carnassier, ière

CARNASSIER, IÈRE

(kar-na-sié, siè-r' ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel l's se lie : des animaux karna-sié-z et farouches) adj.
Avide de chair, en parlant des animaux.
Comme une bête en rut et carnassière [VOLT., Phil. II, 419]
La proie étant l'unique sujet de combat des animaux carnassiers [J. J. ROUSS., Orig. notes.]
Avide de viande, en parlant de l'homme.
Il importe de ne pas rendre les enfants carnassiers [J. J. ROUSS., Ém. II]
Toujours boire et manger ! carnassier animal, C'est bien fait ; suis toujours ton appétit brutal [REGNARD, Démocr. I, 4]
S. m. pl.Terme d'histoire naturelle. Les carnassiers, ordre de la classe des mammifères, à dents généralement aiguës ou tranchantes, et à membres, antérieurs au moins, terminés par des pattes. Cuvier a divisé les carnassiers en quatre familles, les chiroptères, les insectivores, les carnivores et les marsupiaux.
Des carnassiers de la taille du lion, du tigre, de l'hyène, désolaient ce nouveau règne animal [CUVIER, Révol. 328]

SYNONYME

  • CARNIVORE, CARNASSIER. Carnivore exprime simplement le fait de se nourrir de viande. Carnassier joint à cette idée l'idée d'un appétit brutal qui se complaît dans le massacre. Autre est la différence dans le langage de l'histoire naturelle : carnassier est un terme général qui désigne l'idée des animaux vivant de chair ; carnivore est moins général et indique parmi les carnassiers une section particulière, celle des chiens, chats, ours, etc.

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. carnacier, bourreau ; espagn. carnicero ; de caro, carnis, chair (voy. CHAIR), par l'intermédiaire d'un suffixe latin aceus, qu'on trouve dans le provençal carnaza, chair morte.