cas

1. cas

[ ka] n.m. [ du lat. casus, accident ]
1. Ce qui arrive ou peut arriver ; fait, circonstance : Ce cas est de plus en plus fréquent événement, situation éventualité hypothèse, possibilité
2. Situation particulière par rapport à la loi : L'avocat travaille sur un cas complexe affaire, dossier condition, position
3. Manifestation d'une maladie chez qqn ; le malade lui-même : On signale plusieurs cas de méningite dans la région. Occupez-vous de cette dame, c'est un cas urgent.
4. Personne qui se singularise par son caractère, son comportement : Ta sœur est vraiment un cas !
Au cas où ou dans le cas où,
dans l'hypothèse où, à supposer que : Au cas où vous changeriez d'avis, appelez-moi si jamais
Cas de conscience,
situation délicate ou douloureuse ; problème moral difficile à résoudre : Il est devant un cas de conscience : soit il dénonce cet abus et perd son emploi, soit il se tait.
Cas de figure,
situation envisagée par hypothèse : Dans ce cas de figure, il perdrait les élections.
Cas d'espèce,
cas qui n'entre pas dans la règle générale.
Cas social,
personne vivant dans un milieu psychologiquement ou socialement défavorisé : Une assistante sociale qui rencontre de nombreux cas sociaux.
En cas de,
dans l'hypothèse de : En cas d'empêchement, prévenez-nous.
En ce cas,
alors, dans ces conditions : Le vainqueur a mordu sur la ligne ; en ce cas, la médaille d'or est attribuée au second.
En tout cas ou dans tous les cas,
Fam. de toute façon, quoi qu'il arrive : En tout cas, il donnera sa réponse demain.
Faire grand cas de, ne faire aucun cas de,
attacher de l'importance à, n'attacher aucune importance à.

2. cas

[ ka] n.m. [ du lat. casus, terminaison ]
Dans les langues à déclinaisons, chacune des formes prises par les noms, pronoms, adjectifs ou participes, suivant leur fonction dans la phrase : Le latin avait six cas : le nominatif, le vocatif, l'accusatif, le génitif, le datif et l'ablatif.

CAS

(kâ ; l's se lie : un kâ-z étrange) s. m.
Ce qui est advenu ou peut advenir, circonstance, fait, histoire, hypothèse. Personne n'est responsable des cas fortuits. En cas de guerre. Au cas de mort. Le cas advenant qu'on soit dépossédé. Agir selon le cas. L'exigence du cas. Il pleut : en ce cas je prends un manteau. C'est le cas ou jamais. Cela change bien le cas. Dans le cas contraire. Le cas échéant.
Juge si sa colère implacable en ce cas.... [CORN., Polyeucte, III, 5]
Vous auriez aperçu Jeannette sous vos pas, Dont l'oreille subtile a découvert le cas [MOL., l'Ét. IV, 8]
En la quittant, Gulphar alla tout droit Conter ce cas, le corner par la ville, Le publier, le prêcher sur les toits [LA FONT., Avare.]
Ma commère, dit-elle, un cas est arrivé.... [LA FONT., Fabl. VIII, 6]
.... à moins que la figure Ne soit d'un éléphant nain, pygmée, avorton ; Auquel cas où l'honneur d'une telle aventure ? [ID., ib. X, 14]
C'est le cas plus que jamais d'invoquer Dieu [BOSSUET, Lett. 152]
Pour justifier la conduite du concile, il ne faut que poser un cas pareil [ID., Déf. com.]
Posons le cas que vous ayez tout le bien qu'il faudrait [HAMILT., Gram. 7]
Des cartes en cas de besoin [SÉV., 410]
Cas fortuit, événement accidentel. En cas de, quant à. En cas de fruits, je n'en mange pas de crus. Cette tournure vieillit. Cas métaphysique, hypothèse par impossible. Vieilli.
Terme de jurisprudence. L'espèce d'une loi, cause, délit, crime. Ce n'est pas là le cas de la loi que vous citez. Les cas que la loi n'a pas prévus. On lui soumet le cas suivant. Quand les deux parties eurent exposé leurs cas.
La polygamie est un cas pendable [MOL., Pourc. II, 13]
Et si, par un malheur, j'en avais fait autant, Je m'irais, de regret, pendre tout à l'instant. - Je ne vois pas pour moi que le cas soit pendable [ID., Mis. I, 1]
[Dans ces lois] on distingue avec finesse les cas, on y pèse les circonstances [MONTESQ., Espr. XXX, 19]
Ce n'étaient pas seulement les actions qui tombaient dans le cas de cette loi, mais des paroles, des signes [ID., Rom. 14]
Les cas royaux et prévôtaux étaient certains crimes dont connaissaient les juges royaux et prévôtaux à l'exclusion des subalternes. Cas privilégiés, royaux, crimes dont les juges royaux pouvaient seuls connaître, sans exception de condition. La fausse monnaie, le duel, étaient cas privilégiés. À l'égard des ecclésiastiques, le cas privilégié, cas où il s'agissait de prononcer une peine afflictive contre un ecclésiastique, malgré le privilége clérical. L'official jugeait le prêtre, mais le juge royal assistait pour le cas privilégié, attendu que l'église ne condamne pas à peine afflictive. On dit des affaires qui se font extraordinairement en considération du mérite de quelque personne ou de quelque circonstance importante, que c'est un cas privilégié, qu'il ne tire point à conséquence. Il a été condamné pour les cas résultant du procès, c'est-à-dire il a été condamné non pas pour le fait même du procès, mais pour plusieurs choses dont il y avait preuve au procès. Son cas va mal, n'est pas net, est véreux, sale, se dit d'un homme en danger pour un crime, une mauvaise affaire. Il sent son cas véreux, il a la conscience de son méfait, du danger qu'il court. Il est dans un vilain cas, il est dans une affaire vilaine, désagréable, honteuse. En général, espèce particulière de fait. Mon cas est embarrassant.
Le feuilletant avec négligence, il tomba sur son cas [PASC., Prov. 8]
Cas de conscience, difficulté ou question sur un point de morale religieuse.
Or, toi qui te connais au cas de conscience [RÉGNIER, Sat. VIII]
Mais, censeurs, ne vous tourmentez pas autour de ces cas de conscience [DIDEROT, Ess. sur Claude.]
Votre père Erade Bille, professeur des cas de conscience à Caen [PASC., Prov. 12]
Quand vous avez entrepris de décider les cas de conscience d'une manière favorable et accommodante [ID., ib. 13]
Cas, absolument, pour cas de conscience.
On ne saurait, dit le père, écrire pour trop de monde, ni particulariser trop les cas, ni répéter trop souvent les mêmes choses en différents livres [ID., ib. 8]
Il y a de certains cas dont la résolution serait encore difficile, quoique fort nécessaire pour les gentilshommes [ID., ib. 7]
Il est vrai qu'ils exceptent un cas auquel ils obligent à restituer [ID., ib. 8]
Par extension, scrupule. Je me ferais un cas de conscience de rien faire qui pût augmenter sa peine. C'est un cas de conscience de déranger un homme aussi occupé. Cas réservés, péchés dont on ne peut être absous que par l'évêque ou même le pape. Cas s'est dit autrefois familièrement pour confession, péché. Ce confesseur entend ordinairement mon cas.
Chose qui convient, qui fait l'affaire. N'allez point chercher plus loin, c'est là votre cas.
On dit qu'on vous marie ; Je sais bien votre cas, un homme grand, adroit.... [RÉGNIER, Sat. XII]
Familièrement. Dans le cas de, en état de, capable de. Ils ne seraient pas dans le cas de te secourir. Il n'était pas dans le cas de se tenir debout. Vous vous mettrez dans le cas de partir avec moi. C'est un grand cas, c'est chose importante, considérable, difficile. Cette tournure vieillit.
Bertaut, c'est un grand cas [c'est malaisé], quoique l'on puisse faire.... [RÉGNIER, Sat. v.]
Ce n'est pas peu de cas de faire un long voyage [ID., Ép. 2]
Je sais bien que mon cœur en a fait pénitence, Mais quoi ! si peu de cas ne me rend satisfait [MALH., I, 4]
Ce que de plus que vous on en pourrait avoir [d'âge] N'est pas un si grand cas pour s'en tant prévaloir [MOL., Mis. III, 5]
Faire cas de.... Estimer, tenir compte de.
Comment faites-vous cas de chose si petite ? [MALH., IV, 3]
Je ne peux pas faire cas de cette règle [PASC., Prov. 5]
Et de sa propre gloire il fait trop peu de cas [CORN., Hor. V, 1]
Donc de ce que je dis on ne fera nul cas ? [MOL., Tart. II, 2]
Ma fille fait cas de vous [MOL., Am. magn. I, 2]
Nous faisons cas du beau, nous méprisons l'utile [LA FONT., Fabl. VI, 9]
A Dieu ne plaise que je fasse peu de cas de vos peines [BOSSUET, Lett. Corn. 94]
Il ne fit pas grand cas de cette promesse [HAMILT., Gramm. 5]
Je fis de telles offres le cas que je devais [SÉV., 110]
Voilà le cas qu'on fait de votre exploit [RAC., Plaid. II, 3]
Des animaux dont on ne fait cas qu'autant qu'ils rendent des services [FÉN., Tél. XVIII]
Il ne fait aucun cas d'une paix forcée [ID., Tél. X]
Terme de grammaire. Désinence variable des mots qui se déclinent. La déclinaison latine a six cas.
Nous n'avons point de cas en français ; nous nommons l'objet de notre pensée ; et les rapports sont marqués par des prépositions ou par la place du mot [DUCLOS, Rem. sur la gramm. II, 6]
En langage de médecine, maladie considérée dans le sujet particulier qui en est affecté. Il y a eu dans la ville des cas nombreux de choléra. Le cas est grave. Un cas très digne d'être observé attentivement. Cas rare, en anatomie, physiologie et pathologie, ce qui présente quelque chose d'extraordinaire.
Terme d'algèbre. Cas irréductible, celui où les racines d'une équation du 3e degré sont réelles et inégales.
Familièrement, excrément, ordure, obscénité. Il a fait son cas au pied d'un mur. Fig. Il montre son cas, il se découvre d'une manière déshonnête.
10° En tout cas, loc. adverb. Quoi qu'il arrive, à tout événement. Vous n'avez plus rien à craindre ; cependant en tout cas soyez prudent. En tout cas comptez sur moi.
11° Au cas que, loc. conj. qui veut le subjonctif. Supposé que.
Je ne donnerai ici que les règles de la première méthode, et encore au cas qu'on ait accordé les principes [PASC., Pensées, I, 3]
Il n'est hérétique qu'au cas qu'il soit conforme à ces erreurs condamnées [ID., Prov. 17]
Je vous écrirai au cas qu'il me dise quelque nouvelle [SÉV., 410]
En cas que, loc. conjonct. qui veut le subjonctif. Même sens. En cas qu'il vienne.
Je demande la permission à l'académie de prendre cette tâche [commenter Corneille], en cas que personne ne s'en soit emparé [VOLT., Lett. Duclos, 10 avril 1761]
En cas que j'apparusse devant vous sans vous avoir prévenu [MONTESQ., Correspondance, 54]
12° En cas, pris substantivement, chose préparée en cas de besoin chez les princes. Une volaille froide pour l'en cas de nuit. Dans une promenade, un en cas, une voiture en cas de pluie.
De ce lourd carrosse on fait un en cas [BÉRANG., S. Espr.]
Dans le langage familier, un en cas est tout ce qui peut servir en un cas imprévu. S'il nous vient du monde, nous avons un en cas. Un en-cas, un parapluie ; un en-tout-cas, un petit parapluie, qui peut servir aussi d'ombrelle, ou plutôt une grande ombrelle qui au besoin sert de parapluie.

PROVERBES

  • Tous vilains cas, tous mauvais cas sont reniables, se dit quand, par honte ou par crainte, on nie quelque faute grave.
  • Au cas que Lucas n'eût qu'un œil, sa femme aurait épousé un borgne ; réponse qu'on fait à un homme qui prévoit trop d'accidents.

REMARQUE

  • 1. Bien que l'on dise : faire beaucoup de cas de quelqu'un ou de quelque chose, on ne dit pas faire du cas de quelqu'un, de quelque chose.
  • 2. L'Académie a tort de ne pas mettre un trait d'union à en cas pris substantivement : en-cas.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Si l'a contre son pis [poitrine] levé, à un desruban [précipice] l'a porté Entre ses bras trestout pasmé, Ouvri ses mains, lascha ses bras ; Cil fu pesans, si prist tel cas [chute] Aval la faloise el rochier, N'i remest [reste] os à despechier [dépecer] [, Roman du Brut, ms. f° 9, dans LACURNE]
  • XIIIe s.
    Car de toz cas d'armes sunt femes excusées en lor persones [BEAUMANOIR, XXIX, 19]
    Quant enfes qui est sous aagiés fet aucun cas de crieme, on doit regarder le [la] maniere du fet [ID., XVI, 9]
  • XIVe s.
    Car en yver à cas d'aventure peut l'en veoir une aronde [ORESME, Eth. X (16)]
    ... et toutevoies il ferist aucun à cas d'aventure [ID., ib. 62]
    En cas où combattre [ils] ne se voulissent [BERCHEURE, f° 70, verso.]
    En cas que nous ou nostre hoir acheterions.... [DU CANGE, auxilium.]
    Tailles sont levées par cas de necessité et de volenté de prince [ID., ib.]
  • XVe s.
    Le traité seroit nul, au cas qu'il viendroit aucun hoir [FROISS., I, I, 151]
    Certes vous seriez de tel cas peu prisé et amendé [ID., I, I, 166]
    Ces chevaliers, qui en tous cas se vouloient acquitter envers le roi, leur seigneur [ID., II, II, 4]
    Receu toutevoyes son serement, que, au cas que non, il ne tourneroit en la prison [CHR. DE PIS., Charles V, I, 31]
    Les grans robes sages ne les font [les hommes], Ne sos aussi ; riens n'y font en ce cas Poures habit, fors science approuvée [E. DESCH., L'hab. ne fait pas l'homme.]
    Conclusion, vecy mon cas : De nulle rien je ne me dueil [CH. D'ORL., Rondeau.]
    Et ne croye mie qu'il y ait en vostre royaulme homme à qui on les refusast en vostre chancellerie en cas pareil [JUVÉNAL DES URSINS, 1411]
    Au cas que, au plaisir de Dieu, il auroit paix avec le roi de Chypre, son desir estoit de grever les ennemis [, Bouc. II, 13]
    Il avoit commis un cas très horrible, car il avoit pris son pere prisonnier [COMM., IV, 1]
    L'ung luy desplaisoit d'ung cas, l'autre de l'autre [ID., V, 13]
    Pour commencer à faire cas de nouvelleté, ils mirent hors de prison le duc de Gueldre [ID., V, 17]
    Et en son cas, qui estoit de marchandise, estoit la plus grand' maison que je croy qui jamais ait esté au monde [ID., VII, 5]
    Et nostre armée qui estoit en la Romanie [Romagne], combien qu'elle fust la plus foible, toutesfois faisoit prosperer nostre cas [ID., VII, 6]
  • XVIe s.
    Minos le juge est de cela soigneux, Qui devant lui, pour entendre le cas.... [MAROT, I, 248]
    C'est un grand cas, dije lors, s'il n'advient Quelque mechef bien tost en cestuy regne [ID., III, 300]
    Je l'ay secouru en tous cas que ay peu cognoistre son advantaige [RABEL., Garg. I, 28]
    Si par cas il estoit devenu furieux.... [ID., ib.]
    Au cas que [tandis que] les aultres roys l'eussent miserablement traicté, il le traicta courtoysement [ID., ib. I, 50]
    Feut decrete que ja ne seroyent là les femmes, au cas que [à moins que] n'y feussent les hommes [ID., ib. I, 52]
    Que la mort des humains est attachée à peu de cas, puisqu'une espingle est suffisante pour nous tuer [YVER, 623]
    C'est grand cas que les choses en soyent là, en nostre siecle, que.... [MONT., I, 175]
    Au cas que l'un d'eux vienne à defaillir [ID., I, 216]
    Sophocles, voyant de cas de fortune passer un beau garson [ID., I, 227]
    Je ne fais cas du boire que pour la suitte du manger [ID., II, 18]
    Pour les quatre ce ne seroit que douze mille escus par an : qui est bien peu de cas pour le grand fruit qui en proviendroit [LANOUE, 128]
    Je pren le cas que vous ayez de la fortitude [ID., 153]
    Tous vilains cas sont reniables [LOYSEL, 803]
    L'on tient maintenant que le cas privilegié attrait à soi le delit commun [ID., 804]
    Un satyre admonesta un jour Minerve, que ce n'estoit point bien son cas que de jouer des flustes [AMYOT, Refréner la colère, 12]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. cas ; espagn. et ital. caso ; de casus, chute, cas, événement, désinence, dont le radical se trouve dans cadere, tomber (voy. CHOIR).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    CAS. - REM. Ajoutez :
  • 3. J. J. Rousseau a dit : dans le cas, pour : dans ce cas-là ; cela est correct, mais moins usité.
    Rien n'est plus commun que de tout gâter en pensant bien faire ; l'assurance que vous me donnez que je ne suis pas dans le cas, m'ôte un grand poids de dessus le cœur [J. J. ROUSS., Lett. à M. Jacob Vernet, 18 sept. 1758]
    Si vous êtes dans le cas [ID., Lett. à Du Peyrou, 22 juin 1766]
  • 4. J. J. Rousseau écrit en tous cas au pluriel, Lett. à Du Peyrou, 7 mars 1765.
  • 5. Si le cas pouvait être, si la chose était possible.
    Outre qu'il n'est pas possible qu'il ne vous en soit parvenu quelqu'une [de mes lettres], si le cas pouvait être.... [J. J. ROUSS., Lettre à milord Maréchal, 29 oct. 1764]
    Locution peu usitée.

cas

CAS. n. m. T. de Grammaire. Chacune des différentes désinences que prennent les noms, les adjectifs, les pronoms et les participes, dans les langues où ils se déclinent. Il n'y a point de cas proprement dits dans la langue française, mais seulement des formes différentes dans les pronoms. Ce mot latin, ce mot grec est à tel cas.

Il signifie aussi Accident, aventure, conjoncture, occasion; fait arrivé, ou qui peut arriver. Cas fortuit. Par cas imprévu. Un cas extraordinaire. Un cas grave, étrange, rare. Ce qui est bon dans un cas ne l'est pas dans un autre. Selon l'exigence du cas. En tel cas. En pareil cas. En certains cas. En ce cas, il faudrait. Le cas est différent. C'est un tout autre cas. Ce n'est pas là le cas dont il s'agit. Dans le cas contraire. Dans de certains cas. Dans ce cas-là. Cas particulier. Nous ne sommes pas dans le cas de l'article cité. Ce cas n'a point été prévu par la loi, par le code. Cas rédhibitoire. Auquel cas. Le cas échéant. En cas de mort. En cas de rupture. En cas de guerre. En cas de besoin. Il y a eu dans cette localité des cas de choléra et plusieurs cas de diphtérie. C'est le cas de dire..., c'est le cas, ou jamais, d'agir de telle façon, de dire telle chose. Mon cas n'est pas douteux. Le cas est clair.

Un cas de guerre, Un événement qui peu donner lieu à la guerre. Un cas de divorce, Un fait qui peut donner lieu au divorce.

Fam., Être dans le cas de faire une chose, Avoir occasion ou pouvoir de la faire. Je voudrais être dans le cas de vous obliger. Il signifie aussi Être homme à faire telle ou telle chose... Si vous le brusquez, il est dans le cas de tout abandonner.

EN-CAS s'emploie comme nom masculin et signifie Repas léger préparé pour servir en cas de besoin. Préparer un en-cas, l'en-cas de nuit.

Employé comme nom masculin, EN-CAS ou EN-TOUT-CAS désigne aussi une Ombrelle plus grande que les ombrelles ordinaires et qui peut servir dans les cas de pluie.

EN CAS QUE... AU CAS QUE... AU CAS OÜ... loc. conj. Supposé que... En cas qu'il vienne. Au cas que nous soyons d'accord sur ce point. Au cas où une complication se produirait, faites-moi venir. On dit dans le même sens Dans le cas où.

EN TOUT CAS, loc. adv. Quoi qu'il arrive, à tout événement. Je vous paierai dans un mois, je l'espère : en tout cas, je vous donnerai des sûretés suffisantes.

En termes de Jurisprudence, il signifie Fait, action, crime. Un cas pendable. Fam. et ironiquement, Un cas pendable, Un acte indigne de pardon.

Fam., Son cas est mauvais, son cas n'est pas net, se dit en parlant de Quelqu'un qui est en danger pour quelque crime, pour quelque mauvaise affaire. On dit dans le même sens Se mettre dans un mauvais cas.

Prov., Tout vilain cas, tout mauvais cas est niable, se dit lorsqu'une personne a commis une faute grave et que la honte ou la crainte du châtiment la porte à la nier.

Cas de conscience, Difficulté ou question sur ce que la religion permet ou défend en certains cas. Ce docteur est fort versé dans les cas de conscience. Un cas de conscience fort difficile à résoudre. Il signifie aussi, d'une façon plus générale, Difficulté sur une question de devoir ou de morale. Je m'en fais un cas de conscience, Je m'en fais scrupule.

CAS signifie encore Estime. Faire cas de quelqu'un ou de quelque chose, L'estimer, en avoir bonne opinion. Faire grand cas d'un homme. C'est un ministre qui sait faire cas des hommes de mérite. Ne faire cas que de l'argent. On ne fait pas grand cas de ce qu'il dit. On n'en fait nul cas. Voilà le cas, le peu de cas que je fais de vos objections.

cas

Cas, Casus.

Un cas et meschant fait, Facinus, Flagitium.

Un cas aigre, et qui est trouvé fort mauvais, Crimen referuens siue acerbum.

C'estoit un cas punissable à un Senateur, Criminosum Senatori fuit.

Cas digne de mort, Cas capital, Fraus capitalis, Crimen capitale, vel facinus.

C'est un cas capital, où la vie pend, Ea res capitali noxae habetur.

Quelque grand cas dequoy il sera memoire apres, Aliquid insigne.

Quel grand cas est-ce, apres que, etc. Quid est enim magnum, quum causas rerum, etc.

C'est grand cas, Aliquid est.

Cas de malheur, Casus aduersi, Sinister casus.

O vilain cas deshoneste et meschant! O indignum facinus!

Voila le cas, Hem tibi omnem fabulam. B.

Veu le cas tel qu'il est, Pro re nata. B. ex Cic.

Cas fortuit, Fortuitus casus.

Par cas fortuit, Fortuito.

¶ Ce n'est pas mon cas, Mea aliud fert ratio, Quid mihi cum ista sanctimonia. B. ex Cic.

¶ Commettre un gros cas, Facinus vel flagitium admittere.

Commettre quelque vilain cas et meschanceté, Scelus edere.

Cas qu'on a commis, Crimen, Admissum, admissi.

Qui a commis un cas, Reus facti.

Faire quelque cas de nouveau, soit mal, soit bien, Designare.

Faire cas de Lese Majesté, Imminuere Maiestatem.

Aggraver le cas, Faire le cas plus grand qu'il n'est, Acerbare crimen.

Faire le cas moindre qu'il n'est, Crimen attenuare.

Il est question de grand cas pour toy, Permagna res tua agitur.

Il n'entend pas son cas, Sufficere sibi non potest. B. ex Vlp.

Qu'il payast et comparust ce cas, Vt debito supplicio scelus lueret.

Le cas fut fort demené et poursuivy du commencement, Caluit crimen recenti.

Charger quelqu'un de quelque cas, Trahere in crimen, In crimen vocare aliquem.

Je fay moins de cas du profit que de la renommée, Minoris vtilitatem quam famam facio. Liu. lib. 23.

Advoüer quelque cas, Suscipere facinus et agnoscere.

Cas privilegié, Delictum receptitium, Criminatio exceptitia.

¶ A fin qu'on face cas de toy, Vt tu aliquid esse videare.

On en feit cas d'estre mort si soudain, Subita mors in quaestionem venit.

Nostre cas se portant bien, Quum in Senatu pulcherrime staremus.

Qui a son cas net, Integra persona, Integri status homo. B. ex Paulo et Vlpiano.

Il a bien fait icy son cas, Foeliciter negotiatus est in hac re. B. Foeliciter et ex sententia rem gessit.

Son cas s'est bien porté, Cum illo actum optime est.

Mon cas iroit fort mal, si, etc. Male mecum ageretur, si, et caetera.

Mets le cas que, etc. Statue contra aliquem confectum tantis animi doloribus, etc.

Mettre le cas avec ses circonstances, Res vel controuersiae species cum suis accidentibus exponenda. B.

Pren le cas qu'il soit dit, Dictum puta.

Pren le cas qu'il soit vaincu, Pone eum esse victum.

¶ Prendre à defendre quelque cas criminel, Causam capitis defendere.

Reprocher quelque cas par injure, In maledicto, vel Criminis loco aliquid alicui obiicere.

¶ Ce cas me touche, Attinet hoc ad me.

¶ Selon que le cas s'addonne, Augere vel diminuere pro re nata. B.

¶ En ce cas là, En tel cas advenant, In specie eiusmodi, In hoc casu, In hunc casum.

Quand le cas escherra, Quum vsus venerit, vel, Quum vsu venerit. B.

Tu es en pareil cas, Eadem causa tua est. B.

cas

Cas pour Cassé, m. comme, Cette cloche sonne cas, Tintinnabulum obtuse sonat. Tu parles fort cas, Obtuse loqueris.

Casse, f. penacut. Voix casse, Vox obtusa, fusca, obscura, subabsurda.

câs


CâS, s. m. [, et devant une voyelle kâz; long.] 1°. Accident, aventûre, ocasion, conjonctûre. "Câs fortuit, imprévu, extraordinaire, fâcheux, étrange. En tel câs, ou en pareil câs, ou en ce câs, il faudroit, etc. = 2°. Fait, action en matière criminelle; câs grâve, énorme; câs graciable. — Câs privilégiés ou royaux; câs de conscience, câs réservés. = 3°. Estime; Faire câs de quelqu'un, ou de quelque chôse. "Il fait câs de cet homme, de cet ouvrage, etc.
   Être ou mettre dans le câs (n°. 1°.) régit de et l'infinitif "Je suis, ou il m'a mis dans le câs de ne pouvoir me garantir qu' en l'ataquant.
   Au câs, en câs, adverbes. Le premier se dit avec que et les verbes; le second, avec de et les noms: au câs qu'il viène; en câs de refus. Le P. Barre a donc mal parlé, quand il a dit: "Il le menaça, au câs de refus, de fondre sur ses états.
   Rem. 1°. Le P. Bouhours décide que l'on peut dire indiféremment au câs qu'il meure, ou en câs qu'il meure; et le Dictionaire de l'Academie semble autoriser cette décision; au câs que cela arrive, en câs que cela soit, que cela arrive. M. Beauzée est d'un aûtre sentiment. Il le motive par ce principe, que tout ce qui exige un antécédent le supôse déterminé individuellement: or, il ne peut l'être que par l'article. Au câs renferme cet article: au cas que, c. à. d. dans le câs que; mais en câs n'a point d'article, il ne doit donc point être suivi de que. — Quoiqu'il en soit, quand on pourrait dire en câs que, on ne pourrait pas dire au câs de, etc.
   2°. En câs et au câs que régissent le subjonctif. "Il ne se réservoit de le faire qu'en câs qu'il trouveroit de la résistance Journ. de Gen. Il falait, en câs qu'il trouvât, etc.
   * Pour ce qui est en câs de; locution populaire. "Est-ce que Genevieve n'est pas une honête fille? — Fort honête, pour ce qui est en câs de faire un compliment ou une révérence; mais pour ce qui est d'être la femme d'un mari, je n'estime pas que l'honêteté qu'elle a soit propre à cela. Marivaux. Cela peut être bon dans le rôle d'un valet ou d'une soubrette.
   Posé le câs que, me parait vieux: Suposé que, a le même sens, et il est plus de l'usage actuel. L'Acad. met pourtant en exemple et sans remarque, posé le câs que cela soit.
   En tout câs, adv. sans régime. Il se met à la tête de la phrâse, ou du second membre. Quoiqu'il arrive, à tout événement. — "Par ce moyen vous ne réussirez pas. — En tout câs, nous nous tournerons d'un aûtre côté: "Je vous payerai dans un mois, je l'espère: en tout câs je vous donerai des sûretés.
   On dit encôre, dans le style familier, le câs avenant, ou si le câs y échet, nous y aviserons.
   On dit, proverbialement, tout vilain câs est reniable, et le désaveu tout seul d'un homme n'est pas une preuve de son inocence. — Son câs est sale, il est coupable. Voy. n°. 2°. On dit, dans le même sens, son câs n'est pas net, son câs est véreux.
   CâS, Terme de Gramaire. Il exprime les diférentes inflexions des noms. Les Grecs et les Latins les marquaient par diférentes terminaisons: les Français les marquent par les deux prép. de et à, combinées avec l'article le, la, les, ou employées sans article. Les noms propres suivent la dernière manière; les noms communs ou apellatifs la première. On peut compter dans toutes les langues, comme en latin, six câs diférens; le nominatif ou le sujet de la phrâse; le génitif et le datif, qui sont, l'un le régime relatif des noms, l'autre le régime relatif des verbes; l'acusatif, qui est le régime absolu des verbes; le vocatif, qui sert à apeler; l'ablatif, qui est un régime relatif des verbes et adverbes. — César, de César, à César, César, ô César! de César. "César a été un grand Capitaine: l'ambition de César; les honneurs acordés à César; on a trop loué César; ô César, l'ambition vous a perdu! Rome ne voulut point dépendre de César. Voilà pour les noms propresLa vertu, de la vertu, à la vertu, la vertu, ô vertu! de la vertu. "La vertu seule peut nous rendre heureux; les charmes secrets de la vertu; rien ne doit être préféré à la vertu; aimez, louez la vertu; ô vertu! tu es aujourd'hui peu conûe; n'atendez rien de solide que de la vraie vertu. Voilà pour les noms comuns ou apellatifs. Le nominatif et l'acusatif sont semblables, ainsi que le génitif et l'ablatif. Le nominatif s'apèle quelquefois câs direct, et les aûtres sont apelés câs obliques.
   Rem. Nos plus célèbres Gramairiens modernes, sont du sentiment que nous n'avons qu'un seul article, le, la, les; que les aûtres prétendus articles ne sont que des combinaisons de cet article unique, avec les prépositions, à et de; au étant l'abrégé de à le; du, de de le; des de de les; que conséquemment nous n'avons ni câs, ni déclinaisons; et qu'il est ridicule de transporter dans une Langue aussi diférente de la latine que la nôtre, des règles et des principes, qui sont si oposés à son génie. C'est l'opinion de Mrs. Desfontaines, Girard, Dumarsais, d'Olivet, Duclos, Froment, Danchet, Hardouin, Bateux, Wailly, etc. C'est aussi le sentiment de l'Acad. Franç. à en juger par la dernière édition de son Dictionaire.
   Mais, d'aûtre part, le plus grand nombre des jeunes gens élevés dans les Collèges, et les Étrangers acoutumés aux élémens de la langue latine et de leur propre langue, sont aussi acoutumés à ces règles des câs et des déclinaisons. Ce serait les dérouter que de leur offrir une marche étrangère et un langage gramatical tout nouveau pour eux. Pour ceux des Français, qui ont été élevés à ne reconaitre qu'un seul article et deux prépositions qui se combinent avec cet article unique, il leur sera aisé de se mettre au fait des câs et des déclinaisons. Dans le fond, ce n'est qu'une simple dénomination, qui ne méritait pas d'exercer de si savantes Plumes.
   Ajoutons que les noms des câs sont aplicables à toutes les ocasions où on les emploie, et que les prép. à et de ne le sont pas. Quand je parlerai de génitif, de datif, d'ablatif, j'y comprendrai les pronoms comme les noms, parce que, suivant l'anciène méthode, les pronoms ont, comme les noms, leurs câs obliques. Mais quand je dirai qu'un nom, un verbe ou un adverbe, régit la prép. de ou à, comment les jeunes gens, les étrangers, les français même, qui, ne sachant que confusément leur langue, consultent un Dictionaire, apliqueront-ils cet avis aux pronoms, où souvent il n'y a pas de vestige de ces prépositions? Comment sauront-ils qu'il faut dire alors, dont, en, y, lui, leur, me, te, se, nous, vous, etc.?

câs


CâS, CâSSE, adj. [L'â est long.] Le masc. n'est plus d'usage. On dit encôre au fém. voix câsse et enrouée.

Synonymes et Contraires

cas

nom masculin cas
2.  Situation particulière.
Traductions

cas

Fallcase, affair, matter, eventgeval, naamval, zaak, kwestie, reden, ziektegevalיחסה (נ), פרשה (נ), פָּרָשָׁהπτώση, περίπτωσηcasoпадеж, случайcasoحَالَةpřípadtilfældetapausslučaj場合사례tilfelleprzypadekcasomålกรณี, เหตุการณ์vakatrường hợp案例案例 ()
nom masculin
ce qui arrive, situation Ce n'est pas le même cas. Que ferais-tu dans mon cas ?
si qqch de grave arrivait Vous pouvez m'appeler en cas d'urgence.
si cela est nécessaire Prévenez-moi en cas de besoin !
si Prends ton parapluie au cas où il pleuvrait.
même si qqch arrivait En tout cas, je te téléphone.

cas

[kɑ] nm
(situation supposée)case
au cas où (avec conditionnel)in case
Prends un sandwich au cas où la cantine serait fermée → Take a sandwich in case the canteen's closed.
dans ce cas → in that case
en ce cas → in that case
dans un cas comme dans l'autre → either way
le cas échéant → if need be
en cas de → in case of, in the event of
en cas d'accident → in the event of an accident
En cas d'incendie, appelez ce numéro → In case of fire, call this number.
en cas de besoin → if need be
en cas d'urgence → in an emergency
en aucun cas → on no account, under no circumstances
en tout cas → in any case, at any rate
(occurrence, situation spécifique)case
Mon cas est un cas particulier → Mine is a special case.
Il y a eu plusieurs cas de vandalisme → There have been several cases of vandalism.
un cas d'école → a textbook case
(personne ou chose qui se distingue des autres) un cas à part → a case apart
un cas particulier → a special case
un cas isolé → an isolated case
(MÉDECINE)case
On a encore eu plusieurs cas de variole → We've had several cases of smallpox.
un cas désespéré → a hopeless case
(LINGUISTIQUE)case
(autres locutions) ne faire aucun cas de
Il ne fait aucun cas de ce qu'on lui dit → He takes no notice of what people say to him., to take no notice of
faire peu de cas de → to attach little importance to
faire grand cas de → to attach great importance to