usure

(Mot repris de usures)

1. usure

n.f. [ du lat. usura, intérêt de l'argent, de usus, usage, de uti, se servir de ]
Taux d'intérêt abusif demandé pour un prêt d'argent ; délit commis par ceux qui pratiquent ce taux.
Avec usure,
Litt. au-delà de ce qu'on a reçu, subi : Il leur a rendu leurs moqueries avec usure.

2. usure

n.f. [ de user ]
1. Détérioration que produit l'usage : L'usure des pneus dégradation
2. Amoindrissement des forces, de la santé ; affaiblissement.
Avoir qqn à l'usure,
Fam. persévérer jusqu'à ce qu'il cède.
Guerre d'usure,
conflit dans lequel on cherche à épuiser les forces, la patience de l'adversaire.

USURE

(u-zu-r') s. f.
Proprement, toute espèce d'intérêt que produit l'argent.
Vous ne prêterez à usure à votre frère ni de l'argent, ni du grain, ni quelque autre chose que ce soit, mais seulement aux étrangers [SACI, Bible, Deutéron. XXIII, 19]
Socin et les autres disent que l'usure n'est pas un péché selon les lois chrétiennes ; en quoi il faut avouer qu'ils ne dégénèrent pas de la doctrine commune des protestants [BOSSUET, 6e avertiss. sur les lettres de Jurieu]
La loi des Douze Tables défendait de porter l'usure plus haut qu'à douze pour cent [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. x, p. 204, dans POUGENS]
[à Rome] l'usure onciaire signifia un pour cent par an ; l'usure ex quadrante signifia trois pour cent par an ; l'usure ex triente, quatre pour cent par an ; l'usure semis, six pour cent par an [MONTESQ., Déf. Espr. lois, part. 2]
Par extension, profit qu'on retire d'un prêt au-dessus du taux légal ou habituel.
Vous savez que la plus grande peine que l'on ait avec eux [les gens d'affaires] est de les détourner de l'usure [PASC., Prov. VIII]
La pauvreté et l'incertitude des fortunes dans les États despotiques y naturalisent l'usure [MONTESQ., Espr. v, 15]
Une usure affreuse toujours foudroyée et toujours renaissante s'établit à Rome [ID., ib. XXII, 21]
L'usure augmente à proportion du péril de l'insolvabilité [ID., ib. XXII, 19]
La petite Église de Calvin qui fait consister la vertu dans l'usure et dans l'austérité des mœurs [VOLT., Lett. d'Argence, 20 janv. 1761]
Fig. Avec usure, en rendant plus qu'on n'a reçu.
Notre affection Ajoute avec usure à la perfection [RÉGNIER, Sat. II]
Souviens-toi que le mien [esprit] ne reçoit point d'injure Qu'il ne rende aussitôt avec beaucoup d'usure [TRISTAN, Marianne, II, 3]
Babylone paya nos pleurs avec usure [RAC., Esth. III, 4]
Le champ qui les reçut [la chaleur des jours et la fraîcheur des jours], les rend avec usure [ID., Athal. I, 4]
La terre le payait de ses peines avec usure, et ne le laissait manquer de rien [FÉN., Tél. XX]
Détérioration par suite d'un long usage. L'usure des habits. Se dit en hippiatrie. Usure des dents, des fers.
Terme de pathologie. Atrophie, avec résorption complète, de la substance des dents, des cartilages ou des os pressés par certaines tumeurs, ou usés par le frottement.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Si comme s'il emprunte à uzures por le [la] defaute de paiement [BEAUMANOIR, XXXV, 14]
    Usure si est quant aucuns preste denier por autres à termes ou à semaines.... [ID., LXVIII, 2]
  • XIVe s.
    Laquelle debte se estoit multipliée par usures [BERCHEURE, f° 35, verso.]
    Se lesdiz habitans ou aucun d'eulz devoient aucunes autres rentes, usures ou droitures... [DU CANGE, usaria.]
  • XVIe s.
    Quiconque donne aux poures preste à Dieu à usure [CALV., Instit. 652]
    En vain seroient-ils [les prêtres] en office, s'ils ne s'en acquitoient au benefice de ceux qui doyvent recevoir d'eux l'usure des talens spirituels que Dieu leur a communiqués, c'est à dire saine doctrine [LANOUE, 533]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. espagn. et ital. usura, du lat. usura, de usum, supin de uti, se servir.

usure

USURE. n. f. Intérêt, profit qu'on exige d'un argent ou d'une marchandise prêtée, au-dessus du taux fixé par la loi ou établi par l'usage en matière de commerce. Prêter à usure. Emprunter à usure. Exercer l'usure. Se livrer habituellement à l'usure. Tirer usure de ce qu'on prête.

Fig., Rendre avec usure, payer avec usure, Rendre, en bien ou en mal, au-delà de ce qu'on a reçu. Dieu rend avec usure ce que l'on a fait pour lui. Il vous a fait du mal, mais vous l'en avez payé avec usure.

USURE se dit aussi du Dépérissement, de la détérioration des habits, des meubles, des organes, etc., par suite du long usage qu'on en fait. Son habit est percé; ce n'est pas accident, c'est usure. L'usure des dents. L'usure du coeur, du foie.

usure

Usure de souliers Attritus calceamentorum.

¶ Usure, Vsura, Foenus, Foeneratio.

Petite usure, Foenusculum.

Usure revenant à un pour cent, Foenus vnciarium.

Usure à un pour cent tous les mois, Centesima.

Usure à six pour cent, Semissis vsura,

Le fait des usures, Foenebris res.

Avec usure, Foenerato.

L'usure court, voyez en Courir.

Cercher argent à usure, Quaerere argentum in foenus.

Bailler ou donner à usure, In foenus dare, Foenerari aliquid, Locare argentum foenori.

Prester argent à usure, Credere foenus argenti, Foenore dare argen tum.

Prendre à usure, Foenore accipere, Foenorari.

Continuer le payement des usures, Ducere vsuras.

Appartenant à usure, Foeneratitius.

Cestuy ne sçait dequoy parler sinon d'usure, Hic nescit quidem nisi foe nus fabulari.

Les derniers termes escheus pour payer les usures, Foeneralia foene raliorum.

Estre delivré des usures, Leuari foenore.

Synonymes et Contraires

usure

nom féminin usure
Détérioration progressive.
Traductions

usure

usury, fatigue, wearאיכול (ז), בליה (נ), השתפשפות (נ), התבלות (נ), התרפטות (נ), התשה (נ), ריבית (נ), ריפוט (ז), שחיקה (נ), רִבִּית, שְׁחִיקָה, בְּלָיָה, הִשְׁתַּפְשְׁפוּת, הִתְבַּלּוּת, הֲתַשָּׁהslijtage, uitputting, woeker(rente)Wucherdesgastelogorio, usura (yzyʀ)
nom féminin
dégradation due à une utilisation fréquente ou au temps

usure

[yzyʀ] nf
(= détérioration) → wear
usure normale → normal wear and tear
(fig) avoir qn à l'usure → to wear sb down
(= état) → worn state
(de l'usurier)usury