brouillon, onne

BROUILLON, ONNE1

(brou-llon, llo-n', ll mouillées, et non brou-yon) adj.
Qui met le trouble dans les affaires.
La principale prudence ne consiste point à faire des discours faux et des personnages brouillons [FÉN., XVII, 80]
Je ne saurais aucunement approuver ces humeurs brouillonnes et inquiètes qui, n'étant appelées ni par leur naissance ni par leur fortune au maniement des affaires politiques, ne laissent pas d'y faire toujours en idée quelque réformation [DESC., Méth. 2, 3]
....que ce démon brouillon dont il est possédé [MOL., l'Étourdi, V, 2]
Substantivement, celui qui embrouille les affaires.
Et les autres décemvirs le menacèrent de le faire précipiter du haut de la roche Tarpéienne comme un séditieux et un brouillon [VERTOT, Révol. rom. liv. V, p. 27]
Est-il possible qu'aucun de mes serviteurs ne me vengera de ce brouillon de prêtre ? [VOLT., Mœurs, 50]
Celui qui n'a pas de netteté dans les idées.
Tu ne me diras plus, toi qui toujours me cries, Que je gâte en brouillon toutes tes fourberies [MOL., l'Étour. II, 14]
Eh non, brouillonne, non, tu ne sais pas encore ce que tu dis [MARIVAUX, Le préjugé vaincu, 8]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    ....[L'esprit humain] un petit brouillon et troublefeste.... [CHARRON, Sagesse, I, 15]
    Nous avons un esprit brouillon, qui s'ingere de maistriser et gouverner partout [ID., ib. II, 3]
    Un brouillon ne recerche qu'à brouiller un autre [BRANT., Ferdinand I]

ÉTYMOLOGIE

  • Brouiller.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. BROUILLON. - HIST. XVIe s. Ajoutez :
    Nostre esprit, instrument brouillon et inquiete [MONT., IV, 195]