élancé, ée

ÉLANCÉ, ÉE

(é-lan-sé, sée) part. passé.
Qui a pris son élan. Un chien élancé après sa proie. Terme de blason. Cerf élancé, cerf courant.
Lancé.
La poussière s'élève et le char balancé Vole dessus l'essieu comme un trait élancé [GARN., Hippolyte, V]
Ces volcans infernaux jusqu'au ciel élancés [VOLT., Triumv. I, 1]
Son sang [de Charles IX], à gros bouillons de son corps élancé, Vengeait le sang français par ses ordres versé [ID., Henriade, III]
Leur tribu [des brames].... de son front [de Brama] élancée [C. DELAV., Paria, I, 1]
Fig.
Et les yeux vers le ciel de fureur élancés [BOILEAU, Sat. IV]
Jusques au ciel mille cris élancés [RAC., Phèd. III, 3]
J'aurais dit au poëte élancé vers la gloire.... [V. HUGO, Odes, II, 1]
En parlant de la conformation du corps, qui est mince et bien pris. Une taille élancée.
Le prince de Léon était un grand garçon élancé, laid et vilain au possible [SAINT-SIMON, 189, 29]
Par extension. Les cathédrales élancées, qui furent bâties durant le moyen âge.
Dont les dimensions en hauteur et en longueur l'emportent beaucoup sur les dimensions en largeur. Cheval élancé, cheval dont le corps est efflanqué. Arbre élancé, arbre dont le tronc s'élève très haut sans branches. Branches élancées, branches plus longues que ne sembleraient le comporter les autres dimensions du végétal.
C'est un défaut à un arbre que d'y voir des branches élancées [LA QUINTINYE, Jardins, t. I, dans RICHELET]
Terme de zoologie. Se dit d'une coquille spirivalve dont le cône spiral avance beaucoup plus en hauteur qu'en largeur. Terme de marine. Se dit des couples de l'avant qui sont dévoyés ; d'une proue saillante ; d'un navire qui a beaucoup d'élancement.