affoler

(Mot repris de affoliez)

affoler

v.t. [ de fol, fou ]
Faire perdre son sang-froid à qqn, un animal ; le rendre comme fou : Les hurlements des enfants affolèrent les oiseaux effrayer, épouvanter ; calmer, rassurer terrifier

s'affoler

v.pr.
Être saisi par la peur ; perdre son sang-froid : Elles se sont affolées et ont sauté. Ne vous affolez pas, nous le retrouverons s'inquiéter, se tourmenter

affoler


Participe passé: affolé
Gérondif: affolant

Indicatif présent
j'affole
tu affoles
il/elle affole
nous affolons
vous affolez
ils/elles affolent
Passé simple
j'affolai
tu affolas
il/elle affola
nous affolâmes
vous affolâtes
ils/elles affolèrent
Imparfait
j'affolais
tu affolais
il/elle affolait
nous affolions
vous affoliez
ils/elles affolaient
Futur
j'affolerai
tu affoleras
il/elle affolera
nous affolerons
vous affolerez
ils/elles affoleront
Conditionnel présent
j'affolerais
tu affolerais
il/elle affolerait
nous affolerions
vous affoleriez
ils/elles affoleraient
Subjonctif imparfait
j'affolasse
tu affolasses
il/elle affolât
nous affolassions
vous affolassiez
ils/elles affolassent
Subjonctif présent
j'affole
tu affoles
il/elle affole
nous affolions
vous affoliez
ils/elles affolent
Impératif
affole (tu)
affolons (nous)
affolez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais affolé
tu avais affolé
il/elle avait affolé
nous avions affolé
vous aviez affolé
ils/elles avaient affolé
Futur antérieur
j'aurai affolé
tu auras affolé
il/elle aura affolé
nous aurons affolé
vous aurez affolé
ils/elles auront affolé
Passé composé
j'ai affolé
tu as affolé
il/elle a affolé
nous avons affolé
vous avez affolé
ils/elles ont affolé
Conditionnel passé
j'aurais affolé
tu aurais affolé
il/elle aurait affolé
nous aurions affolé
vous auriez affolé
ils/elles auraient affolé
Passé antérieur
j'eus affolé
tu eus affolé
il/elle eut affolé
nous eûmes affolé
vous eûtes affolé
ils/elles eurent affolé
Subjonctif passé
j'aie affolé
tu aies affolé
il/elle ait affolé
nous ayons affolé
vous ayez affolé
ils/elles aient affolé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse affolé
tu eusses affolé
il/elle eût affolé
nous eussions affolé
vous eussiez affolé
ils/elles eussent affolé

AFFOLER1

(a-fo-lé ; dans le XVIe s. Palsgrave, p. 23, recommande de prononcer les deux f) v. a.
Rendre fou, et particulièrement rendre fou d'amour. Il y a de quoi l'affoler. Cette femme l'a affolé.
En termes de marine, déranger l'aiguille aimantée. Un coup de foudre qui frappa le bâtiment, affola la boussole.
S'affoler, v. réfl. S'affoler de quelqu'un, de quelque chose.
Voyez-vous pas de tous côtés De très décrépites beautés.... S'affoler de dévotion ? [VOLT., Ép. 31]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    [Je] Chanterai pour mon courage, Que je veuil reconforter ; Car avec [malgré] mon grant domage, Ne veuil mourir n'afoler [, Dame de Faiel dans Couci]
    Plus est ferms que la piere qui siet sur vive mole ; Vicaries est saint Pierre, bien seis, n'est pas ventvole ; Duns, presens ne preiere jà nel muet ne afole [, Th. le Mart. 86]
  • XIIIe s.
    Nule autre chose ne demant, Ne me sers jamès autrement, Et lesse ta pensée fole Et le fol Dieu qui si t'afole [, la Rose, 6928]
  • XVIe s.
    Carneades s'en trouva si affolé [de la soif de savoir] qu'il n'eut plus le loisir de se faire le poil et les ongles [MONT., I, 181]
    En espandant toutes ces mocqueries sur cet homme, qui, au demourant, n'estoit pas guere sage, ils le gasterent et l'affolerent encore davantage [AMYOT, Démétr. 17]
    Ceste passionnée affection de Dionysius estoit un malheur à Platon, car il en estoit affolé, ne plus ne moins que sont les jaloux de leurs amours [ID., Dion, 19]
    Heureux celui que ta folie [Calliope] affole [RONS., 397]
    Elle vouloit, tant le plaisir l'affole, Tout à la fois desgorger sa parole [ID., 642]

ÉTYMOLOGIE

  • À et fou (voy. FOU) ; provenç. afolir.

AFFOLER2

(a-fo-lé) v. a.
Blesser, endommager, léser.
Ce qui me console, C'est que la pauvreté comme moi les affole [RÉGNIER, Sat. II]
Il m'a perdue, il m'a toute affolée [LA FONT., Papef.]
Ce mot est tombé en désuétude.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Defendez-moi de honte et d'afoler [, Ronc. p. 2]
    Jà fust Rolant et mors et afolé [, ib. p. 91]
    L'on ne doit pas son baron afoler [faire tort à] [, ib. p. 180]
    Lors verrez vous son corps destruire et afoler [, ib. p. 201]
  • XIIIe s.
    Miex vosisse, voir, qu'afolé M'eüst l'en d'un pié ou d'un oïl [, Ren. 5558]
    Sunt en terre establi li juge.... Por ceus pugnir et chastoier Qui, por ceste amor renoier, Murdrissent les gens et afolent, Ou ravissent, emblent et tolent [, la Rose, 5490]
    Mès li archiers qui moult s'efforce De moi grever et moult se paine, Ne m'i lest mie aler sans paine ; Ains m'a fait, por miex afoler, La tierce floiche au cuers voler [, ib. 1771]
    Ne voil ge pas que les gens aiment De cele Amor dont il se claiment En la fin las, chetis, dolant, Tant les va amors afolant [, ib. 4364]
    N'ert pas grans los, si con je cuit, Se il les deus enfans afole [, Fl. et Bl. 3020]
    Si comme se uns hons convenence à un autre qu'il tuera un home por cent livres, ou afolera, ou batera.... [BEAUMANOIR, XXXIV, 2]
    Si est aussi comme s'on me prestoit un ceval de vingt livres sain de toz membres, et il afoloit avant que je le rendisse [ID., XXXIV, 18]
    Se je l'ai servi de ronci [cheval] sain, et il l'afole tant comme il le tient [ID., XXVIII, 5]
    Sur ses piez... tu acolas [tes cheveux] En baisier les, et en mouiller De tes lermes dont feis courcier [courroucer] Dyables que lors tu affolas [J. DE MEUNG, Tr. 888]
  • XVe s.
    Grand foison y en eut de mors et d'affolés [, Bouciq I, ch. 30]
    [Messire Olivier d'Auterme et autres] se contrevengerent sur des navieurs de la mort de leur cousin et les decouperent trop vilainement.... et les renvoyerent à Gand ainsi affolés.... [FROISS., II, II, 61]
    Luy sembloit [au roy] que son pays [du duc de Bourbon] estoit foible et que tantost l'auroit affolé [COMM., I, 2]
  • XVIe s.
    Vous nous affolerez de coups, monsieur, cela est seur [RAB., Pant. IV, 16]
    Et leur sembloit que c'estoit affoler les mysteres de Venus que de les oster du retiré sacraire de son temple [MONT., II, 350]
    Les flesches, pierres et traictz les alloient assener jusques là où ilz estoient escartez au loing, de maniere qu'il y en eut beaucoup affolez [AMYOT, Marcel. 25]
    Ilz venoient à deschirer leurs playes davantage, et consequemment à se perdre et affoler eulx mesmes [ID., Crass. 47]
    ... Qu'il ne chaloit point aux dieux, si aucun s'estant affolé un pied [boiteux] venoit à estre roy, mais... [ID., Agésil. 4]

ÉTYMOLOGIE

  • À et fouler ; provenç. afolar, afoliar.

affoler

AFFOLER. v. tr. Rendre comme fou. Cet événement a de quoi l'affoler. Cette femme l'a affolé. Il est affolé de sa femme. Il est affolé de sa maison. S'affoler de quelqu'un, de quelque chose.

En termes de Marine, Aiguille affolée, se dit de l'Aiguille d'une boussole lorsqu'elle est dérangée de sa direction naturelle vers le Nord, soit par le voisinage du fer, soit par un orage violent, etc. On est quelquefois obligé d'aimanter de nouveau une aiguille affolée.

affoler

Affoler aucun, pour Blesser, Laedere, Percellere, B. ex Suetonio, Debilitare.

Entreprendre de s'affoler soy-mesme, Consulere de se grauius.

Affoler aucun, Insigni vel graui mactare infortunio.

Affolé d'une jambe, Altero crure captus, vel debilitatus.

Tu t'es bien affolé, In multos laqueos te induxisti, B. ex Cicerone Actum est de te.

Traductions

affoler

gekmaken, gek makenהטריף את הדעתfrenezigienloquecermegbolondít, megőrít (afɔle)
verbe transitif
faire paniquer Le bruit a affolé le chien.

affoler

[afɔle] vt → to throw into a panic [afɔle] vpr/vi
[personne] → to panic
Ne t'affole pas! → Don't panic!
[aiguille] → to spin