conteur, euse

CONTEUR, EUSE

(kon-teur, teû-z') s. m. et f.
Celui, celle qui narre habituellement. Conteur agréable.
L'art du conteur est de réduire l'action à ce qu'elle a d'original et d'intéressant [MARMONT., Élém. litt. Œuvres, t. VII, p. 42, dans POUGENS]
L'un d'eux était de ces conteurs Qui n'ont jamais rien vu qu'avec un microscope [LA FONT., Fabl. IX, 1]
Mme de Chevreuse, qui était une conteuse, m'a dit qu'elle avait été cause de l'emprisonnement de M. le prince [Condé] [SEGRAIS, Mémoires, t. II, p. 14]
Celui qui compose, écrit des contes. Les conteurs orientaux.
Celui, celle qui débite des choses fausses ou frivoles. C'est un conteur, un conteur de fagots, un conteur de sornettes, un conteur de chansons. Conteur de fleurettes. Conteur, celui qui en conte à une femme.
Elle en aimait fort une [jeune fille] à qui l'on en contait, Et le conteur était un gentilhomme De ce logis, bien fait et galant homme [LA FONT., Fianc.]
En cet emploi, conteur ne se dit que par occasion ; c'est à cause du mot en conter mis précédemment qu'il peut figurer ici ; car, s'il n'était pas précédé du verbe, tout le monde entendrait un homme qui fait des contes en général, et non pas un homme qui cherche à plaire.
Adjectivement.
Et dans de longs récits la vieillesse conteuse En troublait le repos de l'enfance peureuse [DELILLE, Homme des ch. I]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Tant ont li compteour compté, Et li fableour tant fablé [DU CANGE, abelimentum]
  • XVe s.
    Cil est appellé conteur, que aucun establit à parler et conter pour soy en court [, Anc. coustume de Normandie, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    À fol conteur sage escouteur [COTGRAVE, ]
    Tel conteur tel auditeur [LEROUX DE LINCY, t. II, p. 420]

ÉTYMOLOGIE

  • Conter ; provenç. comtaire ; espagn. contador ; ital. contatore. Le provençal comtaire est au nominatif ; le régime serait comtador. Le vieux français compteour ou conteour est au nominatif pluriel ; le nominatif singulier est contere, et le régime singulier conteour ou conteor.