cotret

(Mot repris de cotrets)

COTRET

(ko-trè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : kotrè-z et fagots ; cotrets rime avec succès, traits, jamais, paix, etc.) s. m.
Fagot de bois court et de médiocre grosseur. Acheter un cotret. Brûler des cotrets.
J'estime également ceux qui ont la charge des plus grandes affaires et ceux qui n'ont qu'une charge de cotrets sur le dos, si la vertu n'y met de la différence [, Francion, liv. II, p. 452]
Châtrer des cotrets, en ôter quelques bâtons.
Chacun des bâtons qui composent le fagot. Familièrement. Un coup de cotret. De l'huile de cotret, des coups de bâton. Être sec comme un cotret, être fort maigre. Des jambes de cotrets, jambes fort menues.
Morceau de bois qui fait partie des ailes d'un moulin à vent. Madrier faisant partie du métier de haute lisse.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    En Greve, un cent de costerez de Bourgogne [, Ménagier, II, 4]
  • XVe s.
    Le cent de cotterets pour vingt sous parisis [, Journal de Paris, an 1442]
    Brief, c'est un gentil compaignon ; Et si a ung très beau maintien ; Par mon ame, c'est grand dommaige Qu'il n'est porteur de cotherès [COQUILLART, le Monologue du puits.]
    Et puis après, pour faire fin, Le cotteret et la bourrée [VILLON, Repue fr. du souffreteux.]
  • XVIe s.
    S'ils se fussent presentez à l'impourveue avec des bastons de cotterets ès mains [LANOUE, 551]
    Mettant d'un costé les grosses buches et bois de fente et de moule ; de l'autre les fagots, bourrées et costerets [O. DE SERRES, 808]
    Je pense que plusieurs sont aujourd'hui empereurs, roys, ducz, princes et papes en la terre, lesquelz sont descenduz de quelques porteurs de roguatons et de coustrets [RAB., Garg. I, 1]

ÉTYMOLOGIE

  • Saintonge, coterâ. Origine inconnue. Vient-il de Villers-Cotterets, localité où il y a de grandes forêts ? mais on n'a aucun renseignement qui permette d'affirmer qu'il en est ainsi (en tout cas Villers-Cotterets se décompose en villers-coste-Retz, près de Retz). D'autre part, il y a dans le bas-latin costeretum, en français costeret, qui signifie une charge, un panier, une botte (texte de 1295) : Chacune mande [manne] de merlan ou poisson doit deux deniers, et s'ils sont en costerès, chascun costeret doit deux deniers. Ce costeretum vient de costa dans le sens de panier, botte : une coste de raisins (texte de 1379) ; costa circulorum, une botte de cercles. On peut sans beaucoup de peine passer de l'idée de botte à celle de fagot.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    COTRET.
    Ajoutez :
    Cotrets de taillis, cotrets faits avec du bois taillis ; cotrets de quartiers, cotrets faits de rondins refendus [J. SAVARY, Dict. univ. du commerce]
    Ajoutez :
  • Sous le cotret, sous les coups de bâton.
    Nous verrons ce soir, si je le tiens, Danser sous le cotret sa noblesse et ses biens [CORN., Illus. II, 9]

ÉTYMOLOGIE

  • Ajoutez : Savary, dans son Dict. de commerce, dit que cette espèce de bois a été ainsi nommée, parce qu'il en a été envoyé en premier lieu de la forêt de Villers-Cotterets.

cotret

COTRET. n. m. Petit fagot composé de morceaux de bois courts et de médiocre grosseur. Cotret de bois rond, de bois de hêtre, de chêneau, de bois blanc. Un cent, un millier de cotrets.

Il se dit aussi de Chacun des bâtons dont se compose le fagot. Un coup de cotret.

Fam., Être sec comme un cotret, Être maigre et décharné.

Fig. et pop., De l'huile de cotret, Des coups de bâton.

cotret


COTRET, ou COTERET, s. m. L'Acad. met le premier. [Kotrè, 2e è moy.] Petit faisceau court, composé de morceau de bois de médiocre grôsseur, et lié par les deux bouts. — Châtrer des cotrets, en ôter quelques bâtons. — Sec comme un cotret, maigre et décharné. — Huile de cotret, coups de batons. Ce dernier est bâs et populaire.