brigue

brigue

n.f. [ it. briga, querelle ]
Litt. Manœuvre, ruse pour triompher d'un concurrent : Obtenir un poste par la brigue intrigue

BRIGUE

(bri-gh') s. f.
Manœuvre par laquelle, poursuivant quelque objet, on engage des personnes dans ses intérêts. Brigues dans les élections. La brigue pour le consulat était plus animée que jamais. Les candidats commencèrent leurs brigues. Lois contre la brigue. Convaincu de brigue.
On fait sa brigue pour arriver à un grand poste [LA BRUY., 8]
Je fus sourde à la brigue et crus la renommée [RAC., Brit. IV, 2]
Fermons l'œil aux présents et l'oreille à la brigue [ID., Plaid. II, 14]
Pour moi j'ai su déjà, par mes brigues secrètes, Gagner de notre loi les sacrés interprètes [ID., Baj. I, 2]
Combien pour le répandre [le sang romain] a-t-il formé de brigues ? [ID., Cinna, I, 3]
Fabius Ambustus fit une brigue si puissante que non-seulement il vint à bout de faire renvoyer le héraut sans satisfaction.... [VERTOT, Révol. rom. III, p. 196]
Ne descendons jamais dans ces lâches intrigues ; N'allons point à l'honneur par de honteuses brigues [BOILEAU, Art p. IV]
Des brigues, des partis l'un à l'autre odieux, Le Parnasse idolâtre adorant de faux dieux [GILB., Le XVIIIe siècle.]
Fig. Sollicitation amoureuse.
La secrète brigue Que font auprès de toi Don Sanche et Don Rodrigue [CORN., Cid, I, 1]
La réunion des gens qui coopèrent à la brigue. La brigue est nombreuse et puissante.
On dit même qu'au trône une brigue insolente Veut placer Aricie et le sang de Pallante [RAC., Phèd. I, 4]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Ce estoit commencement de brigue [querelle] ; car li tribuns commandoient au peuple que il s'en alast, et li consulz ne le souffroient [BERCHEURE, f° 54, verso]
    Comme la brigue fust un po apaisiée [ID., f° 47, verso]
    Vous savez que mes adversaires ont commencié la riote et la brigue [querelle] par leur oultrage [, Ménagier, I, 9]
  • XVe s.
    ....que c'estoit le duc de Guyenne qui vouloit eslargir ses limites et qui commençoit toutes ces brigues [COMM., III, 8]
  • XVIe s.
    À la nomination de ces juges il y eut de grandes brigues [D'AUB., Hist. II, 232]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et espagn. brega ; portug. et ital. briga ; bas-lat. briga, querelle, rixe ; d'un radical brig, qui paraît signifier agitation, occupation, mais qu'on ne peut rattacher à rien de connu d'ailleurs.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • BRIGUE. - ÉTYM. Ajoutez : L'origine de ce mot était laissée à un radical brik qui demeurait indéterminé. M. J. Storm, Romania, avril 1876, p. 171, pense que ce radical est germanique : allem. brechen, rompre ; bas-allem. breken ; angl. to break ; goth. brikan. Le thème brikan a formé d'abord brigare, bregare, rompre, faire du bruit, se quereller ; en catal. bregar, broyer, quereller. L'ital. briga s'emploie surtout dans le sens d'ennui, querelle, affaire difficile et aussi tourbillon de vent :
    Ombre portate dalla detta briga [DANTE, Inf. V, 49]

brigue

BRIGUE. n. f. Manoeuvre secrète et détournée pour engager quelques personnes dans ses intérêts, et, par leur aide, obtenir quelque faveur ou quelque place. Cela se fit par brigue. Obtenir quelque chose par brigue, à force de brigues.

Il se dit aussi pour Cabale, faction, parti. Avoir une forte brigue. Une puissante brigue. Toutes les brigues se réunirent en sa faveur.

brigue

Brigue, f. penac. Est l'instante poursuite qu'on fait pour obtenir quelque charge qui est pretenduë par plusieurs, Ambitus, prensatio, sedula ac sollicita magistratus petitio, Dont les moyens sont descrits au livre de Ciceron, De petitione consulatus, Et parce que les competiteurs d'une charge et office, contendent et debatent l'un contre l'autre pour l'obtenir, Brigue se prent aussi pour contention et debat, Rixa, en laquelle signification l'Italien en use aussi disant Briga pour controverse.

Brigue pour estre consul, Petitio consulatus.

La brigue et pourchas qu'on fait pour honneurs, Ambitus.

La brigue des Consuls, Coitio consulum, B.

Le devoir de la brigue, Candidatorium munus.

Conduire la brigue d'aucun, Petitionem alicuius pergere, euehere.

Celuy qui avoit charge de bailler argent pour gagner gens à la brigue d'aucun magistrat electif, Diuisor.

Par brigues et pourchas, Ambitiose.

Brigues et faveurs, Studia ambitiosa.

brigue


BRIGUE, s. f. BRIGUER, v. act. [Brighe, brighé: l'u n'est employé dans ces mots que pour doner au g un son fort et pareil à celui qu'il a devant l'a, l'o et l'u.] Le substantif ne se prend qu'en mauvaise part. Les brigues sont toujours des cabales, des manoeuvres odieûses et criminelles: "Les brigues qu'on faisoit, n'éclatoient point encôre. La Rochef. — Le verbe se dit en bien comme en mal: briguer un emploi, briguer l'honeur de combattre pour la patrie. — Quelquefois il ne signifie que rechercher avec ardeur, avec empressement: briguer les bones grâces, la faveur, la protection de quelqu'un.

Traductions

brigue

stealth