voire

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voire

adv. [ du lat. vera, de verus, vrai ]
Indique que l'on renchérit sur ce qui précède ; et même : Un voyage de plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Son père est sévère, voire autoritaire.

voire

(vwaʀ)
adverbe
et même, et aussi Elle est désagréable, voire méchante.

VOIRE

(voi-r') adv.
Vraiment (sens qui est le sens propre et qui a vieilli).
Et, comme les Normands, sans lui répondre voire [RÉGNIER, Sat. III]
Que l'on dresse un lit à ce gentilhomme : voire, qui en aurait, dit l'hôtesse ; il ne m'en restait qu'un que je viens de donner à un marchand du Bas-Maine [SCARR., Rom. com. I, 6]
Même.
Je puis faire arriver en six jours, voire en six heures, ce qui s'est passé en six ans [CORN., Sertor. Au lecteur.]
Chapitres, non de rats, mais chapitres de moines, Voire chapitres de chanoines [LA FONT., Fabl. II, 2]
Résolue de demeurer veuve, voire de mourir plutôt que de tenter un second hasard [ID., Psyché, II, p. 128]
Il se joint souvent au mot même.
Ce remède est inutile, voire même pernicieux [, Dict. de l'Acad.]
On s'y instruit de choses qui ne se trouvent pas dans les livres les plus graves, voire même dans l'Encyclopédie [ARNAULT, Loisirs d'un banni, t. II, p. 104, dans POUGENS]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    S'il volt ostages, il en aurat par veir [, Ch. de Rol. VI]
  • XIIe s.
    Au mont n'a [au monde il n'y a], voir, si cruel traïson Qu'un bel semblant et courage felon [, Couci, IX]
  • XIIIe s.
    Je l'eüsse gehi [avoué], Voire le premier jour que je oncques vins ci [, Berte, CXVIII]
    Bien s'en vestiroient as festes Empereor, ou roi, voire ange [, la Rose, 20 435]
  • XVe s.
    Au dire voir, ils [les nobles] n'estoient qu'une poignée de gens dedans, au regard de la communauté du royaume d'Angleterre [FROISS., I, 1, 32]
    Prince, aujourd'hui [je] voy tout anientir, Le voir cesser, et regner le mentir [E. DESCH., Poésies mss. f° 118]
  • XVIe s.
    Voire mais, comment seroit-il possible de trouver un taureau si grand, dit l'estranger ? [AMYOT, Lyc. 31]
    Je voys au moins de loing après [ces auteurs], disant que voire [disant oui, approuvant] [MONT., I, 155]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard, voire, vrai, oui-da ; bas-norm. vère (dans l'arrondissement de Valognes, dit le Dict. franco-normand de Métivier, Londres, 1870, les enfans jouent à un jeu qui consiste à répondre à toutes les questions sans se servir des particules négatives et affirmatives, et ils disent en commençant : Je te défends de dire ni oui ni non ni vère, jusqu'à ce que je sois repassé de la feire) ; bourguig. voy, vrai : dy mey voir, dis-moi vrai ; du latin verus, vrai. Voir ou voire signifiait vrai, et il a été pris adverbialement pour vraiment.

voire

VOIRE. adv. Vraiment. Il s'emploie comme réponse à la fois ironique et dubitative à une assertion trop catégorique. C'est le plus grand écrivain de cette époque. Voire.

Il signifie aussi Même. Tout le monde était de cet avis, voire monsieur un tel, qui n'est jamais de l'avis de personne. On le joint souvent au mot Même. Ce remède est inutile, voire même pernicieux.

voire

Voire, adverb. penac. Certe, Sane, Il vient du Latin, Vere, voyez Voir.

Voire dea, tu ne luy as pas voulu estre moleste, Huic tu molestus esse videlicet noluisti.

Voire dea, Ouy dea, Je croy bien que voire, mot dit par mocquerie, Sci licet.

Voire dea, on s'en soucie bien: comme qui diroit, Penses tu que le peuple s'en soucie? il ne s'en soucie nullement, Id populus curat scilicet.

Voire dea que nous, etc. Scilicet expectemus legitimum illud quin quennium.

Voire mais je ne puis pas tout seul, vien ici hastivement, Etenim nequeo solus, accurre huc.

Voire mais di moy que c'est, Quin dic quid est.

Voire mais vous me direz, c'est un homme debonnaire qui, etc. At mo res commodi: quis contumacior?

Voire vrayement je le croy, que, etc. Scilicet id agitur, vtrum hac pe titione, etc.

Vrayement voire, autant qu'à ceste heure, Nempe vt modo.

Apres que je seray sorti d'ici, fay de moy ce que tu voudras, voire jusques à me tuer, Vbi ego hinc abiero, vel occidito.

Un senateur, voire et qui estoit le plus povre, Vnus senator, vel te nuissimus.

Voire et qui plus est, si, etc. Immo etiam si alterum tantum per dendum est, perdam potius.

On ne sçauroit recompenser son pere, ou luy rendre le plaisir, voire encore qu'il soit mauvais, Persolui gratia non potest, nec malo patri.

Voire et si luy en souvient bien, Cognoscitne? G. Ac memoriter.

voire


*VOIRE, VOIREMENT, adv. Vieux mots, Dans les derniers tems où voire était en usage, il se prononçait voare, mais plus anciènement on prononçait vère, puis qu'on le faisait rimer avec des noms en aire. Dans le roman de La Rose, la Natûre dit, en parlant de Dieu.
   Cettuy grand Sire tant me prise,
   Qu'il m'a pour sa Chambrière prise,
   Pour sa Chambrière certes, voire;
   Pour connestable ou pour vicaire.
On disait alors vraiment voire, voire mais, voire même. On le dit encôre dans le burlesque, le grivois et le poissard.
   .......Vraiment voire.
   Ils feroient, ces Messieurs là,
   Si l'on vouloit les en croire,
   Danser et Phèdre et Cinna.
       Les Comédiens Corsaires.
— * Voirement, à la vérité. Il était encôre en usage au comencement du dernier Siècle. "Il y a voirement quelques articles, qui semblent n'avoir plus aucun usage. S. Fr. de Sales.

Traductions

voire

even

voire

sogar

voire

anzi

voire

[vwaʀ] adv (= et même) → indeed, or even