émier

(Mot repris de émie)

ÉMIER

(é-mi-é) , j'émiais, nous émiions, vous émiiez, que j'émie, que nous émiions, que vous émiiez v. a.
Froisser un corps entre les doigts de manière à le réduire en petites parties. Émier de l'alun.
Émiant, quant à moi, du pain entre mes doigts [RÉGNIER, Sat. X]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    [Nef] Qui va là où vens l'empaint [pousse], Si que toute esmie et fraint [, Couci, III]
    Puis entrad li poples de la terre el temple Baal, et destruistrent les altels, e les imagenes esmierent vassalement [bravement] [, Rois, p. 388]
  • XIIIe s.
    .... Si dent [ses dents] Ensamble si s'entrehurtoient Que por un poi ne s'esmioient [, Lai du trot]
    Nous eussions hurté à tout plein de roches qui estoient couvertes, là où nostre nef eust esté toute esmiée, et nous touz peris et noiez [JOINV., 283]
  • XVIe s.
    Du pain esmié [O. DE SERRES, 252]
    Comme la terre se rend fertile, plus elle est esmiée et profondement remuée [MONT., IV, 235]

ÉTYMOLOGIE

  • É- pour es- préfixe, et mie au sens de parcelle (voy. MIE).
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

émier

ÉMIER. v. a. Froisser un corps entre les doigts, de manière à le mettre en petites parties. Émier du pain, de la cassonade, de l'alun. Prenez garde d'émier cela.

Dictionnaire de L'Académie française 6th Edition © 1835

emier

Emier, Qu'on escrit aussi esmier, briser la miete du pain, Micam panis minutatim comminuere.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

émier


ÉMIER, v. a. ÉMIETTER, v. a. [Émi-é, émiété: dans le 2d. le 2d e se change en è moy. devant la syll. masc. "Il émiette, il émiettera, ou, émiète, émiètera.] Ces deux verbes ont à-peu-près le même sens. Réduire en petits morceaux, en miettes. Emier, émiéter du pain, de la cassonade, etc. "Cela s'émie; prenez garde de l'émier, de l'émiéter.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788