conjouir

CONJOUIR (SE)

(kon-jou-ir) v. réfl.
Se réjouir avec quelqu'un de ce qui lui est arrivé d'heureux.
Permettez, mes frères, qu'à l'occasion de cette sainte solennité je me conjouisse avec vous de la consécration de ce nouveau temple dans votre ville [P. BRIDAINE, dans le Dict. de DOCHEZ.]
V. n.
Dans tous ces cas d'actions charitables, l'homme est mû par un attrait intérieur pour son semblable, par une secrète sympathie qui le fait aimer, conjouir et condouloir [PROUDHON, dans le Dict. de DOCHEZ.]

REMARQUE

  • Ce mot a vieilli ; mais il est bien employé dans les exemples ci-dessus, et on peut s'en servir à l'occasion.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Guiteclins les conjot et salue et mercie [, Sax. 7]
    Chien mu n'aboient pas, sus le banc lié sunt ; As larruns conjoïssent, al mesfait od els sunt [, Th. le mart. 69]
  • XIIIe s.
    Por ce que [je] ne puis à mon gré conjoïr [, Berte, LXXXVIII]
    Forment les honora li rois et conjoï [, ib. CVIII]
    Et toute Flandres le tenoit à signeur, et moult le conjoïrent [, Chron. de Rains, p. 169]
    Et se il vait la messe oïr, Ce n'est pas por Dieu conjoïr, Ainz est por des deniers avoir [RUTEB., 221]
  • XVe s.
    [Il] Vint en Brabant par devers le roi Edouard d'Angleterre, qui le reçut et le conjouit moult grandement [FROISS., I, I, 79]
  • XVIe s.
    La reyne d'Angleterre envoya se conjouyr avec elle de son arrivée en Escosse [CASTELNAU, 62]
    Il s'estoit conjoui avec lui, par lettres, de l'oracle qui l'avoit logé entre les dieux [MONT., IV, 307]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. conjoir ; de congaudere, du latin cum, et gaudere, avoir joie (voy. JOUIR).