qu'on a reconnu la grande utilité de faire à l'avance les trous d'arbres larges et profonds [GENLIS, Maison rust. t. II, p. 469, dans POUGENS]
Enfoncement pratiqué dans la cour d'une ferme, pour y déposer le fumier. Terme de construction. Être sur le trou, se dit de la pierre qui est encore près du puits de carrière d'où on l'a tirée.
Terme de fortification. Trou de loup, défense accessoire pratiquée en avant des ouvrages de fortification passagère ; c'est un trou creusé en terre, au fond duquel un petit piquet est planté verticalement.
Terme de marine. Petit enfoncement que l'on voit le long d'une côte. Inégalité en creux sur le fond de la mer.
10° Retraite des petits animaux.
Trou, ni fente, ni crevasse Ne fut large assez pour eux [les rats empanachés], Au lieu que la populace Entrait dans le moindre creux [LA FONT., Fabl. IV, 6]
Souris qui n'a qu'un trou est bientôt prise, il faut avoir dans les affaires plusieurs moyens, plusieurs ressources. Fig. Il le ferait mettre dans un trou, dans un trou de souris, se dit d'un homme qui en fait trembler un autre par sa présence. Il se fourrerait dans un trou, se dit d'un poltron qui a peur.
11° Fig. Il se dit d'une demeure, ville ou logis, dont on veut indiquer la petitesse, l'étroitesse d'une manière exagérée.
Ah ! ma chère enfant, promenez-vous.... ne demeurez point toujours.... dans ce trou de cabinet [SÉV., 14 fév. 1689]
On est assez porté à croire qu'un trou à Paris vaut mieux qu'un palais ailleurs ; pour moi je n'aime ni les trous, ni les palais ; mais je suis très content d'une maison riante et commode [VOLT., Lett. Formont, 13 juin 1756]
Vous m'écrivez, mon cher et grand philosophe, de votre lit où vous voyez dix lieues de lac, et moi je vous réponds de mon trou où je vois le ciel long de trois aunes [D'ALEMB., Lett. à Volt. 8 fév. 1757]
Un horrible trou de maison dans un cul-de-sac obscur [LETOURNEUR, Trad. Ci. Harl. t. VII, p. 508]
Comme c'est d'ailleurs ici un trou où l'on ne sait rien, je ne peux vous mander aucune nouvelle [, Papiers saisis à Bareuth, p. 285]
Qu'un peu d'argent pleuve en mon trou, Vite il s'en va, Dieu sait par où [BÉRANG., Refus.]
Familièrement, il a fait son trou, il s'est créé une position qui le satisfait, qui lui assure certains avantages.
12° Terme du jeu de trictrac. Avantage de douze points, marqué par un fichet qui se met dans un trou.
Une école maudite Me coûte, en un moment, douze trous tout de suite [REGNARD, le Joueur, I, 4]
Fig. Il a fait en deux coups six trous, se dit d'un homme qui va vite en besogne.
13° Dans les jeux de paume carrés, ouverture qui est au pied de la muraille, dans le coin opposé à la grille.
14° Les trous de la petite vérole, les cicatrices qu'elle laisse dans la peau.
Une pommade du Pérou qui.... recrépit les trous de la petite vérole [DANCOURT, L'opérateur Barry, Prol. sc. 4]
15° Terme de peinture. Se dit des endroits d'un tableau où les objets mal groupés laissent voir çà et là le fond.
Un art où le moindre intervalle mal ménagé fait un trou, où une figure trop éloignée ou trop rapprochée de deux autres alourdit ou rompt une masse [DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XIV, P. 128, dans POUGENS]
Se dit aussi des parties du premier plan, qui, étant du même ton que les plans reculés, s'enfoncent tout à coup à l'égal de ceux-ci. Se dit enfin des masses trop brunes qui tirent sur le noir, et qui sont distribuées mal à propos sur le devant du tableau (Pernety 1757). Cette masse est trop brune, elle fait trou.
16° En argot du théâtre, une pièce pleine de trous, une pièce où le caractère du principal personnage est plein d'incohérence.

PROVERBES

  • Autant de trous, autant de chevilles ; autant de chevilles que de trous, se dit d'une personne qui trouve à tout des excuses, des réponses, des défaites, des expédients.
  • À petit trou, petite cheville.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Enz en la presse fu Viviens toz sous [seul] ; De ses granz plaies fet estoper les trous [, Li covenanz Vivien, v. 1630]
  • XIIIe s.
    Que par mi son souller [elle] ot en son pié un tro [, Berte, XXXII]
    En un trou de tariere [ils] lui boutent erramment Les deux pols [pouces] [, ib. XCV]
    Et avoit un trau el comble deseure, par quoi il reprendoit s'alaine [, Chr. de Rains, p. 95]
    Soris qui n'a qu'un trau poi dure [, Lai d'Ignaurès]
    De l'or saint Abraam li fu fais un cerchaus, Si le mist en son chief li bons rois des ribaus, Car en Jerusalem fist-il les premiers traus, Et premiers i monta [, Ch. d'Ant. IV, 85]
    Tout le vis a couvert de bloustres, De granz boces et de granz cleus, Et si a tant plaies et treus.... [GAUTIER DE COINCY, p. 348]
  • XIVe s.
    [Une nonne prisonnière] Par un trau [de la muraille] a veüe l'une De ses compaingnesses passer [J. DE CONDÉ, t. II, p. 273]
  • XVe s.
    Deslyer nous faut ce neu, Et desployer faiz et dis, Tant qu'aviengne mieux ou pis ; Passer convient par ce treu [CH. D'ORL., Rond.]
  • XVIe s.
    Je y ay esté jusques on trou de Gilbathar, et remply les bondes de Hercules [RAB., Pant. II, 30]
    Le premier trou [jour] de l'an [ID., ib. II, 11]
    En lui disant : maistre Berthaud, vous l'eussiez fait passer par le trou au chat [DESPER., Contes, LXX.]
    Si l'offense estoit capitale, ils luy faisoient un trou en la nuict, afin qu'il evadast [CARLOIX, VI, 17]
    Aucun ne peut faire ou construire latrines, troux, ou chambres aisées en son heritage près l'heritage de son voisin, sinon qu'il y ait.... [, Coust. gén. t. II, p. 555]
    Le trou trop ouvert sous le nez fait porter souliers deschirez [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard, treu ; prov. trauc ; anc. cat. troc du bas-lat. traugum, qui est dans la loi des Ripuaires, titre 43 : Si quis in clausura aliena traugum ad transeundum fecerit. L'origine de traugum est inconnue. On y peut pourtant conjecturer un radical qui est dans le germanique : allem. et suéd. trog, auge ; isl. thro ; angl. trug, et aussi trough, the trough of the sea, le creux entre deux lames.

TROU (DE CHOU)2

(trou) s. m.
Terme vieilli. Trognon de chou. Cela ne vaut pas un trou de chou, je n'en donnerais pas un trou de chou, cela est de nulle valeur.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Bien veez, par saint Lienart, Que Renart me prise moult pou ; Por moi ne fait le tronc d'un chou [, Ren. 18696]
    Les truz des chols face prendre [, Mss. de St Jean]
  • XVIe s.
    En sa dextre tenoit un gros trou de chou [RAB., Pant. v, 18]
    S'escuroit les dents avec un trou de lentisque [ID., I, 23]
    Manger troncs de chou [PARÉ, XXIV, 4]
    Que l'on donne au malade un tronc ou coste d'asphodele ou de ferule à mascher [ID., VIII, 2]

ÉTYMOLOGIE

  • Génev. tronc de chou ; Jura, trôt de chou ; Berry, il n'est pas plus haut qu'un trou de chou. C'est une autre prononciation du mot tronc, née du nominatif tros dans l'ancienne langue.

trou

TROU. n. m. Ouverture au travers d'un corps ou qui y pénètre à une certaine profondeur. Faire un trou dans une muraille. Creuser un trou en terre. Percer un trou dans du fer, du bois. Il y a un trou à vos bas, à votre manteau. Regarder par le trou de la serrure. Les trous d'une flûte. Le trou d'une aiguille. Il est blessé, il a un trou à la tête. Trou dans lequel les bêtes se retirent. Trou de taupe, de renard, de souris. Ces oiseaux font leur nid dans un trou. Boucher un trou. Agrandir, remplir un trou. Tomber dans un trou.

Fig. et fam., Cet homme boit comme un trou, Il boit beaucoup.

Fig. et fam., Il le ferait mettre dans un trou de souris se dit d'un Homme qui en fait trembler un autre par sa présence.

Fig. et fam., Boucher un trou, Payer une dette. Si je recevais cet argent-là, il me servirait à boucher un trou.

Fig. et fam., Faire un trou pour en boucher un autre, Contracter de nouvelles dettes pour payer les anciennes.

Fig. et fam., Faire un trou à la lune, S'enfuir sans payer ses créanciers.

Fig. et fam., Faire le trou normand, Boire un verre d'alcool entre deux plats.

En termes de Théâtre, Trou du souffleur, Ouverture pratiquée dans le plancher sur le devant de la scène et où se tient le souffleur.

En termes de Fortification, Trou de loup, Trou muni d'un pieu taillé en pointe et qui sert de défense accessoire.

TROU, en termes de jeu de Trictrac, désigne l'Avantage de douze points, que celui qui les gagne marque par un fichet qu'il met dans un trou. Il faut douze trous pour gagner une partie. Je marque un trou.

Au jeu de Golf, il se dit des Différentes cavités où il faut successivement introduire sa balle. Un golf de dix-huit trous.

TROU se dit figurément d'une Lacune, d'un manque, d'un vide. Il a des trous dans ses souvenirs, dans sa mémoire. Il y a des trous dans cette pièce de théâtre.

Il se dit, figurément et familièrement, d'une Localité, d'un logement dont on veut indiquer la petitesse d'une manière exagérée. Ce n'est pas une ville, c'est un trou. On m'a logé dans un trou. Le moindre trou me suffira.

Un petit trou pas cher, Une villégiature à bon marché.

trou

Trou, Semble qu'il vienne de trô. id est perforo. Les Picards dient Treu. Les Hennuyers dient Trau, parquoy aucuns sont d'opinion qu'il vient de trauma, id est foramen, vulnus, tutraô, id est perforo.

Un trou et pertuis, Foramen.

Petit trou comme d'une rets, Macula.

Trous bouchez et estoupez, Foramina intersepta.

Le trou d'un souflet, Gula follis.

Petits trous au corps par lesquels passent les sueurs, Meatus, Pori.

Le trou par où se purge le ventre, Anus, Podex.

Les trous ou pertuis qui sont és ruches, Exitus alueorum.

Qui a quatre trous, Quadriforis.

Qui a beaucoup de trous, Fistulosus, Multiforis, Multicauatus.

Qui a force petits trous, comme la pierre ponce, Pumicosus, vel Pumiceus.

¶ Je ne sçavoy trouver tant de trous qu'il ne me trouvast des chevilles, Sed quicquid ego apprehenderam, statim accusator extorquebat e manibus. B. ex Cic.

trou


TROU, s. m. TROUÉE, s. f. TROUER, v. act. [Trou, monos. Trou-é-e: 2e é fer. au 2d et au 3e.] Trou, ouvertûre ordinairement ronde, ou aprochant; ce qui le distingue de la fente, qui est une ouvertûre en long. "Grand, petit trou. "Faire un trou à une murâille, à un plancher, en têrre. "Il a un trou à la tête, à la jambe, etc. et non pas à sa tête, à sa jambe. = Fig. st. famil. Boucher un trou, payer une dette. — En st. prov. mettre la pièce auprês du trou; ne point apliquer le remède où il faudrait. Voyez Boire, Bouteille, Cheville, Lune. = Trou se dit par mépris d'un lieu fort petit. "Ce n'est pas une maison, c'est un trou: on m'a logé dans un trou. st. famil.
   TROUÉE, espace vide, qui perce tout au travers d'un bois. = Ouvertûre faite dans l'épaisseur d'une haie.
   TROUER, percer, faire un trou. "Les voleurs ont troué la murâille. "Les vers ont troué cet habit. — Il n'est que du style simple.

Synonymes et Contraires

trou

nom masculin trou
2.  Endroit usé d'une étoffe.
3.  Ce qui manque.
4.  Familier. Localité isolée.
pays -familier: patelin -populaire: bled.
5.  Populaire. Cellule d'une prison.
cachot -argotique: ballon, gnouf -populaire: bloc, cabane, mitard, placard, taule, tôle.
Traductions

trou

Loch, Kaff, Lücke, Miesehole, eye, bubble, gap, peephole, pitgat, oog, bajes, gaping, hol, hole [golf], leemte, nor, oog [naald], putje, kuil, wak, knipגומה (נ), חור (ז), חרר (ז), לוע (ז), נחיר (ז), עיר נידחת (נ), פתח (ז), קדח (ז), קרע (ז), שוחה (נ), שחת (נ), חֹר, חָרָר, גֻּמָּה, קֶדַח, לֹעַ, שׁוּחָהдупка, трапчина, трапчинкаdíralobang, lubangburaco, furoagujero, hoya, hoyo, ojobuco, buca, forame, foro, vanoحُفْرَةhulτρύπαreikärupa구멍hulldziuraдыраhålรูdeliklỗ (tʀu)
nom masculin
1. creux faire un trou dans le sol
2. ouverture dans une surface percer un trou le trou de la serrure
3. déchirure avoir un trou à sa chaussure
4. fait de ne pas se souvenir de qqch avoir un trou de mémoire

trou

[tʀu] nm
(= orifice, cavité) → hole
(fig) (= absence, manque) → gap
(COMMERCE)deficit