vous

vous

pron. pers. [ lat. vos ]
1. Désigne la deuxième personne du pluriel, aux deux genres, dans les fonctions de sujet ou de complément : Vous êtes mes meilleurs élèves. Elle vous a ignorées toute la soirée. Il vous réunira la semaine prochaine. La plupart d'entre vous ont déjà vu ce film.
2. Reprend le sujet de la deuxième personne du pluriel dans les formes verbales pronominales : Je sais que vous vous ennuyez. Vous vous parlerez plus tard.
3. S'emploie en apposition au pronom sujet ou complément dans certaines formules d'insistance : Vous, vous ferez la vaisselle. Et vous, qu'en pensez-vous ?
4. S'emploie en apostrophe : Vous, là-bas, venez ici !
5. Représente, comme complément, une ou des personnes indéterminées : Ces paysages sont si beaux qu'ils vous enchantent.
6. Forme de politesse remplaçant tu et désignant la personne à qui l'on s'adresse : Monsieur, auriez-vous un peu de temps à m'accorder ? Madame, vous êtes venue trop tard.
Dire vous à qqn,
le vouvoyer.

VOUS

(vou ; l's se lie : vou-z-êtes) pronom pers. plur. de la seconde personne
Il se dit quand on adresse la parole à plusieurs personnes.
Messieurs, je vous adjure.... Vous et celui qui vous mène, vous périrez [FÉN., Tél. I]
On s'en sert aussi au singulier par civilité, et alors ce qui s'y rapporte se met au singulier. Ils se disent vous l'un à l'autre.
Qu'elle me parle de vous, et quoi encore ? de vous, et toujours de vous [SÉV., 50]
Agrippine : Britannicus est mort : je reconnais les coups ; Je connais l'assassin. - Néron : Et qui, madame ? - Agrippine : Vous [RAC., Brit. v, 6]
Ce ne fut que longtemps après lui [César] que les hommes s'avisèrent de se faire appeler vous au lieu de tu, comme s'ils étaient doubles [VOLT., Dict. phil. Quakers]
Vous, le frère de la belle Cunégonde ! vous qui fûtes tué par les Bulgares ! vous, le fils de M. le baron ! vous, jésuite au Paraguay ! il faut avouer que le monde est une étrange chose [ID., Candide, 14]
Je dois des remerciements à tout le monde et, vous, monsieur, à qui j'en dois le plus, êtes celui à qui j'en fais le moins [J. J. ROUSS., Lett. à Davenport, 7 févr. 1767]
Et vous êtes un père de famille, vous ? [DIDER., Père de famille, III, 10]
Vous, régime direct ou indirect, se place avant le verbe dont il est le complément. Il vous aime. Il vous fait du bien. Cependant, quand il est régime indirect, on peut, pour marquer plus de force, le mettre après le verbe avec à.
Je ne sais s'ils me blâment de vous aimer ; mais sûrement ils ne me blâmeront pas d'être dévouée à vous, quand je vous aime [STAËL, Corinne, VIII, 1]
À l'impératif, vous régime se place après le verbe. Soignez-vous. Mais, quand il y a deux verbes de suite à l'impératif, si le second est réfléchi, on peut mettre vous avant le verbe.
Aspirez aux clartés qui sont dans la famille, Et vous rendez sensible aux charmantes douceurs.... [MOL., F. sav. I, 1]
Dans les interrogations, vous, sujet, se met après le verbe, et vous, régime, se met avant.
Que faites-vous ? D'où venez-vous ? De quoi vous êtes-vous avisé de charger les enfers d'une si dangereuse créature ? [BOILEAU, Les héros de romans.]
Après votre, à vous se met quelquefois pour indiquer d'une façon expressive la possession.
Votre régiment à vous, continua M. de Germond, ne sera pas mis en activité de sitôt [STAËL, Corinne, VI, 4]
Vous devant le verbe être exprime quelquefois des liens de parenté ou d'amitié.
J'ai bien des raisons, monseigneur, pour bien vivre avec eux ; mais ce qu'ils vous sont en serait une suffisante pour moi [MAINTENON, Lettre au Cardin. de Noailles, 24 oct. 1700]
Dans un sens indéfini. Elle est si belle que vous ne sauriez vous empêcher de l'admirer.
Ah ! que pour ses enfants un père a de faiblesse ! Peut-on rien refuser à leurs mots de tendresse ? Et ne se sent-on pas certains mouvements doux, Quand on vient à songer que cela sort de vous ? [MOL., Mélic. II, 5]
C'était un homme âgé, mais grand, d'une belle figure et de bonne mine, d'une physionomie qui vous rassurait en la voyant, qui vous calmait, qui vous remplissait de confiance [MARIV., Marianne, 6e part.]
Vous explétif.
Plein d'un juste courroux, Il vous prend sa cognée, il vous tranche la bête [LA FONT., Fabl. VI, 13]
Le rustre, en paix chez soi, Vous fait argent de tout, convertit en monnaie Ses chapons, sa poulaille,.... [ID., ib. XI, 3]
Il vous eût arrêté le carrosse d'un prince ; Il vous l'eût pris lui-même [RAC., Plaid. I, 5]
Le chameau se rengorge, il vous fait le gros dos [LAMOTTE, Fables, IV, 14]
Ils vous créent un monde aussi aisément que l'abbé de l'Attaignant fait une chanson [VOLT., Lett. Thiriot, 15 sept. 1768]
C'est un petit cheval qui, au moindre coup d'éperon, vous court au grand galop [ID., Lett. d'Argental, 5 févr. 1772]
Vous est aussi explétif dans cette phrase de Mme de Sévigné :
Je vous embrasse, très chère petite, et vous baise vos belles joues [SÉV., à Mme de Grignan, 1 juill. 1671]
Uni avec même, il marque plus expressément la personne. Vous-mêmes, ou, quand il s'agit d'une seule personne, vous-même.
Vous en allez juger vous-même tout à l'heure [BOILEAU, Héros de romans]
Avocat, De votre ton vous-même adoucissez l'éclat, [RAC., Plaid. III, 3]
Vous êtes, vous n'êtes pas vous-même, vous restez, vous ne restez pas fidèle à votre caractère.
Je ne vous connais plus ; vous n'êtes plus vous-même [RAC., Andr. III, 1]
Mes mânes sont contents ; soyez toujours vous-mêmes, De vos rois, de l'État, défenseurs glorieux [GILB., Ode aux officiers, sur la mort de Louis X]
Vous deux, se dit de deux personnes à qui l'on parle.
Ce n'est pas vous [Boissonade] qui succédez à M. Ameilhon, ni Coraï non plus ? il y a en France quelqu'un plus habile que vous deux ? [P. L. COUR., Lett. II, 67]
Un autre vous-même, voy. MÊME, n° 12.
De vous à moi, entre nous et sans que ce que je vous dis aille plus loin. De vous à moi, signifie aussi entre nous deux, qui nous connaissons.
Hernani : Quoi ! vous portiez la main sur cette jeune fille ! C'était d'un imprudent, seigneur roi de Castille, Et d'un lâche ! - Don Carlos : Seigneur bandit, de vous à moi Pas de reproche ! [V. HUGO, Hernani, II, 3]
10° Chez vous, votre maison, votre famille. Je vous prie de faire mes compliments chez vous.
11° Pour l'emploi de vous comme pronom réfléchi, voy. SE, REM. 3, 4, 5, 7, 8, 9 et 10.

REMARQUE

  • 1. Quand vous est joint à un sujet de 3e personne, le verbe se met à la seconde personne du pluriel, et on répète vous ; cependant on peut aussi le supprimer. Vous et lui, vous partirez ensemble ; vous et lui, partirez ensemble.
  • 2. Quand il y a plusieurs verbes, les vous qui suivent le premier peuvent être supprimés.
    Ainsi votre forêt prend un aspect moins rude ; Vous charmez son effroi, peuplez sa solitude, Animez son silence, et goûtez à la fois Les charmes d'un bienfait et le charme des bois [DELILLE, Jard. II]
  • 3. C'est vers la fin de l'empire romain qu'on a commencé à dire vous au lieu de tu. De là cette forme de langage est devenue générale.
    Au reste il y avait déjà tendance chez les Latins à dire vos à une seule personne, quand avec cette personne on pouvait joindre par la pensée celles qui l'accompagnaient : Vos, o Calliope, precor, adspirate canenti [VIRG., Aen. IX, 525]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    E dist al rei : or ne vus esmaiez [, Ch. de Rol. III]
  • XIIIe s.
    Seigneur, fait il, escoutés, je vous loeroie [conseillerais] une chose, se vous vos i accordez [VILLEH., XXV]
    Si qu'à Dieu et au siecle la bonté de vous pere [paraisse] [, Berte, IV]
  • XVe s.
    Ces gens d'armes vous commencerent à abatre ces Flamands [FROISS., II, 2, 184]
    Lettres du roy seellées de son grant seel, données ce dict jour, 7e jour de juillet, ainsi signées : Jean Millet, soubs la congregation de ceux qui avoient esté audit conseil, c'est à sçavoir le duc de Bourgogne, le connestable de France, vous le chancelier d'Acquitaine, le chancellier de Bourgongne et plusieurs autres [en ces lettres, vous le chancelier signifie le chancelier] [MONSTREL., t. I, ch. 105, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Et à vous rien que vous ne se doit egaler [DESPORTES, Élégies, I, 17]
    Si j'avois la force de mesme le couraige, je vous les plumeroys comme ung canart [RAB., Garg. I, 42]
    Elle vous avoit un corset.... [MAROT, I, 201]
    Donc puis qu'amour m'a voulu arrester Pour vous servir, plaise vous me traiter, Comme voudriez vous-mesme estre traitée, Si vous estiez par amour arrestée [ID., I, 351]
    Vous me povez faire heureux devenir, En vous daignant vous souvenir [SAINT-GELAIS, 125]
    Quant au trespas, sça' vous [savez-vous] quand ce sera ? [DU BELL., VII, 26, verso.]
    Quelle raison av'ous [avez-vous], quant à ce poinct, De commander qu'on ne vous ayme point ? [ID., VII, 30, verso.]
    Pourquoy foulez-vous mon peuple, et froissez la face des pauvres ? [LANOUE, 14]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon et bourg. vo ; picard, vos ; prov. esp. et port. vos ; ital. voi : du lat. vos ;du grec vous deux ; sanscr. vas.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    VOUS. - REM. Ajoutez :
  • 4. Avec un verbe à l'impératif, vous ne se met pas. Cependant Régnier a écrit : Il me dit : vous soyez, monsieur, le bien venu ! Sat. X. Cela n'est plus usité.

vous

VOUS. pronom personnel des deux genres, dit de la seconde personne du pluriel. Il sert à désigner Ceux, celles à qui l'on parle où à qui l'on écrit. Il s'emploie comme sujet, comme attribut et comme complément avec ou sans préposition.

VOUS, sujet, se place avant le verbe, sauf dans les propositions interrogatives où il le suit. Messieurs, vous êtes les bienvenus ici. Où allez- vous?

VOUS peut être attribut. C'est vous.

VOUS, complément direct ou complément indirect sans préposition, se place avant le verbe, sauf dans les phrases impératives sans négation où il se place après. Il vous aime. D'où vous vient cette crainte? Ménagez-vous. Dites-vous bien cela.

VOUS, complément précédé d'une préposition, se place toujours après le verbe, l'adjectif ou l'adverbe auquel il se rapporte. Nous parlions de vous. Il est très satisfait de vous. Je ne sais rien relativement à vous.

VOUS se répète lorsqu'on veut insister sur la personne, donner plus d'énergie à la phrase. Vous, vous êtes bon. On vous a fait cela, à vous!

Il se place par répétition après plusieurs pronoms sujets du verbe dont aucun n'est à la première personne et dont l'un est à la seconde. Toi et lui, vous êtes mes meilleurs amis. Vous et lui, vous m'avez rendu un service signalé.

Fam., Vous autres, Vous, de votre côté; Vous, tant que vous êtes de personnes du même rang, du même avis, etc. Nous allons rester ici, vous autres vous rentrerez chez vous. Il vous faut, à vous autres, un plus grand train.

Vous-même. Voyez MÊME.

VOUS est quelquefois simplement explétif et alors il est presque toujours familier. Dans sa colère Il vous prit un bâton. En moins de rien, ils vous fabriquent des systèmes.

VOUS s'emploie, par politesse ou par déférence, comme pronom de la seconde personne du singulier, au lieu de Tu, te, toi; ce qui s'y rapporte se met alors au singulier. Vous êtes bien bon. Je vous ai aperçu de loin. Je m'adresse à vous, monsieur, pour cette affaire.

vous

Vous, Est un pronom, com. gen. De la seconde personne, singulier et pluriel, ores qu'il vienne de Vos pronom Latin, qui n'est qu'en pluriel, comme, Vous Pompée guerroyerez en Asie, Tu Pompei bellum in Asia geres. Vous Caton et Ciceron tiendrez la main aux affaires de la ville, Vos Cato et Cicero rebus vrbanis aderitis. L'Espagnol dit Vos, et l'Italien Voi en mesme sorte, horsmis que l'Espagnol use de cette diction Vos, en despris et ravallement d'estime de celuy à qui il parle, là où le François use de cette diction Vous (comme fait aussi l'I talien de la sienne Voi) par courtoisie et gracieuseté envers celuy à qui ils parlent, ores qu'ils ayent ce pronom Tu, pour le singulier de la se conde personne. Ainsi dira l'Espagnol, à un moindre que luy, Vos dezis, par rabbais, auquel le François dira par courtoisie, vous dictes, et l'Italien Voi dite, pouvans tous deux user de Tu. Vous, ne se rap porte quelquesfois à la deuxieme personne à qui on parle, ains est par ticule expletive sans plus, comme recitant ce qu'un autre a fait ailleurs, et qui ne concerne aucunement la personne à qui on le raconte, dit-on Il vous court de si grande roideur, ce qui est autant comme si on disoit nuëment, Il court de si grande roideur. Le mesme pronom est mis quelquesfois par les Latins expletivement aussi, comme a fait Ciceron en l'Epistre XIII. du premier livre Ad Atticum. Hic, tibi Cato rostra aduolat. Qui n'est non plus que s'il eust mis, Hic, Cato rostra aduolat.

vous


VOUS, pron. pers. pluriel de la 2de persone. Il sert aussi pour le singulier; avec cette diférence, que l'adjectif ou le participe suit le nombre des persones à qui l'on parle. On dit à un seul: vous êtes bien bon; et à plusieurs: vous êtes bien bons. — Vous, de vous, à vous, vous, de vous. = Le génitif ne se dit que quand vous est au plur. et avec aûtres: c' est l'erreur de vous aûtres Gens de Letres de croire que, etc. Hors de là, on dit, votre et vos, et non pas de vous: = 2°. Le datif à vous se dit quelquefois, et c'est quand il précède le verbe; et alors il peut être répété après le verbe. "C'est à vous que je m'adresse dabord, à vous qui etc. "À~ vous le bouquet, à vous à faire. Ordinairement on se sert de vous: je vous le done, et non pas, je le vous done. — Quelquefois on met vous et à vous dans la même phrâse. "Je vous le dis à vous en particulier: on vous donera à vous et à vos compagnons l'argent, etc. Voy. NOUS. Le pronom personel vous n'en difère que parce qu'il a un vocatif: ô vous! Voy. Aussi TOI. = 3°. Pour les titres de grandeur, come votre Majesté, votre Altesse, votre Éminence, etc. lorsqu'on écrit une Lettre, qui n'est pas longue, on dit toujours votre Majesté, ou Elle, jamais vous; et Elle doit être plus souvent répété que votre Majesté. Que si c'est une longue lettre ou un discours de longue haleine, on peut dire tantôt Vous, tantôt votre Majesté, mais plus souvent celui-ci. Il y a même des endroits où il faut absolument dire vous, comme: vous êtes, Sire, non seulement le plus grand des Rois, mais le plus grand des Hommes. On dira bien: votre Majesté est éclairée; mais on ne dira point: votre Majesté est le plus éclairé, ou, la plus éclairée de tous les Rois. Il faut alors se servir de vous, et dire, vous êtes, Sire, etc. — Pour ce qui est des aûtres titres de grandeur, moindres que la royale, il ne faut faire aucune dificulté de méler l'un avec l' aûtre. Vaug. Corn. L. T. = 4°. On dit, en st. famil. De vous à moi; entre nous et sans que cela âille plus loin.

Traductions

vous

euch, ihr, Sie, Ihnen, dich, dir, videoüberwachtyou, thee, thou, to you, yejullie, u, , aanje, aanjullie, aanu, ge, je, naaru, jijאתם, אתן, אַתֶּם, אַתֶּןvyεσείς, σεviusted, ustedes, vosotros, osteतुमandaLei, voi, laあなたたちwyвы你们, uDu당신duคุณ (vu)
pronom personnel
1. pour représenter un groupe de personnes Vous resterez tous ici.
2. pour s'adresser à une seule personne Je ne vous connais pas. Un café, s'il vous plaît !

vous

[vu]
pron
(sujet) → you
Vous aimez la pizza? → Do you like pizza?
(objet direct) → you
Je vous aime → I love you.
(objet indirect) → to you, you
Je vous écrirai bientôt → I'll write to you soon., I'll write you soon. (USA)
Je vous le donnerai → I'll give it to you., I'll give you it.
(réfléchi)yourself
Vous vous êtes fait mal? → Have you hurt yourself?
(réciproque)each other, one another
Vous vous voyez souvent? → Do see each other often?, Do you see one another often?
nm
employer le vous → to use the "vous" form, to use the polite form
vous-même [vumɛm] pronyourself
vous-mêmes → yourselves
Vous l'avez fait vous-même? → Did you do it yourself?