borne

borne

n.f. [ du gaul. ]
1. Pierre, maçonnerie destinée à matérialiser la limite d'un terrain, à barrer un passage : Installer des bornes sur un trottoir, pour empêcher les voitures de s'y garer.
2. Dispositif évoquant par sa forme une borne : Les bornes téléphoniques d'une autoroute. Une borne d'incendie.
3. Fam. Kilomètre : Il habite à dix bornes de chez moi.
4. Point de connexion d'un circuit électrique : Les bornes d'une pile pôle
Borne kilométrique,
pierre, panneau indiquant au bord des routes les distances entre les localités.

bornes

n.f. pl.
Limite : Personne ne connaît les bornes de sa générosité.
Dépasser ou franchir les bornes,
aller au-delà de ce qui est juste, permis, convenable : Votre violence dépasse les bornes.
Sans bornes,
qui n'a pas de limites : Elle lui voue une admiration sans bornes illimité infini

BORNE

(bor-n') s. f.
Tout ce qui sert à séparer deux champs l'un de l'autre.
Le grand législateur des Juifs maudit celui qui change les bornes de l'héritage de son prochain [FÉN., XXII, p. 357]
Près de la borne où chaque État commence, Aucun épi n'est pur de sang humain [BÉRANG., Sainte alliance des peuples.]
Astracan est la borne de l'Asie et de l'Europe et peut faire le commerce de l'une et de l'autre [VOLT., Russie, I, 1]
Colonne qui marquait le bout de la carrière dans les cirques anciens. Borne milliaire, borne qui servait à indiquer, sur les chemins romains, chaque distance de mille pas. Par extension, sur nos routes, les bornes qui marquent les distances en kilomètres ou même en moins de mètres. Au plur. Tout ce qui sépare un État d'un autre. Fixer les bornes d'un empire.
Pour étendre les bornes de son royaume [FÉN., Tél. XI]
Extrémité, fin de l'étendue, de la durée. Régions qui n'auraient pas de bornes. Les bornes de la vie. Le ciel qui est sans bornes. Une durée qui n'avait point de bornes.
Empire qui n'aura point d'autres bornes que celles du monde [BOSSUET, Hist. II, 4]
Quand la gloire t'appelle aux bornes de l'Asie.... [VOLT., M. de César, I, 1]
Fig. Il donnait la satiété pour borne à ses désirs. Quelles doivent être les bornes de l'affection ? Les bornes que je me suis fixées à moi-même. Lorsque les passions ont passé toute borne. Douleur sans borne. La nature elle-même y mettra des bornes. Enfermer quelque chose dans des bornes étroites. Rester dans de justes bornes. Il a peine à ne point passer les bornes du devoir.
Encore faut-il donner des bornes à cette lettre [SÉV., 377]
Jésus-Christ n'a pas donné d'autres bornes à sa durée [BOSSUET, Hist. II, 13]
Donner des bornes à ses conquêtes [ID., ib. III, 6]
Les succès de ce prince avaient leurs bornes marquées [ID., ib. II, 5]
Vous sortez des bornes étroites de votre âge [ID., ib. Préf.]
Ce n'est pas à mon âge, aux bornes de la vie.... [VOLT., Fanat. I, 1]
Il fait demeurer la malice Aux bornes de quelque devoir [MALH., II, 3]
Ce grand esprit à qui Dieu n'a point donné de bornes [BALZ., Liv. I, lett. 2]
Les mers mettront des bornes à nos fureurs [SÉV., 423]
Son orgueil s'éleva au delà de toutes bornes [BOSSUET, Hist. III, 4]
Passer les bornes de la soumission [ID., III, Vêt. 1]
Le peuple était retenu dans certaines bornes par les périls [ID., Hist. III, 7]
Franchir les bornes de toute pudeur [PASC., Prov. 15]
Leur cupidité qui ne souffre point de bornes [ID., Prov. 12]
Son esprit a des bornes et sa vertu en a aussi [FÉN., Tél. XI]
Qui donnera des bornes à ce torrent ? [ID., ib. XXII]
De l'austère pudeur les bornes sont passées [RAC., Phèd. III, 3]
Quiconque a pu franchir les bornes légitimes [ID., ib. IV, 2]
Sa douleur a été au delà des bornes [SÉV., 415]
Ils ne donnent aucunes bornes à leurs attentats [BOSSUET, Hist. II, 7]
C'est les bornes qu'il faut garder [PASC., Prov. 6]
J'ai dit quelque chose de la licence où se jettent les esprits quand on ébranle les fondements de la religion et qu'on remue les bornes une fois posées [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Cette grandeur sans borne et cet illustre rang [CORN., Cinna, II, 1]
Vous n'avez point de borne, et votre affection Passe votre promesse et mon ambition [ID., Nicom. IV, 5]
Mets enfin quelque borne au mal qui me possède [ID., Cid, I, 2]
L'ambition s'est jouée, sans aucune borne, de la vie des hommes [BOSSUET, Hist. II, 1]
Je saurai mettre une borne à tes déréglements [MOL., Fest. IV, 6]
Dans ses prétentions une femme est sans borne [BOILEAU, Sat. X]
Son orgueil est sans borne ainsi que sa richesse [RAC., Esth. II, 9]
Ne donne point de borne à ma reconnaissance [ID., ib. II, 5]
Et leurs opinions [des anabaptistes] mêlées au calvinisme ont fait naître les indépendants, qui n'ont point eu de bornes [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Sortir des bornes, faire ce qu'il ne convient pas de faire.
Ah ! le mauvais garnement ! Sans respect il sort des bornes [BÉRANG., M. d'école.]
Pierres plantées près des murs, à l'encoignure des édifices, à côté des portes, pour les préserver du choc des voitures ; ainsi nommées pour leur ressemblance avec les bornes des chemins, et appelées jadis boute-roue. Fig. Il est là planté comme une borne, il ne bouge non plus qu'une borne, il reste debout sans remuer. Borne-fontaine, petite fontaine en forme de borne.
Carreau de vitre en forme de losange.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    La ù les bodnes furent mises [, Chron. des D. de Norm. 8431]
  • XIIIe s.
    Et quant les bones [à la terre] i metoient, Mainte fois s'entrecombatoient, Et se tolurent ce qu'il porent ; Li plus fort les greignors pars orent [, la Rose, 9637]
    Envie fet homme tuer, Et si fet bonnes remuer, Envie fet rooingner terre, Envie met ou siecle guerre [RUTEB., II, 36]
  • XVIe s.
    Je y ay esté jusques on trou de Gilbathar, et remply les bondes de Hercules, et ay abattu des plus meures [RAB., Pant. II, 30]
    La borne, qui la veult garder, est un bien qui bride la puissance ; et qui ne la veult garder, est une preuve et tesmoignage qui argue l'injustice [AMYOT, Numa, 28]
    La nature a mis une borne aux richesses [ID., Comment lire les poët. 57]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. boone ; Berry, bune, bone ; bas-lat. bódina, bódena, avec l'accent sur bo, comme l'indique l'ancien français bodne ; angl. bound. On trouve dans le celtique bun, fond, bas ; kymri, bon, base ; mais les anciennes formes bodina, bodne, ne permettent pas de recevoir cette étymologie ; et il faut recourir, comme Diez, au radical bod, qui subsiste dans le provençal boz-ola, borne, contracté en bola, boula ; bas-latin. bodula ; ce radical bod est, d'après Diez, le même que celui de boudin, bouder. La forme régulière est bodne, prononcé et écrit bone ou bonne ; bonde est le même avec le déplacement du d ; borne est due à l'intercalation accidentelle d'une r, comme dans hurler pour huller, intercalation qui n'était pas rare dans l'ancienne langue et dont il reste quelques traces dans la moderne. La borne serait la chose renflée.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • BORNE. Ajoutez : - REM. Au fig. Sans bornes s'écrit avec un s ; cela du moins est le plus usité ; mais rien n'empêche d'écrire : sans borne.

borne

BORNE. n. f. Pierre, arbre ou autre marque qui sert à séparer un champ d'avec un autre. Planter une borne. Asseoir des bornes. Arracher des bornes.

Par extension, il désigne les Pierres qui marquent les distances sur les routes. Nous atteindrons bientôt la dernière borne. On dit surtout dans ce sens Bornes kilométriques.

Il se dit aussi de l'Espèce de colonne qui marquait l'extrémité de la carrière dans les cirques des anciens. Tourner autour de la borne. Doubler la borne.

Il se dit encore des Pierres plantées debout qu'on met à côté des portes, le long des murailles, ou à l'encoignure des édifices, pour empêcher qu'ils ne soient endommagés par les voitures ou dont on borde un chemin, une place publique, un port, etc. Mettre une borne contre un mur. Mettre des bornes à une porte. Cette place publique est entourée de bornes. Monter sur une borne. Des bornes de granit. Une rangée de bornes liées par des barres de fer, par des chaînes. On se sert quelquefois de vieux canons en guise de bornes.

Borne-fontaine, Sorte de petite fontaine en forme de borne disposée sur la voie publique.

Fam., Il est planté là comme une borne, se dit d'un Homme qui se tient debout et sans remuer.

Au pluriel, il se dit de Tout ce qui sert à séparer un État, une province d'une autre. Reculer les bornes d'un État. Étendre les bornes de son Empire.

Il se dit figurément pour Limites, au sens moral. Passer les bornes de la raison, de la modestie. Aller, passer au delà des bornes de la bienséance. Demeurer, se tenir, se renfermer dans les bornes les plus étroites du devoir. Franchir les bornes du respect. Se prescrire des bornes. Son ambition n'a point de bornes, est sans bornes, ne connaît point de bornes. Les bornes de l'esprit humain.

Absolument, Passer les bornes, Aller trop loin, dépasser toute mesure. Cela passe toutes les bornes.

borne

Une Borne, Terminus, lapis terminalis, Fines, finium. Aucuns escrivent Bone, et les Picards ne prononcent point autrement. Pourroit estre qu'il vient de bousos, id est Cumulus, Tumulus, Aceruus.

Petites bornes et limites d'une oraison, Modicae regiones orationis.

Asseoir les bornes, Pangere terminos, Terminos statuere, Terminare.

Mettre bornes en amitié, Fines in amicitia constituere.

Passer les bornes, Lineas transire.

Proces de bornes et limites, Controuersiae finium, Controuersiae de finibus.

borne


BORNE, s. f. 1°. Pierre ou autre marque, qui sert à marquer la séparation d'un champ d'avec un aûtre. Planter une borne. Asseoir des bornes.
   BORNE, terme, limites (synon.) Le terme est où l'on peut aler; les limites sont ce qu'on ne doit pas passer; les bornes, ce qui empêche de passer. On aproche ou l'on éloigne le terme: on resserre ou l'on étend les limites; on avance ou l'on recule les bornes. "Je ne vois le terme de nos maux, que dans le terme de notre vie: nos souhaits n'ont point de limites: nous ne sommes heureux que quand les bornes de notre fortune sont celles de notre cupidité. GIR. Synon.
   2°. BORNES, se dit des pierres qu'on met à côté des portes et le long des murailles, pour empêcher qu'elles ne soient endomagées par les carrosses et autres voitûres.
   3°. BORNES, au pluriel, se dit de tout ce qui sépare un État, une Province d'une aûtre. L'Espagne a pour bornes les deux mers et les Pyrenées. Reculer, étendre les bornes d'un état, de son Empire.
   Rem. On doit dire, les bornes ou limites de la France, et non pas de France, d'Espagne.
   4°. BORNES se dit aussi, figurément, de tout ce qui est regardé comme les limites de chaque chôse, sur-tout dans le moral. Passer les bornes de son pouvoir, de la raison, de la modestie. Mettre ou doner des bornes à son ambition. Franchir les bornes du respect. Aler, passer au delà des bornes; demeurer, se tenir dans les bornes de... Son ambition n'a point de bornes, est sans bornes, etc.
   Rem. En ce sens et dans cet emploi, il se dit toujours au pluriel. On ne dit point la borne de son pouvoir, de ses conceptions, comme a dit un Écrivain moderne, mais les bornes, etc. Boileau a dit aussi:
   Sait doner une borne à son ambition.
Sans la gêne de la mesûre, il aurait dit: sait doner des bornes.

borné


BORNÉ, ÉE, adj. Il suit toujours le substantif. Il se dit, et dans le physique et dans le moral. "Maison qui a une vûe bornée, de peu d'étendue. Esprit borné, capable de peu de chôse. Avoir des vûes bornées; avoir peu de lumière, ou peu d'ambition. Fortune bornée, médiocre, commune et qui ne peut guère augmenter. On le dit même des persones, mais seulement au figuré: homme borné, qui a l'esprit borné. "Constance l'aîné (des fils du Grand Constantin), le plus méchant et le plus borné des trois. L'Ab. Grosier.

Synonymes et Contraires

borne

nom féminin borne
1.  Ce qui limite quelqu'un.
2.  Ce qui délimite quelque chose.
Traductions

borne

bollard, milestone, terminal, bound, boundary marker, boundary stone, endאבן מיל (נ), גבול (ז), מגבלה (נ), מצר (ז), ציון דרך (ז), ציוני גבול (ז״ר), תכלה (נ)paal, afstandspaal, grenspaal, klem [elektriciteit]Grenzstein, Eckstein, Gemarkung, Kilometer, Klemme, Markstein, Wegmarkierung, borniertparacarro, piolo (bɔʀn)
nom féminin
1. objet qui indique une limite borne d'autoroute un terrain marqué par des bornes
2. ce qui sert comme repère ou limite un terrain marqué par des bornes
3. figuré limite dépasser les bornes
sans limite, très grand une admiration sans bornes
4. kilomètre faire dix bornes à pied

borne

[bɔʀn]
nf (le long d'une route)boundary stone
borne kilométrique → kilometre-marker → milestone bornes
nfpl (fig)limits
dépasser les bornes → to go too far
sans borne, sans bornes → boundless