vertu

vertu

n.f. [ du lat. virtus, mérite, courage, de vir, homme [par opp. à femme] ]
1. Sout. Disposition à faire le bien et à éviter le mal : Une personne de grande vertu moralité
2. Qualité morale particulière : Savoir pardonner est pour elle la plus grande des vertus défaut, vice
3. Vieilli Chasteté féminine.
4. Qualité qui rend propre à produire certains effets : Les vertus calmantes de la verveine pouvoir, propriété
En vertu de,
conformément à ; au nom de : En vertu d'une loi. En vertu des pouvoirs qui me sont conférés.

VERTU

(vèr-tu) s. f.
Force morale, courage (sens propre du latin virtus).
La honte de mourir sans avoir combattu Arrête leur désordre, et leur rend leur vertu [CORN., Cid, IV, 3]
Et, bien qu'animal sans vertu, Il [l'âne couvert de la peau du lion] faisait trembler tout le monde [LA FONT., Fabl. v, 21]
Cette femme, aussitôt, fine, adroite, hautaine, Saura mettre à profit votre peu de vertu, Et triompher de vous, vous voyant abattu [ID., Eunuque, I, 1]
N'avoir ni force ni vertu, n'avoir ni force ni courage.
Mais enfin, interdit, languissant, abattu, Je sens que je n'ai plus ni force ni vertu [BARON, Andrienne, II, 1]
Benjamin est sans force, et Juda sans vertu [RAC., Athal. I, 1]
Il est comme le soleil de janvier qui n'a ni force ni vertu, se dit d'un homme faible.
Ferme disposition de l'âme à fuir le mal et à faire le bien.
Saint Augustin dit au quatrième livre de la Cité de Dieu que la plupart des anciens ne définissaient point autrement la vertu que l'art de bien vivre.... le même propose ailleurs une autre définition de la vertu, qui est plus étendue, et dont saint Thomas s'est voulu servir, la nommant une bonne qualité qui fait bien vivre celui qui la possède, de laquelle personne ne peut mal user, et que nous tenons de la main de Dieu.... d'autres, comme Cicéron, l'ont nommée une constante disposition à bien faire et à suivre la raison [LA MOTHE LE VAYER, Vertu des païens, I, avant-propos.]
La vertu rend parfois les malheurs vénérables [TRISTAN, M. de Chrispe, IV, 4]
La vertu n'irait pas si loin, si la vanité ne lui tenait compagnie [LA ROCHEFOUC., Maxim. au mot vertu.]
Il faut parmi le monde une vertu traitable [MOL., Mis. I, 1]
Nous ne nous soutenons pas dans la vertu par notre propre force, mais par le contre-poids de deux vices opposés, comme nous demeurons debout entre deux vents contraires [PASC., Pens. XXV, 12, édit. HAVET.]
La vraie vertu et la vraie religion sont choses dont la connaissance est inséparable [ID., ib. XI, 2]
Ce que peut la vertu d'un homme ne se doit pas mesurer par ses efforts, mais par son ordinaire [ID., ib. VI, 27]
Il [Montaigne] rejette bien loin cette vertu stoïque qu'on peint avec une mine sévère, un regard farouche, des cheveux hérissés, le front ridé.... [ID., Entret. avec M. de Saci.]
Elle croyait voir partout dans ses actions un amour-propre déguisé en vertu [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Ainsi que la vertu le crime a ses degrés [RAC., Phèdre, IV, 2]
Qui le dirait ! la vertu même a besoin de limites [MONTESQ., Espr. XI, 4]
On dit de Marcus Brutus qu'avant de se tuer il prononça ces paroles : ô vertu, j'ai cru que tu étais quelque chose, mais tu n'es qu'un vain fantôme [VOLT., Dict. phil. Vertu, 1]
Qu'est-ce que vertu ? bienfaisance envers le prochain ; puis-je appeler vertu autre chose que ce qui me fait du bien ? [ID., ib. 2]
Nous avons si peu de vertu, que nous nous trouvons ridicules d'aimer la gloire [VAUVENARGUES, Réfl. et Max. 59]
La vertu, supérieure à la probité, exige qu'on fasse le bien, et y détermine [DUCLOS, Consid. mœurs, 4]
Il n'est pas si facile qu'on pense de renoncer à la vertu : elle tourmente longtemps ceux qui l'abandonnent [J. J. ROUSS., Hél. III, 18]
Chère amie, ne savez-vous pas que la vertu est un état de guerre, et que, pour y vivre, on a toujours quelque combat à rendre contre soi ? [ID., ib. VI, 7]
C'est là qu'il [Sénèque] dit de la gloire, qu'elle est à la vertu ce que l'ombre est au corps [DIDER., Cl. et Nér. II, 28]
La véritable vertu, c'est de donner aux êtres qui souffrent, et dont on n'attend ni plaisir ni reconnaissance [GENLIS, Mères riv. t. III, p. 137, dans POUGENS]
Familièrement. Vous avez bien de la vertu, se dit à quelqu'un qui vient de faire un chose pour laquelle on se sent de la répugnance. Faire de nécessité vertu, faire de bonne grâce une chose obligée, mais désagréable.
La Rancune.... faisant de nécessité vertu, commença à jouer des bras [SCARR., Rom. com. II, 5]
Il se dit aussi de telle ou telle qualité particulière.
On ne méprise pas tous ceux qui ont des vices ; mais on méprise tous ceux qui n'ont aucune vertu [LA ROCHEFOUC., Max. 186]
Nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés [ID., ib. au mot vertu.]
Les vertus devraient être sœurs, Ainsi que les vices sont frères [LA FONT., Fabl. VIII, 25]
Je n'admire point l'excès d'une vertu, comme de la valeur, si je ne vois en même temps l'excès de la vertu opposée, comme en Épaminondas, qui avait l'extrême valeur et l'extrême bénignité [PASC., Pens. VI, 21]
La vraie et unique vertu est de se haïr ; car on est haïssable par sa concupiscence [ID., ib. XXIV, 39 bis.]
Quand on veut poursuivre les vertus jusqu'aux extrêmes de part et d'autre, il se présente des vices qui s'y insinuent insensiblement [ID., ib. XXV, 62]
Les passions dominées sont vertus [ID., ib. XXV, 104]
Nous savons que toutes les vertus, le martyre, les austérités et toutes les bonnes œuvres sont inutiles hors de l'Église et de la communion du chef de l'Église qui est le pape [ID., Lett. à Mlle de Roannez, 1]
La princesse palatine avait les vertus que le monde admire, et qui font qu'une âme séduite s'admire elle-même [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Il y a, disent les théologiens, deux sortes de vertus : les unes, selon le langage de l'école, vertus affectives, et les autres vertus effectives [BOURDAL., Exhort. sur la prière de J. C. t. I, p. 404]
On lui dit mille fois que la franchise n'était pas une vertu de la cour [FLÉCH., Duc de Mont.]
Il apprit à cultiver en lui les vertus secrètes qui sont encore plus estimables que les éclatantes [FÉN., Tél. XX]
Ces vertus fondées sur la coutume et sur les préjugés d'un peuple sont toujours des vertus estropiées, faute de remonter jusqu'aux premiers principes.... [ID., Dial. des morts, 7]
Il est vrai qu'il y a deux vertus que les hommes admirent, la bravoure et la libéralité, parce qu'il y a deux choses qu'ils estiment beaucoup et que ces deux vertus font négliger, la vie et l'argent [LA BRUY., XI]
Souvent les vertus des grands hommes N'ont été que des passions [LAMOTTE, Odes, t. I, p. 62, dans POUGENS]
Il y a encore bien des mœurs, des vertus, de l'héroïsme dans votre Paris ; il y en a plus qu'ailleurs, croyez-moi [GALIANI, Corresp. 25 janv. 1772]
Vertus civiles, vertus politiques, amour de la gloire, amour de la patrie, discipline austère et savante, ils [les Romains] avaient tout ce qui est nécessaire pour rendre un peuple puissant [CONDIL., Étud. hist. I, 8]
Petites vertus, qualités morales appliquées dans les petites choses.
Je suis triste, ma mignonne ; le pauvre petit compère [Ch. de Sévigné] vient de partir ; il a tellement les petites vertus qui font l'agrément de la société, que, quand je ne le regretterais que comme mon voisin, j'en serais fâchée [SÉV., 15 avr. 1676]
Vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité. Vertus cardinales, la prudence, la justice, la tempérance et la force.
Personne vertueuse.
La vertu la plus ferme évite les hasards [CORN., Poly. II, 4]
Plus l'obstacle est puissant, plus on reçoit de gloire ; Et les difficultés dont on est combattu Sont les dames d'atour qui parent la vertu [MOL., l'Ét. v, 11]
Il est persécuté : la vertu malheureuse Devient plus respectable, et m'est plus précieuse [VOLT., Scythes, I, 1]
Chasteté (pudicité, ne se dit guère qu'en parlant des femmes). Au milieu des tentations, cette femme a su conserver sa vertu.
Dieux, qui la connaissez, Est-ce donc sa vertu que vous récompensez ? [RAC., Phèdre, II, 6]
Familièrement.
Ta femme est une vertu : Ce soir tu seras battu [BÉRANG., Ivrog.]
Moyenne vertu, sagesse peu farouche.
Cette crainte ne m'empêcha pas de prendre plaisir à me voir agacer par de jolies dames de moyenne vertu [LESAGE, Guzm. d'Alf. II, 6]
Ironiquement. Les vertus des salons, les dames qui craignent de s'effaroucher facilement.
Ce dernier mot dût-il scandaliser les vertus de salon [BÉRANG., Préface de 1833]
Qualité qui rend propre à produire certains effets.
Ces herbes ne sont pas d'une vertu commune ; Moi-même, en les cueillant, je fis pâlir la lune [CORN., Médée, IV, 2]
Cet homme ne chasse les démons que par la vertu de Beelzébut, prince des démons [SACI, Bible, Évang. St Math. XII, 24]
je vous arrête à cette rime ; Je ne la tiens pas légitime Ni d'une assez grande vertu [LA FONT., Fabl. II, 1]
Nous avons vu que le théâtre a une grande vertu pour la correction [MOL., Tart. préface.]
Ô mon père, lui dis-je, voilà des paroles bien puissantes ! sans doute elles ont quelque vertu occulte pour chasser l'usure que je n'entends pas [PASC., Prov. VIII]
Vertu apéritive d'une clef, attractive d'un croc [ID., Pens. XXV, 130 bis.]
Les anciens sacrifices devaient perdre leur vertu [à la venue du Messie] [BOSSUET, Hist. II, 10]
D'abord il a tenté les atteintes mortelles Des poisons que lui-même a crus les plus fidèles ; Il les a trouvés tous sans force et sans vertu [RAC., Mithr. v, 4]
La vertu de la croix ne cesse d'attirer tout à elle [FÉN., Serm. sur la voc. des gentils.]
Voulant savoir toute la vertu de l'expression [HAMILT., Gram. 9]
Je ne désapprouve point ceux qui rejettent cette vertu que l'on attribue à de certaines paroles [MONTESQ., Lett. pers. 142]
L'on a observé qu'en mettant dans cette situation [en direction avec le méridien magnétique] des verges de fer, les unes en incandescence et les autres froides, les premières reçoivent la vertu magnétique bien plus tôt et en bien plus grande mesure que les dernières [BUFF., Min. t. IX, p. 167]
Faire vertu, exercer une certaine influence.
Mais, monsieur, attendant que Sabine survienne, Et que sur son esprit vos dons fassent vertu.... [CORN., Ment. IV, 1]
Terme de scolastique. Absence de vertu, état de deux substances qui n'ont aucun effet l'une sur l'autre. Terme d'alchimie. Vertu céleste, la chaleur naturelle ou le feu interne de la matière.
Au plur.Terme de théologie. Un des ordres de la hiérarchie céleste. Les Dominations, les Vertus. On met un grand V.
En vertu de, loc. prép. En conséquence de, en raison de.
Les merveilles qu'il fit en vertu de cet art damnable [BOSSUET, Hist. II, 12]
Qu'on me dise en vertu de quoi cet homme-là s'est mis dans la tête que je ne l'aime point [MARIV., le Legs, sc. 20]
En vertu de la force centrifuge qui résulte du mouvement de rotation sur son axe, la terre a nécessairement pris la forme d'un sphéroïde [BUFF., Hist. nat. Preuv. th. terr. Œuv. t. I, p. 334]
Vertu de ma vie ! sorte d'exclamation.
Vertu de ma vie, comme vous débitez ! [MOL., Festin, I, 2]

PROVERBE

    Face d'homme porte vertu, la présence d'un homme sert bien à ses affaires.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Signur baron, de Deu aiez vertu [force] [, Ch. de Rol. LXXX]
    [Il] Nen ad vertut, trop ad perdut del sanc [, ib. CLXIII]
    Pur Karlemagne fist Deus vertuz mult granz [, ib. CLXXVI]
  • XIIe s.
    Vertu me done [donne-moi force] vers cele gent haïe [, Ronc. p. 54]
    Condui ma gent à force et à vertu [, ib. p. 124]
    En Deu ferums vertu, e il à nient demerrat [mènera] les travaillanz nus [ceux qui nous persécutent] [, Liber psalm. p. 78]
  • XIIIe s.
    Li cuens de Champaigne Et li rois d'Espaigne Fussent vil et abattu, Et France fust en vertu [HUES DE LA FERTÉ, Romancero, p. 191]
    Saint Bernars dist : vertus est us de la volenté selonc le jugement de raison [BRUN. LATINI, Trésor, p. 338]
    Il n'est pas des vertus aussi comme des ars ; car qui veult estre bons en aucune art, il ne li convient autre chose que savoir la ; mais en vertu li savoirs n'est pas soffisanz sans l'uevre [ID., ib. p. 269]
    Aime ton Dieu de tout ton cuer et de toute t'ame et de toute ta vertu [ID., ib. p. 78]
    Elle reclaime Dieu et ses saintes vertus [, Berte, XXIV]
    .... et s'entrevienent de si très grant vertu, que chaingles [sangles] ne poitrail ne lor porent aidier que cascuns d'eaus [d'eux] ne cheist à terre [, Chr. de Rains, p. 77]
    Cascun set que compaignie se fait par mariage ; car, si tost comme mariage est fes, li bien de l'un et de l'autre sont commun par le [la] vertu du mariage [BEAUMANOIR, XXI, 2]
  • XIVe s.
    Or avons nous divisé devant les vertus de l'ame, et avons dit que les unes sont vertus de meurs ou morales, et les autres sont vertus intellectuelles [ORESME, Éth. 170]
    Aucune foiz en françois vertu signifie vigueur de corps [ID., ib. 21]
  • XVe s.
    Encore montra-t-elle [l'oriflamme de Charles VI] là de ses vertus [FROISS., II, II, 196]
    Cela allege le cueur et le reconforte [de parler à un ami], et les esperitz reviennent en leur vertu pour parler en ung conseil ou prendre autre labeur [COMM., V, 5]
    Je me merveille d'un abus, Quant et pourquoi en commença à jurer Dieux et ses vertus [E. DESCH., Poésies mss. f° 32]
  • XVIe s.
    Jouer à honnestes jeux, comme aux merveilles, aux estats, aux ventes, aux vertus, aux rencontres et autres [YVER, p. 524]
    Estouffa on la memoire de sa liberalité et de ses faicts d'armes [de Manlius Capitolinus] et recompenses militaires octroyées à sa vertu, parce qu'il affecta depuis la royauté ? [MONT., IV, 160]
    Quand la vertu mesme seroit incarnée, je crois que le pouls luy battroit plus fort allant à l'assault qu'allant disner [ID., I, 339]
    Vertu gist au milieu [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 434]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguign. vatu ; Berry, vartu, propriété ; provenç. vertut, virtut ; espagn. virtud ; ital. virtù ; du lat. virtutem, de vir, homme ; comparez le sanscr. vira (i long), héros.

vertu

VERTU. n. f. Disposition ferme, constante de l'âme, qui porte à faire le bien et à fuir le mal. Vertu sublime, héroïque, rare, éminente, solide, éprouvée. Vertus naturelles, acquises. C'est un homme de grande vertu, de haute vertu. Instruire, former à la vertu. S'avancer dans le chemin de la vertu. L'amour de la vertu. Pratiquer la vertu. Exemple de vertu. Des actes de vertu. On a mis sa vertu à l'épreuve. Exercer sa vertu.

Faire de nécessité vertu, Se résoudre à faire avec courage et de bonne grâce une chose qui est désagréable, pénible, mais qu'on ne peut pas se dispenser de faire.

Fam., Vous avez bien de la vertu se dit à quelqu'un que l'on voit s'imposer une obligation que l'on n'accepterait pas volontiers soi-même.

VERTU se dit aussi des Dispositions particulières propres à telle ou telle espèce de devoirs ou de bonnes actions. Vertu chrétienne. Les quatre vertus cardinales sont la Prudence, la Justice, la Tempérance et la Force. Les trois vertus théologales sont la Foi, l'Espérance et la Charité. La vertu de chasteté, d'humilité, de continence. Les vertus royales. Vertus guerrières, civiques, domestiques.

Il signifie spécialement Chasteté, pudicité, et ne se dit guère qu'en parlant des Femmes. Au milieu d'un monde corrupteur, cette femme a su conserver sa vertu.

Il se dit, par extension, des Personnes vertueuses. Persécuter la vertu. Honorer la vertu. Récompenser la vertu.

Il se dit encore du Pouvoir de produire un certain effet. Vertu occulte, secrète. Vertu spécifique. Les vertus des plantes, des minéraux. Cette plante a une grande vertu, a la vertu de guérir telle maladie.

VERTUS, au pluriel, dans le langage religieux, désigne Un des choeurs de la hiérarchie des anges. Les Dominations, les Vertus et les Puissances.

EN VERTU DE, loc. prép. En conséquence de, par l'effet de, à cause du Droit de. Il a saisi en vertu d'un jugement. Il exerce en vertu des pouvoirs qu'il a reçus. En vertu de telle loi, de telle ordonnance. En vertu de quoi prétendez-vous cela?

vertu

Vertu, Virtus.

Vertu excellente et grande, Virtus ardens.

Vertu qui meine à immortalité, Virtus aeterna.

Vertu contrefaite et fainte, Virtus assimulata.

Les vertus et beaux faits de quelqu'un, dequoy ceux qui viennent apres luy font grande estime, Virtus viri alicuius clara insignis poste ris.

Vertu conduite et avancée le plus haut qu'elle peut aller, Virtus ad sum mum perducta.

Vertu perseverante et constante vainc toutes choses, Pertinax virtus vincit omnia.

Vertu grandement tesmoignée, Contestata virtus.

Vertu assemble et unit les amitiez, Virtus conciliat vel contrahit a micitias.

Vertu ne s'estime point exempte de besongner, Elle est tousjours embeson gnée, Elle n'est pas oiseuse, Immunis non est virtus.

Ces trois vertus sont contraintes d'apprester, etc. Tribus istis virtuti bus necessitates propositae sunt ad eas res parandas quibus actio continetur.

Les vertus de l'esprit sont requises et necessaires en cette guerre, In hoc bello virtutes animi requiruntur.

Vertu contraire à larrecin et violence, quand on se garde de ne prendre rien de l'autruy et ne luy faire violence, Abstinentia.

La maistrise de vertu sur l'appetit desordonné, et sur la sensualité, Tem perantia.

Gens qui monstrent qu'ils sont gens de vertu, Homines in quibus est virtutis indoles.

C'est à faire à vertu de, etc. Hoc virtutis opus, famam extendere fa ctis.

Vertu pert sa vigueur, Obsolescit virtus.

¶ La vertu et signification des paroles, Vis verborum.

¶ Avoir force et vertu, Vim habere.

Qui n'a ne force ne vertu de faire quelque chose, Inefficax.

La vertu de l'esprit, Ingenij praestantia.

Medecine qui a peu de vertu, Medicina imbecillis.

Herbe qui a vertu d'eschauffer, Herba cui inest vis excalfactoria.

Herbe qui n'a nulle vertu à faire medecines, Nullius in medicina mo menti herba.

Cela n'a nulle vertu du monde pour parvenir au souverain bien, ou n'y aide rien du monde, Hoc ne minimi quidem momenti ad summum bonum adipiscendum.

¶ Ils n'ont point eu esgard à vertu, Abfuit virtus ab oculis eo rum.

Qui a vertu, il a tout, Omnia adsunt bona ei quem penes est vir tus.

Delaisser et oublier la vertu de ses ancestres, Virtutem patriam proii cere.

Estimer vertu estre le souverain bien, Ponere summum bonum in vir tute.

Estimer ses vertus aussi grandes que celles d'un autre, AEqui parare suas virtutes ad virtutes alterius.

Estimez tellement vertu, et luy assignez une telle place en vostre reputation, sans laquelle, etc. Virtutem ita locetis sine qua amicitia esse non potest.

Estimans beaucoup plus vertu que toutes autres choses, Virtutem omnibus re bus multo anteponentes.

Tout le monde a ouy parler de sa vertu, Posita in auribus omnium vir tus eius.

Ils sont menteurs non point de ligne, mais pour la vertu du lieu, Mendaces non genere, sed natura loci.

vertu


VERTU, s. f. VERTUEUX, EûSE, adj. VERTUEûSEMENT, adv. [Vêrtu, tu-eû, eû-ze, eû-zeman: 1re ê ouv. 3e lon. 4e e muet.] Vertu est, 1°. en parlant des persones, habitude de l' âme, qui porte à aimer et à faire le bien, comme à abhorrer et à fuir le mal. "Vertu chrétiène ou morale. "Vertus naturelles, aquises, surnaturelles. "La vertu de chasteté, d'humilité. "Instruire, former à la vertu. "L'amour de la vertu; embrasser la vertu; exemple de vertu. "Ici (à St. Cyr.) les divertissemens eux-mêmes sont des leçons de vertu. L'Ab. Du-Serre-Figon. "Le Misantrope n'est point un véritable homme de bien, parce que la vertu, digne de nos respects, est toujours douce, patiente, charitable. Bret.
   Il faut, parmi le monde, une vertu traitable.
   À~ force de sagesse on peut être blâmable.
       Misantr,
  Quelle gloire pour moi peut avoir plus d'apas?
  La gloire n'est jamais où la vertu n' est pas.
       Didon.
= 2°. En parlant des chôses, qualité qui done la force de produire quelque éfet. "Les vertus des plantes, des minéraux. "Cette plante a une grande vertu: elle a la vertu de guérir un tel mal. "Vertu secrète ou oculte. Vertu spécifique.
   J'adorerois un Dieu sans force et sans vertu,
   Reste d'un tronc par les vents abatu,
   Qui ne peut se sauver lui-même!
       Esther.
= En vertu de; à caûse du droit, du pouvoir. "En vertu de quoi prétendez-vous cela? En vertu d'un Arrêt, de l'Ordonance, des privilèges de ma charge.
   REM. L'Ab. Du Bos apèle vertus les talens des Artistes, parce qu'on apèle virtuoses les talens distingués. Il est vrai qu'il a fait imprimer ce mot en italique, pour faire voir qu'il le hazardait. "La munificence de la Reine Élisabeth se répandit sur toute sorte de vertus. — Le peuple le dit aussi dans les Provinces méridionales. "Cette femme, cette fille a beaucoup de vertu, c. à. d. elle sait travailler à toute sorte d'ouvrages. On dit aussi qu'elle a de belles mains. Ces manières de parler, qui ne sont pas françaises, ocasionent souvent des équivoques assez plaisantes. = On ne dit point une vertu, pour, un acte de vertu, comme on dit un crime, pour, une action criminelle. "Une Cathérine de Médicis, qui préféroit d'achever par un crime ce qu'elle auroit pu~ aussi aisément emporter par une vertu. Rayn. H. du Parlem. d'Angl. L'afectation de la symétrie a fait mettre à cet Auteur une vertu, parce qu'il avait mis auparavant un crime. Il aurait pu dire, le crime, la vertu; et cela aurait été plus régulier.
   VERTUEUX, qui a de la vertu. "Homme vertueux; femme três-vertueûse. "Il cherchoit moins à paraître vertueux qu'à l'être en effet. Le Franc.
   Quoiqu'on soit vertueuse, il faut telle paroître.
   Et cela quelquefois coûte bien plus qu'à l'être.
       Regn.
= Il suit ou précède au gré de l'Écrivain, guidé par l'oreille et le goût.
   Si long-tems séparés, deux vertueux amis
   N'avoient-ils que les fers pour se voir réunis.
       Gresset.
Si la rime l'avait exigé, le Poète aurait pu dire aussi, deux amis vertueux.
   VERTUEûSEMENT, d'une manière vertueûse. "Elle a toujours vécu fort vertueûsement.

Synonymes et Contraires

vertu

nom féminin vertu
1.  Disposition à faire le bien.
débauche -littéraire: vice.
2.  Chasteté féminine.
3.  Caractéristique propre à.
Traductions

vertu

Tugendvirtue, morality, vice, virtuousness, righteousnessdeugd, deugdzaamheid, krachtסגולה (נ), צדק (ז)virtutvirtovirtudvirtúvirtudevirtuteдобродетель (vɛʀty)
nom féminin
1. qualité morale La modestie est une vertu.
2. pouvoir de provoquer un effet les vertus stimulantes d'une plante
3. en raison de, en conformité avec en vertu de la loi

vertu

[vɛʀty] nf
(= morale) → virtue
(= propriété) → quality
(autre locution) en vertu de → in accordance with