créancier, ière

CRÉANCIER, IÈRE

(kré-an-sié, siê-r') s. m. et f.
Celui, celle qui a une créance sur quelqu'un. Frustrer ses créanciers. Créancier privilégié.
C'est une fort mauvaise politique, que de se faire celer aux créanciers [MOL., Don Juan, IV, 2]
Elle ne se permit pas avec ses créanciers ces compositions adroitement colorées qui souvent ne sont qu'une injustice couverte d'un nom spécieux [BOSSUET, Anne de Gonz.]
L'État peut être créancier à l'infini, mais il ne peut être débiteur qu'à un certain degré ; et, quand on est parvenu à passer ce degré, le titre de créancier s'évanouit [MONTESQ., Esp. XXII, 18]
Fig.
Les habitants de la campagne, ces créanciers de la terre et de la nature [MIRABEAU, Collection, t. II, p. 238]
Adjectivement.
Bacchus et peut-être l'Amour L'occupent souvent tour à tour, Sans compter l'hydre créancière [LA FONT., Lett. XXIII]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Et li prophetes cumandat que ele s'en alast, e vers ses creanciers s'en aquitast, e del surplus sei e ses fiz suztenist e cunreast [, Rois, 356]
  • XIIIe s.
    Tous mes creanciers en deçui [je déçus], Si que ge n'en poi nus paier, S'en me devoit pendre ou noier [, la Rose, 7976]
    Le creancier qui tient le gage n'est pas possessor [, Liv. de just. 90]
    Nous disons que en cest cas li creanciers pot fere les biens arrester là ù la dete fu fete [BEAUMANOIR, 58]
  • XVIe s.
    Ne pouvans payer, ilz estoient adjugez à leurs creanciers., -L, a cruaulté des creanciers usuriers [AMYOT, Solon, 20]

ÉTYMOLOGIE

  • Créance 2.