bouquer

(Mot repris de bouquons)

BOUQUER

(bou-ké) v. a.
Baiser par force, en parlant d'un singe ou d'un enfant qu'on force à baiser ce qu'on lui présente.
Fig. Faire bouquer quelqu'un, lui faire baiser ce qu'il ne veut pas baiser, le forcer à faire ce qui lui déplaît.
Au procès qu'il nous ont sottement intenté, Moi seul j'ai fait bouquer toute la faculté [REGNARD, Légat. II, 10]
J'ai déjà fait bouquer messieurs du domaine, je l'emporterai encore sur eux, car j'ai raison [VOLT., Lett. d'Argental, 17 mars 1760]
Terme de chasse. Faire bouquer le renard, le blaireau, le lapin, les faire sortir de leur terrier avec des chiens ou des furets (les faire venir à la bouche du terrier).

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Il y a plus de braverie et de desdaing à battre son ennemy qu'à l'achever, et de le faire bouquer que de le faire mourir [MONT., III, 110]

ÉTYMOLOGIE

  • Diez tire ce mot des langues germaniques : bucka, subjuguer ; mais, le sens de bouquer étant proprement baiser, il vient de bouche, prononcé bouque. Bourguig. boquai.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

bouquer

BOUQUER. v. a. et n. Baiser par force. Il ne se dit guère au propre que D'un singe ou d'un enfant, lorsqu'on les force à baiser ce qu'on leur présente. Bouquez cela. Faire bouquer un singe.

Fig., Faire bouquer quelqu'un, Le forcer à faire quelque chose qui lui déplaît, ou L'empêcher de faire ce qu'il voulait. Il a eu beau résister, on l'a fait bouquer. Ce verbe est familier et vieux.

Dictionnaire de L'Académie française 6th Edition © 1835

bouquer


BOUQUER, v. n. Il ne se dit au propre que d'un singe qu'on contraint de baiser quelque chôse qu'on lui présente. — Au figuré, céder à la force, être contraint de faire quelque acte de soumission. "Enfin, il a falu bouquer; on l'a fait bouquer. — Il se dit plus ordinairement avec le verbe faire: Je le ferai bouquer. = On dit, dans le Dict. Gramm., qu'il est bâs et populaire. L'Académie le met sans remarque: elle a oublié de dire qu'il est tout au plus du style familier et proverbial.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788