éloigné, ée

ÉLOIGNÉ, ÉE

(é-loi-gné, gnée) part. passé.
Placé loin. Un favori éloigné de la cour. Lyon est plus éloigné de Paris que Dijon.
Depuis plus de six mois éloigné de mon père, J'ignore le destin d'une tête si chère [RAC., Phèd. I, 1]
Terme d'histoire naturelle. Écailles éloignées, écailles éparses à la surface du corps de l'animal sans se toucher. Feuilles éloignées, feuilles plus distantes entre elles qu'elles ne le sont dans la plupart des plantes.
Qui est au loin, dans l'espace ou dans le temps. Pays, temps éloigné.
Les biens qu'ils font s'étendent jusque dans les siècles les plus éloignés [FÉN., Tél. XXIV]
Il se dit de ce qui est séparé par un intervalle que l'on compare à une distance matérielle.
On voit, et dans sa maison et dans sa conduite, avec des mœurs sans reproches, tout également éloigné des extrémités [BOSSUET, le Tellier.]
Il n'y a point d'avantages trop éloignés à qui s'y prépare par la patience [LA BRUY., XII]
Qui s'écarte, qui diffère. Ce récit est éloigné de la vérité.
Aussi, comme son but est différent du mien, Je dois prendre un chemin fort éloigné du sien [CORN., Suite du Ment. II, 3]
L'esprit de l'Église est bien éloigné de ces maximes [PASC., Prov. 14]
Adverbialement.
Bien éloigné que les explications excusent le livre, elles en découvrent... [BOSSUET, Préf.]
Cet emploi n'est plus guère usité ; on dit plutôt bien loin que.
Il se dit des personnes en un sens analogue. Être bien éloigné de faire une chose, n'en point avoir l'intention ou le pouvoir.
Il était bien éloigné de jouir du plaisir de cette victoire [FÉN., Tél. XVI]
Jamais femme ne fut plus éloignée de toute espèce de coquetterie [Me DE GENLIS, Théât. d'éduc. la Mère rivale, I, 3]
Être bien éloigné de compte, n'être pas d'accord avec quelqu'un. Être éloigné de son compte, se tromper dans ses prévisions.