zoïle

ZOÏLE

(zo-i-l') s. m.
Nom propre d'un ancien critique (Ζωίλος), célèbre par son acharnement à censurer Homère.
Fig. Mauvais critique.
Comment avez-vous pu imaginer, mon cher et illustre maître, que j'aie eu l'intention de vous comparer à Zoïle? je ne suis ni injuste ni sot à ce point-là [D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 31 juill. 1762]
Fig. et abusivement. Critique envieux et méchant (on met une majuscule).
Peu s'en fallut que le Zoïle couronné [Caligula], condamnant à l'oubli les noms d'Homère, de Virgile et de Tite-Live, ne fit enlever des bibliothèques les ouvrages et les statues des deux derniers [DIDER., Claude et Nér. I, 5]

REMARQUE

  • On prétend que ce fut l'envie qui l'engagea à écrire contre Homère, et que c'est ce qui a fait que tous les envieux ont depuis été appelés du nom de Zoïles [BOILEAU, Réfl. crit. sur Longin, Réfl. V]
    M. A. Pierron, Iliade, t. II, p. 582, Append VI, rectifie ainsi le dire de Boileau : Le nom de Zoïlus en latin est synonyme d'envieux (Martial, Epigr. IV, 77). Mais le Zoïle grec n'était point un envieux, c'était un mauvais critique. Ce sont les Latins qui ont fait l'antonomase de Zoïle mauvais critique en critique envieux, peut-être trompés par le rapport apparent entre Ζωίλος et ζῆλος. La seule signification légitime de ce mot, comme nom commun, est mauvais critique.

zoïle

ZOÏLE. n. m. Critique envieux et méchant, par allusion à un ancien critique d'Homère. Il s'est fait le Zoïle de ce poète. C'est un Zoïle.

zoïle


ZOïLE, s. m. Nom d'un injuste Censeur d' Homère. On le dit de tous les Envieux et mauvais Critiques.
   Les froids Censeurs, les Zoïles secrets.       Gresset

Traductions

zoïle

Zoïlus