vaincu, ue


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VAINCU, UE

(vin-ku, kue) part passé de vaincre.
Qui a succombé en guerre, en combat.
Les peuples vaincus peuvent conserver quelque liberté, lorsque, par la force de leur situation, ils sont en état de faire des traités après leur défaite [MONTESQ., Esp. XVIII, 19]
Substantivement.
Que ceux qui veulent croire que tout est faible dans les vaincus ne pensent pourtant nous persuader que la force ait manqué au courage de Charles Ier [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Cherchez, imaginez parmi les hommes les différences les plus remarquables ; vous n'en trouverez point de mieux marquée ni qui vous paraisse plus effective que celle qui relève le victorieux au-dessus des vaincus qu'il voit étendus à ses pieds [ID., Duch. d'Orl.]
On l'a vu [M. de Turenne] dans la fameuse bataille des Dunes arracher les armes des mains des soldats étrangers, qu'une férocité naturelle acharnait sur les vaincus [FLÉCH., Tur.]
On a joint quelquefois vaincu à un adjectif possessif.
Jamais un généreux vainqueur N'affligea son vaincu d'un langage moqueur [MAIRET, Sophon. III, 4]
Sylla, ni Marius N'ont jamais épargné le sang de leurs vaincus [CORN., Sertor. I, 1]
Fig. Celui qui a cédé à l'amour.
J'étais mort pour ma gloire et je n'ai pas vécu, Tant que ce lâche cœur s'est dit votre vaincu [ROTR., Vencesl. II, 2]
Sensiblement atteint d'un soin qui me traverse Et plus votre vaincu que vainqueur de la Perse [ID., Bélis. II, 4]
Dont on est venu à bout.
C'est aux personnes seules de l'art qu'il est réservé d'apprécier les vraies beautés d'un ouvrage et le degré de difficulté vaincue [D'ALEMB., Œuv. t. III, p. 41]
Qui a succombé.
Quoi ! déjà votre amour des obstacles vaincue.... [RAC., Bajaz. IV, 6]
Mérope va mourir ; son courage est vaincu ; Pour son fils seulement Mérope avait vécu [VOLT., Mér. III, 2]
Qui s'est laissé toucher, convaincre.
De ce même Pallas j'implorai le secours : Claude vous adopta vaincu par ses discours [RAC., Brit. IV, 2]
Mon cœur, vaincu par ses caresses, lui rendait toute l'amitié qu'elle m'avait si longtemps témoignée [J. J. ROUSS., Confess. XI]