énerver

(Mot repris de énervait)

énerver

v.t. [ lat. enervare, couper les nerfs ]
Provoquer l'irritation, la nervosité : Tu nous énerves avec tes sarcasmes exaspérer agacer, excéder ; apaiser, calmer, détendre

s'énerver

v.pr.
Perdre le contrôle de soi-même : Au bout d'une heure d'attente, les spectateurs se sont énervés s'impatienter

ÉNERVER

(é-nèr-vé) v. a.
Faire subir le supplice de l'énervation.
Terme de vétérinaire. Couper le tendon des muscles releveurs de la lèvre supérieure pour donner plus de finesse au nez.
Ôter le nerf, la force physique ou morale.
Il y a des pays où la chaleur énerve le corps et affaiblit si fort le courage que les hommes ne sont portés à un devoir pénible que par la crainte du châtiment [MONTESQ., Esp. XV, 7]
La cour et l'esclavage Amollissaient leurs cœurs, énervaient leur courage [VOLT., Brut. I, 3]
Ta secte obscure et basse avilit les mortels, Énerve le courage et rend l'homme stupide [ID., Fanat. II, 5]
Absolument. Les voluptés énervent. Une excessive chaleur énerve et accable.
Fig. Énerver le langage, le style.
On énerve la religion quand on la change, et on lui ôte un certain poids qui seul est capable de tenir les peuples [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Il énerve l'autorité du conseil [ID., Hist. II, 5]
C'est nous qui, par nos artifices, trouvons le moyen d'énerver leur zèle et de corrompre même leur fidélité [BOURDAL., Jugem. dern. 2e avent, p. 340, dans POUGENS]
Il représenta au tyran de Sparte que les Romains avaient entièrement énervé son pouvoir en lui ôtant les villes maritimes, puisque c'était de là qu'il tirait ses galères [ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. VIII, p. 330, dans POUGENS]
Cette subtilité exaltée et fugitive, souvent plus propre à énerver le goût qu'à le raffiner [D'ALEMBERT, Éloges, d'Olivet.]
Le plus terrible des abus, qui est d'énerver toutes les lois à force de les multiplier [J. J. ROUSS., Gouvern. de Pologne, ch. 7]
S'énerver, v. réfl. Être énervé. Le courage s'énerve au milieu des voluptés.
L'empire s'énerve par le relâchement de la discipline [BOSSUET, Hist. III, 7]
Controverses assidues qui ne laissaient pas s'énerver la vigueur de la pensée [VILLEMAIN, Dict. de l'Acad. Préface]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Leur science en partie ton grant pooir enerve, Leur povreté est dame, et ta richece est serve [J. DE MEUNG, Test. 677]
  • XVIe s.
    La confession genereuse et libre enerve le reproche et desarme l'injure [MONT., IV, 114]
    Eschauffer et alterer une ame refroidie et enervée par l'aage [ID., III, 380]
    L'empereur s'est saezy des villes imperialles de Cambray, Utrecht et du Liege qu'il a enervées de l'empire, les ayant unies et incorporées à sa comté de Flandres [CARLOIX, IV, 8]
    Il n'avoit pas voulu lui accorder environ dix mille livres de rente à prandre et enerver sur le plus beau et clair domaine de l'abbaye de St-Denis, pour joindre et incorporer à sa ville de Beaumont-sur-Oise [ID., IX, 32]
    Enervez de delices [AMYOT, Caton, 10]

ÉTYMOLOGIE

  • Latin enervare, de e, sans, et nervus, nerf ; génev. s'énierler, s'eniarler, se fatiguer à l'excès.

énerver

ÉNERVER. v. tr. Affaiblir en endommageant le système nerveux. La chaleur excessive énerve et accable.

Il signifie au figuré Amollir, efféminer. Les voluptés énervent; elles énervent l'âme. Un long repos avait énervé son courage. Le courage s'énerve au milieu des voluptés.

Énerver le style, énerver le langage, Rendre le style, rendre le langage faible et lâche. Le trop d'ornement énerve le style. Une délicatesse excessive énerverait la langue. Leur langage s'énervait en se polissant.

Énerver l'autorité, la religion, les lois, Leur ôter leur force.

Il signifiait autrefois Priver de l'usage des nerfs en brûlant ou en coupant les tendons des muscles des jarrets. Les énervés de Jumièges. Dans cette acception, il se dit encore en termes d'Art vétérinaire. Énerver un cheval, Lui enlever les tendons des muscles de la lèvre supérieure.

ÉNERVER signifie aussi Agacer en produisant une irritation nerveuse. Vous m'énervez avec votre phonographe. Ce raisonnement m'énerve.

Dans cette acception, S'ÉNERVER signifie Être dans une agitation nerveuse qui va en s'augmentant. Il s'est énervé à ce travail sans résultat. Il ne peut rien faire sans s'énerver.

enerver

Enerver, et debiliter, Eneruare.

Enerver un magistrat, Imminuere magistratum. Bud. ex Plin. iuniore.

Enervé, et debilité, Eneruatus, Eneruus, Eneruis.

énerver


ÉNERVER, v. a. [Enêrvé: 1re et dre é fer., 2e ê ouv.] Au propre, afaiblir par la débauche, ou par quelque aûtre caûse. "Le vin, les débaûches l'ont énervé. "Il s'est énervé, à force d'excès en tout genre. = Ce mot est beau au figuré. "Les voluptés énervent les hommes, énervent le courage. "Le trop d'ornement énerve le style. "Tout ce qui rend l'autorité injuste et odieuse l'énerve et la diminue. Massill. "La vertu dédaigne un vain faste, qui ne pourroit que l'affoiblir, en l' énervant. THOMAS. — Il semble que dans cette dernière phrâse on pourrait trouver du pléonasme; car afaiblir et énerver ont tant de raport, que c'est presque la même chôse.

Traductions

énerver

הכעיס (הפעיל), הרגיז (הפעיל), זעם (פ'), מרט את העשבים, מתח עצבים, ניגן על העצבים, עצבן (פיעל), הִרְגִּיז, עִצְבֵּן, זָעַם, הִכְעִיסnerves, unnerve, vex, annoy, enervatesekkierenεκνευρίζωagitare, innervosire (enɛʀve)
verbe transitif
1. agacer, irriter Il m'énerve !
2. exciter une boisson qui énerve

énerver

[enɛʀve] vt
énerver qn → to get on sb's nerves, to annoy sb
Il m'énerve! → He gets on my nerves!
Ce bruit m'énerve → That noise is getting on my nerves. [enɛʀve] vpr/vi
(= perdre son calme) → to get worked up
On ne va pas s'énerver pour si peu → Let's not get worked up over such a little thing.
(= se mettre en colère) → to lose one's temper
Finalement, je me suis énervé → In the end I lost my temper.
ne t'énerve pas! → take it easy!