altéré, ée

ALTÉRÉ, ÉE

(al-té-ré, rée) part. passé.
Changé de bien en mal. Couleur altérée. Santé altérée. Monnaie altérée.
Peiné, affecté.
Un tel discours n'a rien dont je sois altéré [MOL., Femm. sav. V, 1]
Qui a soif.
Buvons toute cette eau ; notre gorge altérée En viendra bien à bout [LA FONT., Fab. VIII, 25]
Fig.
Ils sont altérés de sang [FÉN., Tél. XVI]
Ainsi parle en secret l'ange altéré de crime ; Et tandis qu'il se couche auprès de sa victime, D'un sourd et long fracas retentissent les monts [GILB., Mort d'Abel, ch. VII]
Je vois ces fiers chrétiens, de rapine altérés [VOLT., Zaïre, I, 2]
Le ciel.... Du sang de l'innocence est-il donc altéré ? [RAC., Iph. IV, 4]
On a dit autrefois, substantivement, c'est un altéré, pour c'est un homme âpre au gain.
En musique, se dit des notes naturelles ou diatoniques modifiées par les dièses et les bémols.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877