contre-poids

CONTRE-POIDS

(kon-tre-poî ; l's se lie : un contre-poî-z efficace) s. m.
Poids contre-balançant l'action d'un poids ou d'une force. Le contre-poids d'une horloge. Contre-poids de tourne-broche, poids qui, avec le balancier, sert à régler le tournebroche. Équilibre.
Tellement que le poids de ce vif-argent ayant autant de force pour tomber que le poids de l'eau a pour le pousser en haut, tout demeure en contre-poids [PASC., Équil. des liqueurs, III]
Fig.
Sans doute ils [les poëtes] avaient quelque chose de meilleur en eux que le vulgaire.... en contre-poids, ils avaient aussi des vices bien insupportables ; c'étaient les plus fantasques et les plus inconstants du monde [, Francion, liv. V, p. 191]
Balancier dont les funambules se servent pour se tenir en équilibre. Terme de manége. Aplomb du cavalier sur la selle.
Fig. Ce qui contre-balance, ce qui compense.
Le peu qu'ils ont gagné vous fait assez juger Qu'ils n'y mettront jamais qu'un contre-poids léger [CORN., Nicom. III, 6]
Un grand roi pèse tout d'un contre-poids égal, Rend le bien pour le bien et le mal pour le mal [ROTR., Antig. IV, 1]
Nous ne nous soutenons pas dans la vertu par notre propre force, mais par le contre-poids de deux vices opposés, comme nous demeurons debout entre deux vents contraires [PASC., dans COUSIN]
À quelque rang et à quelque degré qu'un pécheur soit élevé, il a, dans la vue de ses égarements passés, un contre-poids qui le rabaisse et qui lui sert de préservatif contre toutes les attaques d'une vaine estime de lui-même [BOURD., Pensées, t. I, p. 394]
Pour lui servir de contre-poids [BOSSUET, I, Prof. 1]
Par un conseil de la Providence divine, qui sait donner aux conditions les plus élevées leur contre-poids, cette grandeur que nous admirons de loin touche moins quand on y est né ou se confond elle-même dans son abondance [BOSSUET, Marie-Thér.]
Sous le sage Michel le Tellier, le conseil fit sa véritable fonction, et l'autorité de ses arrêts, semblable à un juste contre-poids, tenait par tout le royaume une balance égale [ID., le Tel.]
J'admire le contre-poids que Dieu veut mettre à la joie que j'aurai [SÉV., 144]
Il n'y avait à Syracuse aucun contre-poids pour maintenir ces deux corps dans un juste équilibre [ROLLIN, Hist. ancienne, Œuvres, t. X, p. 117, dans POUGENS.]
Il n'y eut que le cœur de l'homme qui manqua de contre-poids dans la nature [CHATEAUB., Génie, I, 4]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Toutes ces armes ne valent un balois ; Vilainement l'en fist le contrepois ; Plaine sa lance l'abat mort en l'erbois [, Raoul de C. 97]
  • XIIIe s.
    Or demende l'en se l'en puet partir [partager] beste, qui vaut mains [moins] morte que vive ? et l'en dit que non ; mès l'en doit fere contrepois de pecune contre la beste, et li chois est à celi qui n'a mestier de partir [, Liv. de just. 154]
  • XVIe s.
    Juger de la force d'une place par l'estimation et contre-poids des forces qui l'assaillent [MONT., I, 53]
    D'autant plus que l'ame est plus vuide et sans contre-poids, elle se baisse plus facilement sous la charge de la premiere persuasion [ID., I, 200]
    C'estoit un peu de mal en contre-poids d'une très grande felicité [AMYOT, Cam. 12]
    Il eut pour contre-poids Themistocles, filz de Neocles, qui favorisa tousjours l'estat populaire [ID., Arist. 4]
    Ceste force estant divisée en deux parts maintenoit la chose publique en egal contre-poids [ID., Pomp. 65]

ÉTYMOLOGIE

  • Contre, et poids ; provenç. contrapes ; espagn. contrapeso ; portug. contrapezo ; ital. contrappeso.
Traductions

contre-poids

משקל נגד (ז)