conte


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conte

n.m. [ de conter ]
1. Récit assez court d'aventures imaginaires : Un livre de contes pour enfants. Les contes des « Mille et Une Nuits ».
2. Péjor. Discours peu vraisemblable : Elle m'a sorti un conte à dormir debout pour expliquer son absence fable, histoire
Remarque: Ne pas confondre avec compte ou comte.
Conte de fées,
récit merveilleux, dans lequel les fées jouent un rôle essentiel ; par ext., aventure extraordinaire, idyllique : Sa vie ressemble à un conte de fées.

CONTE

(kon-t') s. m.
Récit, rapport, et, particulièrement, récit de quelque anecdote, de quelque aventure. Un bon conte. Il sait des contes de toute sorte. Il fait un conte mieux qu'homme du monde.
Tu fais après cela des contes superflus [CORN., Héracl. IV, 4]
J'ai une démangeaison naturelle à faire part des contes que je sais [MOL., Scapin, III, 3]
J'étais toute remplie du conte et je brûlais de le redire [ID., ib. III, 4]
Des personnes qui disent de sots contes [PASC., J. C. 43]
Dans la conversation, ce qu'on appelle conte est le récit bref et rapide de quelque chose de plaisant [MARMONT., Élém. de littér. t. VI, p. 207, dans POUGENS]
On en fit le conte à la reine [HAMILT., Gramm. 8]
De grâce n'allez pas divulguer un tel conte [MOL., l'Étour. II, 5]
À cause des contes perpétuels qu'ils nous en font [SÉV., 243]
Il nous fit l'autre jour un fort plaisant conte [ID., 504]
Ses ennemis [de Bion] avaient fait des contes au roi Antigonus, au sujet de sa naissance ignominieuse [FÉN., Bion.]
On aura fait quelque conte, Et de dépit transportés Peut-être ils règlent le compte De leurs infidélités [BÉRANG., Bon ménage.]
Familièrement. Quel conte me faites-vous avec vos dépenses ? c'est-à-dire, que me parlez-vous de dépenses ? c'est-à-dire encore, vous me parlez de dépenses qui ne sont pas réelles ou auxquelles je ne veux pas prendre part.
Récit d'aventures merveilleuses ou autres, fait en vue d'amuser. Les contes de fées. Les contes de Perrault.
On fait en Italie un conte assez plaisant [RÉGNIER, Sat. IX]
Boccace en fait certain conte pour rire [LA FONT., Mazet.]
Maudit censeur, te tairas-tu ? Ne saurai-je achever mon conte ? [ID., Fab. II, 1]
Une morale nue apporte de l'ennui ; Le conte fait passer le précepte avec lui [ID., ib. VI, 1]
Le conte est du bon temps, non du temps où nous sommes [ID., ib. X, 10]
Jamais ce qu'on appelle un bon conte ne passe d'une main à l'autre sans recevoir quelque embellissement [ID., Contes, Préf. du tome II]
Les aises de la vie, l'abondance, le calme d'une grande prospérité font que les princes ont de la joie de reste pour rire d'un nain, d'un singe, d'un imbécile et d'un mauvais conte [LA BRUY., IX.]
Qui croirait que le ménestrel Rutebeuf, Hébert et d'autres auteurs aussi inconnus et en apparence aussi méprisables, fussent les originaux des meilleurs contes de Bocace ? [FONTEN., Hist. du th. fr. Œuvres, t. V, p. 11, dans POUGENS.]
C'est à qui trouvera les meilleures chansons, à qui fera les meilleurs contes [J. J. ROUSS., Hél. V, 7]
Contes bleus, contes de fées et autres récits de ce genre, ainsi dits parce qu'ils étaient d'ordinaire couverts d'un papier bleu ; et par extension, récits imaginaires, raisons sans fondement, billevesées.
Les pères, les maris me prendront aux cheveux, Pour dix ou douze contes bleus ! [LA FONT., Oies.]
Voilà les contes bleus qu'il vous faut pour vous plaire [MOL., Tart. I, 1]
Nargue des vertus ! On n'en sait que faire ; Aux sots revêtus Le tout est de plaire ; De ses contes bleus L'honneur nous assomme [BÉRANG., Scand.]
Récit où une aventure plus ou moins libre est racontée.
J'avais résolu de ne consentir à l'impression de ces contes qu'après que j'y pourrais joindre ceux de Boccace qui sont le plus à mon goût [LA FONT., Contes, préface du tome I]
On m'en peut faire deux principales [objections] : l'une que ce livre est licencieux, l'autre qu'il n'épargne pas assez le beau sexe ; quant à la première, je dis hardiment que la nature du conte le voulait ainsi, étant une loi indispensable selon Horace et selon la raison et le sens commun de se conformer aux choses dont on écrit [ID., ib.]
Ce principe une fois posé, ce n'est pas une faute de jugement que d'entretenir les gens d'aujourd'hui de contes un peu libres [ID., ib.]
Je ne pèche pas non plus en cela contre la morale ; s'il y a quelque chose dans nos écrits qui puisse faire impression sur les âmes, ce n'est nullement la gaieté de ces contes ; je craindrais plutôt une douce mélancolie où les romans les plus chastes et les plus modestes sont très capables de nous plonger [ID., ib.]
Conte gras, conte graveleux.
Par extension, discours ou récit mensonger, peu vraisemblable et auquel on ne croit pas.
Jugez par là combien ce conte est ridicule [CORN., Héracl. I, 1]
Certes, ma sœur, le conte est fait avec adresse [ID., Pomp. I, 3]
Je le sers aussitôt d'un conte imaginaire Qui l'étonne lui-même et le force à se taire [CORN., le Ment. I, 6]
C'est un conte à n'y rien connaître, Un conte extravagant, ridicule, importun ; Cela choque le sens commun ; Mais cela ne laisse pas d'être [MOL., Amph. II, 1]
.... Je vois que d'un conte odieux Vous avez, comme moi, sali votre mémoire [BOILEAU, Sat. X]
Ils nous donnent encore, avec leurs lois sévères, De cent sots contes par le nez [MOL., Amph. II, 3]
Faire des contes, dire des choses qui sont sans fondement.
Ce sont apparemment mes ennemis, madame, qui vous ont fait ces contes ; ils vont criant que je suis mal en cour [VOLT., le Taureau blanc.]
On dit en ce sens : conte de bonne femme, conte borgne, conte à dormir debout, conte de vieille, conte d'enfant, conte de ma mère l'oie, conte de ou à la cigogne, conte de peau d'âne.
Dans ces diverses cosmogonies, on est placé entre des contes d'enfants et des abstractions de philosophes [CHATEAUB., Génie, I, III, 1]
Conte en l'air, mensonge, duperie.
Ce ne sont pas là des contes en l'air comme les vôtres [PASC., Prov. 16]
Mais il prend mes avis pour des contes en l'air [MOL., Éc. des mar. II, 14]
Voilà un beau conte, de beaux contes ! se dit pour exprimer qu'on n'ajoute aucune foi aux récits, aux paroles de quelqu'un. Conte fait à plaisir, récit inventé de toute pièce.
Ce privilége [de changer le récit] cessera-t-il à l'égard des contes faits à plaisir, et faudra-t-il dorénavant avoir plus de respect pour le mensonge que les anciens n'en ont eu pour la vérité ? [LA FONT., Contes, préface du tome II]

SYNONYME

  • CONTE, FABLE, NOUVELLE, ROMAN. Il n'y a pas de différence fondamentale entre le conte et le roman ; l'un et l'autre sont des narrations mensongères ou regardées comme telles. Tout ce qu'on peut dire, c'est que conte est le terme générique puisqu'il s'applique à toutes les narrations fictives, depuis les plus courtes jusqu'aux plus longues. Le roman ne se dit que de celles-ci. Un conte de trois pages ne s'appellera jamais un roman, tandis qu'un roman est, dans toute la rigueur du terme, un conte suffisamment long. La nouvelle ne se distingue pas non plus au fond du conte ou du roman. Dans l'usage ordinaire, c'est un roman de petite dimension dont le sujet est présenté comme nouveau ou peu ancien, ou avec des détails inconnus jusqu'ici. La fable, dans le sens d'apologue, est le récit d'une petite scène entre des animaux ou des végétaux auxquels on prête les sentiments et le langage humains. Dans la conversation, quand après un récit entendu on dit : c'est un conte, ou c'est une fable, on entend que le récit n'est pas vrai. Quand on dit : c'est un roman, on veut dire que les aventures racontées sont extraordinaires ; elles peuvent néanmoins être vraies.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Ne sont que trois matieres [de poëme] à nul home entendant, De France, de Bretaigne et de Rome la grant ; Li conte de Bretaigne sont si voir et plaisant [, Sax. I]
  • XIIIe s.
    Encor est-il [Artus] de tel renom, Que l'en conte de li les contes Et devant rois et devant contes [, la Rose, 1187]
  • XVe s.
    Pourquoi vous feroie-je long conte ? [FROISS., I, I, 152]
  • XVIe s.
    Le conte dict que Psammenitus.... [MONT., I, 6]
    Les enfants sçavent le conte du roy Croesus à ce propos [ID., I, 65]
    Tu te fondes sur les contes des medecins [ID., I, 73]
    Il y en a qui estiment que ce sont toutes fables, et comptes faicts à plaisir [AMYOT, Rom. 12]
    Un conte attire l'autre [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. conte, comte ; espagn. cuento ; ital. conto (voy. CONTER).

conte

CONTE. n. m. Court récit d'aventures imaginaires, soit qu'elles aient de la vraisemblance ou qu'il s'y mêle du merveilleux. Contes de fées. Les contes arabes. Les contes de Boccace, de La Fontaine, etc. Les contes de nos anciens auteurs. Contes en vers. Contes en prose. Dire, réciter un conte. Un conte divertissant, agréable, ennuyeux, etc. Un vieux conte. Ce n'est pas une histoire véritable, c'est un conte.

Fam., Conte de bonne femme, conte de vieille, contes d'enfants, contes de ma Mère l'Oie, conte de Peau-d'Âne, conte à dormir debout, conte bleu, Fables dépourvues de toute vraisemblance, telles que sont celles dont les vieilles gens entretiennent et amusent les enfants.

Il se dit aussi familièrement des Histoires plaisantes, vraies ou fausses, que l'on dit pour amuser, railler, médire, etc. C'est un conte fort plaisant. Un mauvais conte. C'est un grand faiseur de contes. N'écoutez pas cet homme, ce qu'il vous dit n'est qu'un conte fait à plaisir. Ce n'est qu'un conte en l'air. Ironiquement, Voilà un beau conte, de beaux contes!

Fam., Conte gras, Conte licencieux.

conté

Conté, f. ac. Le pays portant ce titre de dignité qui a quatre baronies, chacune d'icelles ayant sous elle dix nobles hommes.

conte

Conte, et Contesse, Comes, A comitando nomen accepere Comites, quod principem comitarentur ad bella publicaque negotia, eius lateri semper haerentes: Lingua Teuthonica Graven appellantur, et Comites ein Graf, Significat autem Graf, praefectum. Comites nempe ab Imperatoribus et Principibus ad administrandas prouincias regionesque, ad custodiam maritimam, ad Marcam, id est, praefecturam seu limitem, et castra destinabantur. Ideoque varia sunt Comitum genera: vt Pfaltz graf, Comes palatinus, Conte Palatin, hoc est palatij imperialis praefectus, Landgraf, ou Landgrave, Comes prouincialis, id est, prouinciae praefectus, Land signifie autant que Terre ou Pays, Marcgraf, Comes Marcae, hoc est limitis, Conte de la Marche: Nos Marchionem vulgo dicimus, Marquis: et Marchionatum le Marquisat, Burggraf, ou Burggrave, Comes Castrensis, hoc est castris praefectus, Le conte est fait de Viconte ou Baron qu'il estoit, quand il a quatre Baronnies, et en chacune d'icelles dix nobles hommes pour le moins, dont la ceremonie est telle: Son Prince ou autre Prince, ou Marquis de par luy apres la messe chantée par un Prelat, ledit Prince ou Marquis estant assis recevra l'hommage dudit futur Conte, et apres fera lire publiquement le privilege de l'erection, et ce fait par le bail d'un riche diamant (qui signifie Avoir) l'investira et mettra en possession de sa Conté, qui portera le nom de la plus noble de ses dites Baronnies, cet acte se fait presens plusieurs Princes, Contes, Barons, Chevaliers, Dames et Damoiselles, avec grands festins, joustes et tournois.

conté

Eriger un Conté en Duché, Comitem Ducis appellatione augere, B.

Eriger une Baronnie en Conté, Baronem Comitis nomine ac dignitate afficere, B.

conte

Conte, Narratio, voyez Compter.

Un conte, devis et propos, soit vray ou faux, qu'on fait à plaisir pour donner passetemps, Fabula.

Un conte ou quelque sornette plaisante à raconter, Acroama, acroamatis.

Un conte où il y a plusieurs mensonges, Fabulositas, Historia, fabularis.

Conte de choses veritables, Historia.

Un conte et narration suyvant l'ordre que les choses ont esté faictes, Temporum descriptiones.

Tu nous en contes bien, Dit par moquerie, Belle narras.

Les gens parlent fort de luy, et en font leurs contes, In ore vulgi, atque in communibus prouerbiis versatur.

Abbreger son conte, Addere ad compendium.

conte


CONTE, s. m. [1re lon. 2ee muet. Il est trois mots, qui se prononcent de même; Compte, Comte, et Conte, mais ils ont des significations bien diférentes. Plusieurs confondent le 1er et le dern. Voy. ces mots à leur place.] Narration, récit de quelque aventûre. On le dit plus souvent des fabuleûses, que des véritables; bon ou mauvais conte, agréable et plaisant, ou ennuyeux, ridicule, etc. = On done plusieurs noms aux contes dont on amuse les enfans. Conte de vieille, conte de Peau d'âne, Conte borgne, Conte de ma Mère-l'Oie, de la Cigogne, Conte bleu, Conte à dormir debout. = Conte grâs, licencieux.
   Mde. de Sévigné joûe le mot sur la diférence de conte et compte: "Ils me trouvent ridicule de préférer un compte de fermier, aux contes de la Fontaine.

Synonymes et Contraires

conte

nom masculin conte
1.  Récit imaginaire.
2.  Récit mensonger.
fable, histoire, invention, mensonge -familier: bobard -populaire: craque.
Traductions

conte

Märchen, Geschichtetale, fairy tale, story, fable, short storysprookje, verhaal, praatje, vertelsel, verzinselמדרש שמות (ז), מעשייה (נ), תינוי (ז), מַעֲשִׂיָּה, סִפּוּרconte fabulóshistorka, pohádka, povídkaδιήγημαfabeloconseja, cuentocerita dongeng, dongengfavola, fiaba, novella, raccontobajkaconto de fadas, estória, fábula, lendasagaПриказка故事fortælling이야기 (kɔ̃t)
nom masculin
récit, histoire un conte de fée

conte

[kɔ̃t] nmtale
conte de fées nmfairy tale