ébaudir

(Mot repris de ébaudi)

s'ébaudir

v.pr. [ de l'anc. fr. bald, joyeux ]
Litt., vieilli Se réjouir ; se divertir.

ÉBAUDIR

(é-bô-dir) v. a.
Terme familier. Mettre en allégresse.
Je voulais tant soit peu m'ébaudir les esprits [SCARRON, Jodelet, IV, 4]
J'ébaudirai Votre Excellence Par des airs de mon flageolet [VOLT., Lett. en vers et en prose, 1]
S'ébaudir, v. réfl. Devenir ébaudi.
Allons nous ébaudir et dîner tous ensemble [BOURSAULT, Mots à la mode, sc. 15]
Pour n'avoir pas l'air d'un parent malheureux, je m'ébaudissais à la noce [CHATEAUB., Itin. II, 8]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Si s'esbaldissent Franc [, Ch. de Rol. CXIV]
  • XIIe s.
    Pour nostre roi devons estre esbaudi [pleins de courage] [, Ronc. p. 56]
    Li estor [le combat] fu durement esbaudis [, ib. p. 72]
    Ne pourquant il manja assez tout à loisir, E ad fait bel semblant pur les suens [siens] esbaudir [, Th. le martyr, 47]
  • XIIIe s.
    Et quant il furent acreu de gent, si s'es baudirent plus, et chevauchierent plus seurement qui devant [VILLEH., CLV]
    Car chascun qui de ses amors Oit [entend] parler, moult s'en esbaudit [, la Rose, 2687]
  • XVe s.
    Pour esbaudir armes, et chevalerie accroistre [MONSTRELET, I, 2]
  • XVIe s.
    L'yvresse donne aux personnes d'aage le courage de s'esbaudir en danse et en la musique [MONT., II, 19]

ÉTYMOLOGIE

  • Es- préfixe, et l'ancien adjectif baud, bald, hardi ; provenç. baut ; ital. baldo ; de l'anc. allem. bald, hardi ; angl. bold ; wallon, ebadi ; provenç. esboldir, esbaudir ; anc. ital. sbaldire.

ébaudir

ÉBAUDIR. v. tr. Mettre dans une joie bruyante et agitée. Il nous a ébaudis avec son récit extravagant.

Il s'emploie surtout pronominalement. Cette promenade fut pour nos enfants une belle occasion de s'ébaudir. Il est vieux et familier.

ébaudir


*ÉBAUDIR, v. a. ÉBAUDISSEMENT, s. m. Récréer, récréation. Ils sont vieux, et ne peuvent plus être bons que pour le burlesque. Ebaudir ses esprits; s'ébaudir. "Vous tous, Critiques à la journée, à la quinzaine, au mois, ébaudissez-vous bien, vous ne me ferez surement aucun mal, dit dans son dépit M. du B... auteur du vieux Garçon, Comédie.