affranchi, ie

AFFRANCHI, IE

(a-fran-chi, chie) part. passé.
Esclaves affranchis par leur maître. Les esclaves des colonies anglaises et françaises ont été affranchis. Les Américains du Nord affranchis de la domination de la Grande-Bretagne. Affranchi de tout souci.
[Doctes interprètes des lois] Tout l'univers a les yeux sur vous : affranchis des intérêts et des passions, sans yeux comme sans mains, vous marchez sur la terre semblables aux esprits célestes [BOSSUET, Letellier.]
Sortis des figures qui passent et des ombres qui disparaissent, nous arrivons au règne de la vérité, où nous sommes affranchis de la loi des changements [ID., duch. d'Orl.]
Sans attendre, comme d'autres, qu'on lui fasse honnêteté pour l'inviter à monter plus haut, il se croit affranchi de cette loi de hiérarchie et prévient de lui-même cette cérémonie [BOURD., Pensées, t. II, p. 104]
Il demandait à Dieu d'être affranchi de l'esclavage où le vice le tenait captif et comme enchaîné [ID., ib. t. I, p. 281]
D'une si longue erreur pleinement affranchie [CORN., Cinna, V, 3]
Promettez : affranchi du péril qui vous presse, Vous verrez de quel poids sera votre promesse [RAC., Baj. II, 3]
Substantivement. Esclave à qui on a donné la liberté. Horace était fils d'un affranchi. Une affranchie.
Rome à trois affranchis fut longtemps asservie [RAC., Brit. I, 2]
Jamais un affranchi n'est qu'un esclave infâme ; Bien qu'il change d'état, il ne change point d'âme [CORN., Cinna, IV, 7]
Un affranchi vient lui parler en secret : c'est Parménon, qui est favori, qu'elle soutient.... [LA BRUY., 3]
Fig.
Il n'y eut que les trois affranchis du parlement, Noailles, Canillac et d'Effiat, qui trouvèrent cette grâce [faite au premier président] bien placée [SAINT-SIMON, 454, 139]