contagieux, euse

CONTAGIEUX, EUSE

(kon-ta-ji-eû, eû-z') adj.
Au sens passif, transmissible par contact ou par une communication qui ressemble au contact. Des vices contagieux. Une erreur contagieuse. Le rire est contagieux.
Le voisinage de l'imagination est extrêmement contagieux en la partie intellectuelle [BALZ., liv. VII, lett. 7]
C'est par vous seul, infortuné Narcisse, Que cette terre, inaccessible au vice, Connut enfin le mal contagieux [MALFIL., Narcisse, ch. I]
Terme de médecine. Transmissible d'un corps malade à un corps bien portant par l'intermédiaire d'un virus.
Je voudrais qu'on cherchât des préservatifs contre les maladies contagieuses de nos bestiaux, dans le temps qu'ils sont en bonne santé, afin de les essayer quand ils sont malades [VOLT., Lett. Bourgelat, 18 mars 1775]
Et comme un mal souvent devient contagieux [ROTROU, St-Genest, IV, 9]
Dans un sens restreint, les maladies contagieuses, les affections syphilitiques.
Au sens actif, qui transmet la contagion. Air contagieux. Miasmes contagieux.
On est pieux ou l'on croit l'être ; mais on l'est selon l'air contagieux du monde que l'on respire sans cesse [BOURD., Pensées, t. I, p. 434]
Vous souffrez auprès de vous des gens contagieux, démons domestiques, toujours attentifs à vous séduire et à vous inspirer le poison qu'ils portent dans l'âme [ID., Carême, t. I, p. 206]
Ici la terre ne porte pour fruits que du poison ; les hommes, contagieux, ne se parlent que pour se communiquer un venin mortel [FÉN., Tél. IV]
Et du méchant l'abord contagieux N'altère point son innocence [RAC., Athal. II, 9]
Certains livres de dévotion, écrits par des imaginations fortes et contagieuses [CONDILLAC, Art de penser, part. I, ch. 5]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    La maladie qui estoit contagieuse [BERCHEURE, f° 52, verso.]
  • XVe s.
    Tost est baillé un mal contagieux [CH. D'ORL., Ball.]
    Maistre Pierre Chevalier.... Vieille contagieuse, Voulez-vous donc gouverner la contrée En beguinant, faire la precieuse Pour empescher toute vie amoureuse ? [EUST. DESCH., Poésies mss. f° 334, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Le mal en est si contagieux qu'il y a danger qu'il ne se espande plus avant par toute la chrestienté [CONDÉ, Mémoires, p. 644]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. contagios ; espagn. et ital. contagioso ; du latin contagiosus (voy. CONTAGION).