croire


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croire

v.t. [ lat. credere ]
1. Admettre qqch comme vrai, réel, certain : Elle n'a pas cru mon histoire contester douter de
2. Tenir qqn pour sincère ; avoir confiance en ce qu'il dit : Croire qqn sur parole. Ce témoin mérite d'être cru.
3. Envisager par la pensée ; tenir qqch pour possible : Je n'aurais jamais cru qu'il en serait capable imaginer, penser supposer présumer
4. Avoir telle opinion, tel jugement sur qqn ou qqch ; considérer comme : Je la crois capable de tout estimer imaginer, juger, tenir pour
En croire qqn, qqch,
s'en rapporter à qqn, qqch ; se fier à qqn, qqch : À l'en croire, il est capable de tout. Je n'en crois pas mes yeux.
Faire croire qqch à qqn,
l'en convaincre, l'en persuader.
v.t. ind.
1. (à) Tenir pour certain l'existence de qqn, qqch ; avoir foi en sa véracité, son efficacité : Il croit dur comme fer aux extraterrestres. Elle croit à son projet. Je vous prie de croire à mon dévouement compter sur
2. (en) Avoir confiance en qqn ; reconnaître l'existence de : Croire en ses amis. Croire en Dieu.
v.i.
Avoir la foi religieuse : Il a cessé de croire il y a des années.

se croire

v.pr.
1. S'estimer tel, avoir telle impression : Il se croit intouchable. On se croirait en plein hiver.
2. (Sans compl.) Avoir une bonne opinion de soi, être vaniteux : Elle est gentille, mais elle se croit.

croire


Participe passé: cru
Gérondif: croyant

Indicatif présent
je crois
tu crois
il/elle croit
nous croyons
vous croyez
ils/elles croient
Passé simple
je crus
tu crus
il/elle crut
nous crûmes
vous crûtes
ils/elles crurent
Imparfait
je croyais
tu croyais
il/elle croyait
nous croyions
vous croyiez
ils/elles croyaient
Futur
je croirai
tu croiras
il/elle croira
nous croirons
vous croirez
ils/elles croiront
Conditionnel présent
je croirais
tu croirais
il/elle croirait
nous croirions
vous croiriez
ils/elles croiraient
Subjonctif imparfait
je crusse
tu crusses
il/elle crût
nous crussions
vous crussiez
ils/elles crussent
Subjonctif présent
je croie
tu croies
il/elle croie
nous croyions
vous croyiez
ils/elles croient
Impératif
crois (tu)
croyons (nous)
croyez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais cru
tu avais cru
il/elle avait cru
nous avions cru
vous aviez cru
ils/elles avaient cru
Futur antérieur
j'aurai cru
tu auras cru
il/elle aura cru
nous aurons cru
vous aurez cru
ils/elles auront cru
Passé composé
j'ai cru
tu as cru
il/elle a cru
nous avons cru
vous avez cru
ils/elles ont cru
Conditionnel passé
j'aurais cru
tu aurais cru
il/elle aurait cru
nous aurions cru
vous auriez cru
ils/elles auraient cru
Passé antérieur
j'eus cru
tu eus cru
il/elle eut cru
nous eûmes cru
vous eûtes cru
ils/elles eurent cru
Subjonctif passé
j'aie cru
tu aies cru
il/elle ait cru
nous ayons cru
vous ayez cru
ils/elles aient cru
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse cru
tu eusses cru
il/elle eût cru
nous eussions cru
vous eussiez cru
ils/elles eussent cru

CROIRE

(kroi-r' ; en 1703, la prononciation indiquée est crere, sur le théâtre on disait je croa et non pas je cres ; plusieurs prononcent crere, dit Chifflet, Gramm. p. 201 ; je crais, dit Vaugelas ; la prononciation longtemps incertaine, comme on voit, est maintenant fixée) , je crois, nous croyons, vous croyez, ils croient ; je croyais, nous croyions ; je crus, nous crûmes ; je croirai ; je croirais ; crois, croyons, croyez ; que je croie, que nous croyions, que vous croyiez, qu'ils croient ; que je crusse ; croyant ; cru, crue v. a.

Résumé

Être persuadé qu'une chose est vraie, réelle
ajouter foi à, obéir à, suivre l'avis
en croire
penser, présumer, s'imaginer
s'en rapporter à, compter sur
v. n. ajouter foi
avoir la foi
croire à, avoir confiance en
croire à, être persuadé de l'existence de....
10° croire en, être persuadé de l'existence de....
11° se croire, avoir certaine opinion de soi ; être cru.
V. a. Être persuadé qu'une chose est vraie, est réelle.
Un Turc, un hérétique qui ne croit ni ciel, ni saint, ni Dieu, ni loup-garou [MOL., D. Juan, I, 1]
Mais encore faut-il croire quelque chose dans le monde ; qu'est-ce que vous croyez ? [ID., ib. III, 1]
La promptitude à croire le mal sans l'avoir assez examiné est un effet de l'orgueil et de la paresse [LAROCHEF., Max. 267]
Incrédules les plus crédules, ils croient les miracles de Vespasien pour ne pas croire ceux de Moïse [PASC., Pens. Part. II, art. 17]
Vous ne pouviez plus mal choisir que d'accuser le Port-Royal de ne pas croire l'Eucharistie [ID., Prov. 16]
Il ne croit donc pas le sacrifice de la messe [ID., ib.]
Le pape entreprend donc sur nos libertés dans cette bulle où il veut nous obliger de croire ses décisions [ID., ib. 19]
Quand les pères ont condamné Eutychès, parce qu'il ne croyait qu'une nature en Jésus-Christ, a-t-il dit que non et qu'il en croyait deux ? [ID., Lett. de Nicole au P. Annat.]
En montrant la vérité, on la fait croire [ID., dans COUSIN]
C'est un aveuglement de vivre mal en croyant Dieu [ID., ib.]
Que dirai-je de ceux qui croyaient la transmigration des âmes ? [BOSSUET, Hist. II, 6]
Tels sont les prodiges qu'il faut croire quand on ne veut pas croire les miracles du Tout-puissant ? [ID., ib. II, 13]
Au troisième jour il ressuscite, il paraît aux siens qui l'avaient abandonné et qui s'obstinaient à ne pas croire sa résurrection [ID., ib. II, 6]
Ces hommes délicats qui ne croient pas la vérité de Jésus-Christ et de la parole [FLÉCH., Serm. I, 69]
Les uns croient la Providence, les autres la nient [FÉN., Pyrrh.]
Ce qu'il croyait il le voyait, au lieu que les autres croient ce qu'ils voient [FONTEN., Carré.]
Le gouverneur ne savait que croire des dieux, il était obsédé d'Épicuriens [ID., Oracles, ch. 14]
Il a recours au Dieu de ses pères ; il redoute ses jugements qu'il faisait semblant de ne pas croire [MASS., Car. Doutes sur la relig.]
Nous nous laissons mollement entraîner au cours fatal que nous emporte sur le préjugé général que nous ne croyons rien [ID., ib.]
Vous tremblez sur un avenir que vous vous étiez vanté de ne pas croire [ID., ib. Vérit. de la relig.]
Ceux de Formose croient une espèce d'enfer [MONTESQ., Espr. XXIV, 11]
Ces auteurs, me repartit-il, n'ont pas cherché dans l'Écriture ce qu'il faut croire, mais ce qu'ils croient eux-mêmes [ID., Lett. pers. 134]
Si quelque chose justifie ceux qui croient une fatalité à laquelle rien ne peut se soustraire.... [VOLT., Louis XIV, 25]
Vous croyez tous les maux que votre âme redoute [ID., Mérope, I, 2]
Si ces philosophes croient l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme [J. J. ROUSS., Hél. III, 18]
Croire une chose comme l'Évangile, comme un article de foi, la croire fermement. Croire tout comme article de foi, être extrêmement crédule. Familièrement. J'aime mieux le croire que d'y aller voir, se dit de choses qu'on dédaigne de vérifier, ou qu'on n'a pas le temps ou le moyen de vérifier. Si vous ne le croyez pas, allez-y voir, se dit à une personne qui doute. Terme de pratique. Croire un titre, le recevoir pour preuve. Faire croire une chose, la persuader. Nous serions coupables de faire croire une fausseté.
Je fis croire et je crus ma victoire certaine [RAC., Andr. I, 1]
Se faire croire, obtenir créance. Ce voyageur raconte de telles choses, qu'il a beaucoup de peine à se faire croire.
Ô bienheureux soupirs, favorables moments, Où l'un et l'autre cœur, plein de doux sentiments, Aime et le dit et se fait croire ! [LA FONT., Daphné, III, 4]
Se faire croire une chose, se la persuader à soi-même.
L'homme est ainsi fait qu'à force de lui dire qu'il est un sot, il le croit ; et, à force de se le dire à soi-même, on se le fait croire [PASC., Pensées, art. XXIV, 38, éd. Lahure, 1860]
Ajouter foi à, obéir à, suivre l'avis. Croyez-vous cet homme-là ? Il ne croit pas les médecins. Je vous crois. Croyez-moi, ne faites point cela.
Il croit cette âme basse et se montre sans foi ; Mais, s'il croyait la sienne, il agirait en roi [CORN., Pomp. II, 1]
Ah ! ah ! qui des deux croire ? Ce discours au premier est fort contradictoire [MOL., l'Étour. I, 4]
Les sages le prévirent ; mais les sages sont-ils crus en ces temps d'emportement, et ne se rit-on pas de leurs prophéties ? [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Un honnête homme qui dit oui et non mérite d'être cru ; son caractère jure pour lui, donne créance à ses paroles et lui attire toute sorte de confiance [LA BRUY., V]
Non, ou vous me croirez, ou bien de ce malheur Ma mort m'épargnera la vue et la douleur [RAC., Brit. IV, 3]
Oui, monsieur, je vous crois, comme mon propre père [ID., Plaid. I, 7]
Qui l'aurait crue [la maréchale de Clérambault], on eût fait son repas sans quitter les cartes [SAINT-SIMON, 104, 116]
Souffle sur ton amour, ami, si tu me crois [A. CHÉN., 159]
Par extension.
J'ai failli, je l'avoue, et mon cœur imprudent A trop cru les transports d'un désir trop ardent [CORN., Nic. II, 2]
Et croire la pitié qui me pourrait surprendre [ROTROU, Bélis. IV, 8]
Et de mille remords son esprit combattu Croit tantôt son amour et tantôt sa vertu [RAC., Andr. V, 2]
S. m. Le croire, l'action d'ajouter foi.
Jamais on ne toucha mieux le naturel de la croyance en matières de choses humaines que quand on a dit que le croire est une courtoisie ; car, comme c'est une courtoisie de croire à un homme d'honneur, aussi est-ce une incivilité bien rustique de démentir de braves et fidèles écrivains [GARASSE, Rech. des recherches, p. 806, dans LACURNE]
En croire, locution dans laquelle en, signifiant proprement sur cela, est devenu explétif.
Ne vous alarmez pas, elle ne m'en croit pas [CORN., Perthar. I, 4]
Je n'en serai point cru à mon serment, et l'on dira que je rêve [MOL., Georg. Dand. II, 8]
Les enfants n'en veulent plus croire leurs grands-pères [BOSSUET, Hist. II, 2]
De cette sorte, saint Jean-Baptiste, qu'on jugea digne d'être le Christ, n'en fut pas cru quand il montra le Christ véritable [ID., ib. II, 10]
On aimera mieux qu'un faussaire soit prophète qu'Isaïe, ou que Jérémie, ou que Daniel ; ou bien chaque siècle aura porté un faussaire heureux que tout le peuple en aura cru [ID., ib. II, 13]
M'en croirez-vous ? Lassé de ses trompeurs attraits, Au lieu de l'enlever, fuyez-la pour jamais [RAC., Andr. III, 1]
Ah ! fallait-il en croire une amante insensée ? Ne devais-tu pas lire au fond de ma pensée ? [ID., ib. V, 3]
Quelle faiblesse à moi d'en croire un furieux ? [ID., Mithr. III, 4]
Je m'en fie à Burrhus ; j'en crois même son maître [ID., Brit V, 1]
Là, si vous m'en croyez, d'un amour éternel Nous irons confirmer le serment solennel [ID., Phèd V, 1]
Ah ! si vous m'en croyez, ne m'interrogez pas [VOLT., Œdipe, III, 4]
J'obéis sans rien craindre et j'en crois les oracles [ID., Sémiram. V, 4]
À l'en croire, s'il faut l'en croire, locutions qui expriment le doute. À l'en croire, tout est perdu. Par extension.
En croirez-vous cette lettre ? S'il en croit votre ardeur, je suis sûr du trépas ; Mais peut-être, madame, il ne l'en croira pas [CORN., Sertor. V, 4]
Et vous n'en croirez pas toute cette colère [ID., Toison, IV, 3]
En crois-tu mes soupirs ? en croiras-tu mes larmes ? [ID., Héracl. V, 3]
J'en ai cru le hasard [ROTROU, Bélis. II, 10]
Si j'en crois leurs alarmes [RAC., Andr. I, 4]
Que n'en croyais-je alors ma tendresse alarmée ? [ID., Iphig. I, 1]
Que si j'en crois ma gloire, il y faut renoncer [ID., ib. II, 7]
En croirez-vous toujours un farouche scrupule ? [ID., Phèd. I, 1]
Je connais mal peut-être une loi si nouvelle, Mais j'en crois ma vertu qui parle aussi haut qu'elle [VOLT., Alz. III 5]
Et j'en croyais trop tôt un déplaisir mortel [ID., Zaïre, IV, 7]
Ciel ! que vois-je ! en croirai-je ma vue ? [ID., Triumv. II, 4]
N'en croyez pas, madame, un orgueil téméraire [ID., Mérope, I, 3]
En faire croire, dire des mensonges, tromper la crédulité.
À qui vous veut ouïr, vous en faites bien croire [CORN., Ment. I, 6]
Il en ferait bien croire à des esprits mal faits [QUINAULT, la Comédie sans comédie, II, 5]
Penser, présumer, s'imaginer. Que va-t-on croire de moi ? Vous ne sauriez croire combien cela me contrarie. Il a cru bien faire.
Je vous pardonne d'avoir cru sur la foi du P. Bauny qu'Aristote ait été de ce sentiment [PASC., Prov. 4]
Si on leur fait entendre que vous croyez pouvoir faire votre salut en calomniant vos ennemis [PASC., Prov. 15]
Je ne crois pas que j'en pusse sortir, si on y recevait de vos nouvelles [SÉV., 164]
Mais c'est un jeune fou qui se croit tout permis Et qui pour un bon mot va perdre vingt amis [BOILEAU, Sat. IX]
Un homme ne veut point croire qu'il soit orgueilleux, ni lâche, ni paresseux, il veut croire qu'il a raison [BOSSUET, Connais. I, 16]
Elle croyait servir l'État, elle croyait assurer au roi des serviteurs en conservant à Dieu des fidèles [ID., Reine d'Anglet.]
Assiége-t-il quelque place, il invente tous les jours de nouveaux moyens d'en avancer la conquête ; on croit qu'il expose les troupes ; il les ménage en abrégeant le temps des périls par la vigueur des attaques [ID., Louis de Bourbon.]
Augustin crut que la pénitence n'avait rien qui déshonorât le sacerdoce [FLÉCH., Panég. I, p. 260]
Vous croyez qu'un amant vienne vous insulter ? Il vous rapporte un cœur qu'il n'a pu vous ôter [RAC., Andr. II, 1]
Mais cependant, seigneur, que faut-il que je croie D'un bruit qui me surprend et me comble de joie ? [ID., Iphig. I, 2]
Que croira-t-on de vous, à voir ce que vous faites ? [ID., Andr. III, 1]
Les grands ne comptent le reste des hommes pour rien et ne croient être nés que pour eux-mêmes [MASS., Pet. carême, Obstacl.]
Jésus-Christ souffre à notre place et les grands croient que tout doit souffrir pour eux [ID., ib.]
À voir le climat affreux de la Moscovie, on ne croirait jamais que ce fût une peine d'en être exilé [MONTESQ., Lett. pers. 50]
Il en est de l'esprit et du goût comme de la philosophie ; rien n'est plus rare que d'en avoir, plus impossible que d'en acquérir, et plus commun que de s'en croire beaucoup [D'ALEMB., Essai sur la société des gens de lettres, Œuvres, t. III, p. 44, dans POUGENS.]
Trop croire de, avoir une trop haute opinion de.
Rome a trop cru de moi [CORN., Hor. II, 1]
Et j'y pouvais un jour, sans trop croire de moi, Prétendre, en les servant, un honorable emploi [MOL., l'Étour. V, 3]
Je crois, à ce que je crois, employés comme incise, c'est-à-dire d'après mon opinion, selon mon sentiment Vous ferez bien, je crois, de ne plus fréquenter cet homme-là. Il avait, à ce que je crois, étudié la question la matinée. Je crois bien, signifie en certaines circonstances déterminées par le contexte : cela n'est pas étonnant.
Il n'aime plus cette personne, je crois bien, elle n'est plus la même [PASC., P. div. 38]
Regarder comme. On le crut fou.
Il ne faut presque rien pour être cru fier, incivil, méprisant, désobligeant ; il faut encore moins pour être estimé tout le contraire [LA BRUY., V]
Croire quelque chose à quelqu'un, croire qu'il possède cette chose. Je lui crois beaucoup d'habileté Je croyais à cet homme plus de droiture qu'il n'en a.
S'en rapporter à, compter sur.
Je croirais ses conseils et je verrais Pyrrhus [RAC., Andr. III, 5]
J'ai prononcé sa grâce et je crois sa promesse [ID., Baj. III, 5]
Je fus sourde à la brigue et crus la renommée [ID., Brit. IV, 2]
Un malheureux sans nom, si l'on croit l'apparence [VOLT., Mérope, II, 1]
V. n. Ajouter foi.
Je crois sur sa parole, et lui dois tout crédit [CORN., Sertor. II, 4]
Juste retour, monsieur, des choses d'ici-bas ; Vous ne vouliez pas croire, et l'on ne vous croit pas [MOL., Tart. V, 3]
Être porté à se soumettre aux autorités supérieures, célestes.
L'esprit croit naturellement, et la volonté aime naturellement, de sorte que, faute de vrais objets, il faut qu'ils s'attachent aux faux [PASC., Pensées, part. I, art. 10]
Qu'il croie par raison ou par erreur [BOSSUET, Hist. II, 13]
Du monde des humains inexplicable histoire ! Partout c'est le besoin d'adorer et de croire [DELILLE, Imagin. VIII]
Avoir la foi. À la première prédication des apôtres, beaucoup crurent.
Je vois, je sais, je crois, je suis désabusée [CORN., Poly. V, 5]
Il y a trois moyens de croire : la raison, la coutume, l'inspiration [PASC., Pensées, art. XXIV, 43, éd. Lahure, 1860]
Le miracle qu'elle attendait est arrivé ; elle croit, elle qui jugeait la foi impossible [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Croire à, avoir confiance en, ajouter foi à.
Il [Attila] croyait fort aux devins, et c'était peut-être tout ce qu'il croyait [CORN., Attila, Préf.]
Quoi ! vous ne croyez pas au séné, ni à la casse, ni au vin émétique ? - Et pourquoi veux-tu que j'y croie ? [MOL., le Fest. III, 1]
Allez, ne croyez point à monsieur votre père [ID., Tart. II, 2]
Direz-vous qu'ils la reçoivent [cette constitution] extérieurement, mais que dans leur âme ils n'y croient pas ? [PASC., Lett. de Nic. au P. Annat.]
Ô ciel ! qu'on doit peu croire Aux dehors imposants des humaines vertus ! [GRESSET, Édouard III, II, 6]
Croire à, être persuadé de l'existence de, de la vérité de. Il proteste de son innocence ; mais je n'y crois pas.
Comment n'eussent-ils pas cru aux oracles ? ils croyaient bien aux songes [FONTEN., Oracl. I, 8]
Le mot célèbre de Fontenelle à un prince qui lui disait qu'il croyait peu à la vertu : monseigneur, il y a d'honnêtes gens, mais ils ne viennent pas vous chercher [CONDORCET, Maurepas.]
Ainsi de nouvelles erreurs entretiennent dans des erreurs anciennes ; et on croit à toutes avec d'autant plus de confiance, qu'on croit à un plus grand nombre [CONDILLAC, Hist. anc. III, 3]
Je crois à la victoire et non pas à la paix [LUCE DE LANCIVAL, Hector, V, 4]
Je ne crois plus aux Dieux, je crois aux fils ingrats [C. DELAV., Paria, III, 4]
Il est dit : croyez à l'Église ; mais il n'est pas dit : croyez aux miracles, à cause que le dernier est naturel et non pas le premier ; l'un avait besoin de précepte, non pas l'autre [PASC., Pensées, art. XXXIII, 8, éd. Lahure, 1860]
10° Croire en, être persuadé de l'existence de. Croire en Dieu.
Attend pour croire en Dieu que la fièvre le presse [BOILEAU, Sat.I]
Croire en soi, avoir une idée exagérée de son mérite.
11° Se croire, v. réfl. Avoir certaine opinion de soi. Cet homme se croit habile.
Pour être plus qu'un roi, tu te crois quelque chose [CORN., Cinna, III, 4]
Il n'y a que deux sortes d'hommes : les uns justes qui se croient pécheurs, les autres pécheurs qui se croient justes [PASC., Pensées, art. XXV, 72, éd. Lahure, 1860]
Penser quelque chose au sujet de soi. Il se croyait au moment de réussir.
Je me croirais haï d'être aimé faiblement [VOLT., Zaïre, I, 2]
Avoir confiance en soi.
Tout est illustre en eux quand ils daignent se croire [CORN., Pomp. II, 1]
Écoutez tout le monde, croyez peu de gens, gardez-vous bien de vous croire trop vous-même [FÉN., Tél. XXIV]
Être cru. Ce qui se dit souvent finit par se croire. S'en croire, obéir au sentiment qu'on a.
Mais, si je m'en croyais, je ne le verrais pas [RAC., Andr. II, 1]
S'en croire beaucoup, s'en croire beaucoup trop, avoir en ses forces ou son mérite une confiance exagérée.

PROVERBE

    Croyez cela et buvez de l'eau, c'est-à-dire buvez de l'eau pour mieux digérer de pareils contes.

REMARQUE

  • 1. Croire, suivi de que, dans une phrase affirmative, veut l'indicatif : Je crois que cela est.
    Mais autrefois il n'en était pas ainsi ; et le sens dubitatif qui est naturellement attaché à croire faisait qu'on mettait volontiers le subjonctif : La plus belle des deux je crois que ce soit l'autre [CORN., le Ment. I, 4]
    Je croyais bien qu'on fût damné pour n'avoir pas de bonnes pensées, mais.... [PASC., Prov. 4]
    Vous croyez donc qu'il faille avoir Beaucoup de peine à Rome en fait que d'aventures ? [LA FONT., Cand.]
    Elle croyait que le petit Noirmoutier dût être aveugle [SÉV., 6]
    Je croyais que tout fût perdu [ID., 114]
    Je croyais que vous n'eussiez point fait réponse au cardinal [ID., 128]
    Il croyait que ce dût être le 15e de ce mois [ID., 324]
    Malgré ce rejet actuel du subjonctif, on l'admettra sans peine dans une phrase telle que celle-ci : Nous nous demandons sans cesse ce qu'on croit que nous soyons [MASS., Myst. Incarn.]
  • 2. Croire suivi de que, dans une phrase négative ou interrogative, veut le subjonctif : Je ne crois pas qu'il vienne. Croyez-vous qu'il le fasse ? Avez-vous cru qu'il partît si tôt ? Je ne croyais pas qu'il payât. Croyez-vous encore qu'il ait de l'habileté, après toutes les sottises qu'il a faites ?
  • 3. Croire, dans une phrase interrogative, suivi de que, peut être suivi du futur de l'indicatif ou du conditionnel : Croyez-vous qu'il payera ses dettes ? Aviez-vous cru qu'il payerait ses dettes ? Les grammairiens se sont efforcés d'établir une différence de sens entre ces constructions et celles où l'on met le subjonctif ; croyez-vous qu'il paye ? aviez-vous cru qu'il payât ? mais toutes les différences paraissent arbitraires.
  • 4.
    Croire se construit avec un verbe à l'infinitif sans préposition intermédiaire ; on n'imitera donc pas les exemples suivants : Ils [les évêques de Beauvais et Beaufort] crurent d'en venir facilement à bout [LAROCHEF., Mém. 9]
    Mais enfin croyez-vous de vivre toujours ? [J. J. ROUSS., Ém. V]
  • 5. On a dit en croire à :
    Vous n'en avez cru ni à ma parole ni à l'expérience [BOSSUET, cité dans le Dict. de BESCHERELLE]
    Il est mort ; cependant si j'en crois à mes yeux.... [CRÉB., Électre, IV, 1]
    Cet homme, car déjà j'en crois à ma fureur [BERNIS, Religion, I, 233]
    Cette locution n'est pas incorrecte en soi, puisqu'on dit activement en croire ; mais elle est peu usitée.

SYNONYME

  • 1. CROIRE QUELQUE CHOSE, CROIRE à QUELQUE CHOSE ; CROIRE QUELQU'UN, CROIRE à QUELQU'UN. Croire quelque chose, c'est l'estimer véritable : Je crois ce que vous me dites. Croire à quelque chose, c'est y ajouter foi, y avoir confiance, s'y fier : Je ne crois pas à l'efficacité de ce remède. Croire quelqu'un, c'est ajouter foi à ce qu'il dit : Il ne faut pas croire les menteurs. Croire à quelqu'un, c'est croire à son existence : Croire aux sorciers, c'est croire qu'il y en a ; Croire les sorciers, c'est croire ce qu'ils disent.
  • 2. FAIRE CROIRE, FAIRE ACCROIRE., Faire croire, c'est persuader à autrui une chose que l'on croit vraie ou que l'on croit fausse. Faire accroire, c'est persuader à autrui une chose que l'on sait fausse. Aussi faire croire peut se dire des choses comme des personnes : Ce nuage de poussière me fit croire qu'une troupe de cavaliers venait ; mais faire accroire ne peut se dire que des personnes.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Il dit au rei : jà mar crerez Marsile [, Ch. de Rol. XI]
    Iert i sis nies [son neveu y sera] li quens Rolans, ce crei [je crois] [, ib. XLII]
    Mort sont li conte, se est qui mei en creit [, ib. XLII]
    Del rei paien, sire, por ver [pour vrai] creez [, ib. LIII]
    [Il] Ne creit en Deu le fil sainte Marie [, ib. CXII]
    Respont li dus : sire, je vous en crei [, ib. CCLII]
    Li reis creit Deu, faire veut son service [, ib. CCLXVIII]
    Creire [elle] veut Deu, chrestientet demande [, ib. CCXCII]
  • XIIe s.
    Ostages bien creüz [en qui on puisse se fier] [, Ronc. p. 12]
    Se ne creez mes dits [, ib. p. 22]
    Creez [croyez] mon los [conseil] [, ib. p. 27]
    Si voirement come nous le creon [, ib. p. 48]
    Las ! se jel pert, de ce sui bien creanz, Jamais n'ert jor que n'en soie dolans [, ib. p. 86]
    Et si [il] cresra sainte crestienté [, ib. p. 117]
    Dame, cil dex en cui [nous] somes creant [, ib. p. 121]
    [Dame] qui croit faus druz [amant] menteor [, Couci, I]
    Je sai moult bien qu'ele croit les felons [, ib. XII]
    Conseil [il] aura creü moult fol et enfantif [, Sax. XXIV]
  • XIIIe s.
    Biaus sire, nous avons vos lettres veües, qui nous dient que nous vos creons de tout ce que vos dirés [VILLEH., LXVI]
    Et vos feistes mout mal quant vos les creütes [ID., CXXIII]
    Les lettres disoient que autant les creüt-on comme lor seigneurs [ID., X]
    Bien fait qui se porvoit En croire ce qu'il doit, Ce dit li vilains [, Proverbes du comte de Bret. Ms. de St-Germ. f° 114, dans LACURNE]
    Çà est li bons vins de Soissons ; Sor l'erbe vert et sor les jons Fait bon boivre à henap [coupes] d'argent ; Caiens [céans] croit l'en [l'on fait crédit] toute la gent ; Caiens boivent et fol et saige [CORTOIS D'ARTOIS, Ms. de St-Germ. f° 83, dans LACURNE]
    Se croire me voulez, bien serez assenée [dirigée] [, Berte, XLVI]
    Constance, dist Symons, je croi que elle ait faim [, ib. XLIX]
    Sachiez, vous en avez mauvais conseil creü [, ib. LI]
    Un certain messager qui bien faisoit à croire [en qui on se pouvait fier] Pour bien faire message, n'estoit pas com le loire [, ib. LXVI]
    Je croi qu'ele soit morte [, ib. XCV]
    Ains croi [je] que sans point de demore, Son hommage [tu] li renoiasses, Ne jamès par amor n'amasses [, la Rose, 4264]
    Amors, qui te fait en li croire, Te tolt ton sens et ta memoire, Et de ton cuer les iex avugle [, ib. 6929]
    Et trouva que le Vieil de la Montagne ne creoit pas en Mahommet, ainçois creoit en la loy de Haali, qui fu oncles de Mahommet [JOINV., 260]
    Il a maint preuhomme chevalier en la terre des Crestiens et des Sarrazins, qui onques ne crurent Dieu ne sa mere [ID., 275]
    Le saint roi se esforça de tout son pooir, par ses paroles, de moi faire croire en la loi crestienne [ID., 197]
    Ertaut de Nogent fu le bourgois du monde que le conte creoit le plus [ID., 205]
    Moult de ses gens li loerent [conseillèrent] que il attendist tant que ses gens feussent revenus, parce que il ne li estoit pas demouré que la tierce partie de ses gens ; et il ne les en voult onques croire [ID., 214]
  • XIVe s.
    Et il s'en croient au jugement de ceulz qui sont bons et sages [ORESME, Eth. 243]
    Qui croit paroles doucereuses souvent les trouve venimeuses [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 387]
    Vous parlez saigement ; Se ne croy vo conseil, jammais Diex ne m'ament [m'amende] ; Car de boin conseil croire, vienent li bien souvent [, Baud. de Seb. VIII, 460]
  • XVe s.
    Il estoit moult aimé et cru en la ville [FROISS., I, I, 190]
    Puis que nature s'entremit D'entailler si digne figure, Il est à croire qu'elle y mit De ses biens à comble mesure [ALAIN CHART., Excusation de maître Alain.]
    Et le roy, croyant ces choses, s'en alla audit pais de Normandie [JEAN DE TROYES, Chron. 1475]
    Et pour ce à vous bien confesser me doy De croire [prêter] ainsi, dont j'ai grant repentance, Quant on n'a pas renvoyé devers moy Un prest que fis.... [EUST. DESCH., Poésies mss. f° 343, dans LACURNE]
    Suppliant au roy ne vouloir legierement croire contre luy et son filz [COMM., I, 1]
    Le bruyt d'artillerie faisoit croire de tous les deux costez quelque grande entreprinse [ID., I, 11]
    Quant le roy eut ce ouy, il dit à Tanor : Tanor, ne me croyez jamais, se celluy qui là a parlé n'est Salphar de Liban [, Perceforest, t. VI, f° 107]
    Le roy y estoit en personne, qui à ce siege ne croyoit personne [ne s'en rapportait à personne] [, ib. t. V, f° 101]
    Il ne fut pas maistre pour lors ne cru de faire son vouloir [LOUIS XI, Nouv. I]
  • XVIe s.
    Il appert par les livres des anciens Peres que cela estoit receu sans difficulté, de dire croire l'Eglise, et non pas en l'Eglise [CALV., Instit. 811]
    Ils l'envoyarent vivre en la forest de Biere ; je croy qu'elle n'y soit plus maintenant [RAB., Gar. I, 21]
    Messieurs, je croy que vous soyez faict mal, pardonnez le nous [ID., Pant. II, 25]
    Je croy en Dieu le pere tout-puissant.... Je croy la saincte et catholicque Eglise Estre des sainctz et des fideles une Vraye union, entre eux en tout commune.... Finalement croi la vie eternelle [MAROT, IV, 342]
    Je croy que, avant que recepvez ceste reponse, vous aurez du roy ce que avés demandé [MARG., L. 50]
    Je vous supplie le croire de ce que je l'ay prié vous dire [ID., ib. 49]
    S'il en faut croire du Bellay [MONT., I, 25]
    Je ne croy pas que ces mouvements se feissent avecques discours [réflexion] [ID., I, 50]
    Si ce sont medecins, je les crois en ce qu'ils disent de.... [ID., I, 58]
    Je crois de la medecine tout le pis ou le mieulx qu'on vouldra [ID., I, 130]
    Ils croyent les ames immortelles, et les mauldites estre logées du costé de l'occident [ID., I, 238]
    Les grands esprits font un aultre genre de biencroyants [ID., I, 389]
    Au moins se trouveroit-il une chose qui se croiroit par les hommes d'un consentement universel [ID., II, 319]
    Il ne fault pas croire à chascun, dict le precepte [ID., II, 331]
    Du mont souvent armée devalla, Croyant pour vray qu'en la campaigne il soit : Puis ne trouvant personne, s'en alla, Et croit qu'il est monté par autre voye [LA BOÉTIE, 487]
    Je n'en diray pas davantage, sinon que je me fay croire qu'elle en viendroit à bout en huit jours [LANOUE, 437]
    Et, pour cela, il s'en faisoit croire, et parloit. d'une braveté grande [DESPER., Contes, XLII]
    Ses amis allerent enhortans le peuple assistant de croire à ce qu'il avoit dit [AMYOT, Solon, 11]
    Les Megariens le creurent facilement [ID., ib. 12]
    Ne croire point aux dieux [ID., Péric. 60]
    Il leur feit à croire que Alexandre s'estoit, en dormant, apparu à luy [ID., Eum. 25]
    Plusieurs croient que le poëte et l'historien soient d'un mesme mestier ; mais ils se trompent beaucoup [RONS., 514]
    Legier croire [croire légèrement] fait decevoir ; Il faut congnoistre avant que aymer [, l'Amant rendu Cordelier, p. 514, dans LACURNE]
    Ne croire à Dieu que sur bons gages [COTGRAVE, ]
    Fol ne croit jusques à tant qu'il reçoit [ID., ]
    Pour neant demande conseil qui ne le veut croire [ID., ]
    Qui sempres croit et asne meine, son corps ne sera jà sans peine [ID., ]

ÉTYMOLOGIE

  • Saintong. crére ; wallon, creure ; Berry, creire ; provenç. creire ; espagn. creer ; portug. crer ; ital. credere ; du latin credere.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    CROIRE. - REM.
  • 6. Racine a dit : Vous croyez qu'un amant vienne vous insulter, Andr. II, 1. Laharpe trouve là une faute évidente qu'il faut corriger en lisant : croyez-vous ? On ne peut être de l'avis de Laharpe ; les exemples cités à la Remarque 1 rendent sa correction tout à fait inutile.
  • 7. Croyez-moi que, reconnaissez avec moi.
    Croyez-moi qu'Alcidon n'en sait guère en amour [CORN., Veuve, III, 4]
    Si tes feux en son cœur produisaient même effet, Crois-moi que ton bonheur serait bientôt parfait [ID., Mélite, I, 2]
    Cela [à propos de paroles flatteuses du roi sur les Grignan] fut charmant, et l'on doit être comblé ; mais croyez-moi que les temps changent [SÉV., 28 févr. 1680]
  • 8. Je l'ai cru s'éteindre, a été dit pour : J'ai cru qu'il s'éteignait.
    Hélas ! qu'il était grand quand je l'ai cru s'éteindre, Votre amour, et qu'à tort ma flamme osait s'en plaindre ! [CORN., Androm. Lexique, éd. Marty-Laveaux]
  • ÉTYMOLOGIE

    • Ajoutez : M. Darmesteter, Mém. de la Soc. de linguistique, t. III, p. 52, a décomposé le verbe credo, en do, je donne, et çrad, cœur (le même que kard, voy. CŒUR) : je donne mon cœur, ma foi ; sanscr. çraddadhami ( le a de la terminaison " dhami" est long).

croire

CROIRE. (Je crois ; nous croyons. Je croyais ; nous croyions. Je crus. Je croirai. Crois. Que je croie ; que nous croyions. Que je crusse. Croyant. Cru.) v. tr. Tenir pour véritable. J'ai de la peine à croire tout ce qu'il dit. Vous ne me ferez jamais croire cela. Il croit cette histoire, ce conte. Ne croyez rien de tout ce qu'il vous dit. C'est un homme défiant, il ne croit que ce qu'il voit. Cela est aisé à croire. Il le croit bonnement. Permettez-moi de n'en rien croire. Vous en croirez ce qu'il vous plaira. Absolument, Croire légèrement. Croire sans preuve. Il ne faut pas être si facile à croire.

Il signifie particulièrement, en matière de Religion, Avoir la foi et recevoir avec soumission d'esprit tout ce que l'Église enseigne. Je crois fermement qu'il existe un Dieu. Croire les mystères, les articles du symbole. Croire l'Évangile. On dit dans le même sens Croire en Dieu, en JÉSUS-CHRIST. Croire à la Sainte Vierge, au Saint-Esprit. Absolument, À la première prédication des Apôtres, beaucoup de Juifs crurent. Cet impie ne croit point.

Fam., Croire une chose comme l'Évangile, comme article de foi, La croire fermement. Croire tout comme article de toi, Être fort crédule.

Suivi d'un complément direct, nom de personne, il signifie Tenir pour sincère, véridique. Croyez-vous cet homme-là? Je vous crois. C'est un menteur avéré, on le ne croit plus, il ne peut plus se faire croire. Il ne croit point les médecins.

En croire quelqu'un, en croire quelque chose, S'en rapporter à quelqu'un, à quelque chose. Je vous en croirai sur parole. Il aura beau dire, il n'en sera pas cru. Si vous m'en croyez, vous ne ferez pas cela. À l'en croire, s'il faut l'en croire, tout est perdu. J'en crois à peine mes yeux. En croirez-vous cette lettre? Si j'en croyais mon courage. S'il faut en croire les apparences. On dit aussi S'il avait voulu m'en croire, il ne serait pas aujourd'hui dans l'embarras. On dit également S'en croire, Obéir à un sentiment intime. Si je m'en croyais, je ne le verrais plus.

Croire à quelqu'un, à quelque chose, Ajouter foi à quelqu'un, à quelque chose, s'y fier. Croire aux astrologues, aux voyants. Croire au rapport, au témoignage de quelqu'un. On ne croit plus à ses promesses, à ce qu'il dit. En parlant des Personnes, on dit aussi Croire quelqu'un, mais avec une certaine différence dans le sens. Croire un médecin, c'est Suivre ses avis, ses prescriptions. Croire aux médecins, c'est Avoir foi dans leur puissance de guérir. Croire en quelqu'un, Avoir confiance en lui, en ses talents, en sa parole.

Croire à quelque chose signifie aussi Tenir pour vraisemblable, réel ou possible. Il proteste de son innocence, mais je n'y crois pas. Croire aux revenants, aux esprits, aux sorciers, à la magie.

Il signifie encore simplement Penser, estimer, s'imaginer, présumer. À ce que je crois. Vous ferez bien, je crois, de ne plus fréquenter cet homme-là. Je crois cet homme capable de tout. Je l'avais toujours cru sage. Le croyez- vous homme d'honneur? On me croyait son père. Elle n'est pas aussi jeune que je l'avais cru. Qui aurait jamais cru cela? Que va-t-on croire de moi? Je crois tout de lui. Cet homme se croit habile. Il se crut obligé de répondre. Il se croyait au moment de réussir.

croire

Croire, Credere.

Croire et dire, Autumare.

Aisé à croire, Credibilis.

Croire facilement, Se credulum praebere.

Croire pour tout certain, Pro haud dubio habere.

Comme je croy par quelques conjectures que j'ay, Vt coniicio.

Chacun le croit ainsi pour certain, Ita persuasum est omnibus.

¶ Croire aucun, Credere alicui.

Croire aucun et se fier à luy, Fidem alicui habere, Fidere illi.

Croire à quelqu'un, et adjouster foy en ses paroles, Fidem alicui adhibere.

Croire à la parole d'aucun, à sa foy et promesse, Fidem alicuius sequi.

Vouloir en croire ceux qui y estoient presens, Estre d'accord de prendre droit par ce que les tesmoings en diront, Sponsione aduersarium lacessere, ni testes ita dicerent testimonium.

Croire ce qu'un autre dit, Accredere.

Luy crois-tu de ce qu'il dit? Credis huic quod dicat?

Si tu me veux croire, Si tu me audies.

Croy moy, Mihi crede.

Croy moy de cecy, Crede hoc meae fidei.

Je t'en croy, Ego credo tibi.

¶ On te croit, Creditur tibi.

On luy creut, Creditum est.

¶ J'en croiray le premier que tu voudras, Cedo quemuis arbitrum.

Qui en veux-tu croire? Quem tibi iudicem feram? B. ex Liuio.

¶ C'est bien un homme de croire, Est vero huic credendum, dit par mocquerie.

¶ Qui croit de legier, Credulus, Vanus ingenio.

Faire croire, Persuadere.

Faire qu'aucun nous croye, Fidem facere.

Je desiroy que tu creusses cela certainement, Velim tibi ita persuadeas.

Je pense que tu le crois, Credo te credere.

Qui ne croit pas legierement, Incredulus.

¶ Vouloir estre creu, et ne vouloir faire autre chose que ce qu'on a deliberé, Stare suo iudicio.

Estre creu, Fidem impetrare, Audiri, Fidem accipere.

On a creu cecy, Istud fidem accepit.

On l'a creu, et s'est-on fié en luy, Habita huic fides.

C'est merveilles combien on a creu celuy qui apporta ces nouvelles, Mirum quantum illi viro haec nuncianti fides fuerit.

¶ Il croit que tout ce que je di de Cesar soit vray, Nobis de Caesare credit.

On ne sçauroit croire combien, etc. Non verisimile est quam, etc.

Il est plus à croire, Propius est fidem. B. ex Liuio.

On ne pourroit croire si on le racontoit, combien facilement ils se prindrent ensemble, Incredibile est memoratu quam facile coaluerint.

¶ Croire quelque chose, Fidem alicui rei adhibere.

Croire à choses lourdes et ouïr fables, ou aimer à les ouïr, Duci ineptiis, ac fubulis.

Chose qui fait croire, et met en teste un autre, Persuasorius.

Est-ce chose de croire? Hoccine credibile est?

Je le croy bien, Satis credo.

Qui est aisé à croire, Opinabilis.

Qu'on ne peut croire, Incredibilis.

Je croy que paraventure tous s'en ennuyoient, Credo iam omnium taedebat.

Faire qu'on ne croye plus une personne, Fidem abrogare alicui.

¶ Un homme qu'on ne croit point, et ne peut estre receu en tesmoing, Intestatus.

Homme qui n'est point à croire, Leuis author.

Je ne croy point à Homere, Nec Homerum audio, qui, etc.

Faire qu'on ne nous croye pas une autre fois, Fidem perdere.

On ne te croit pas, Fides verbis tuis non fit.

Je ne leur croy pas, Ego non credulus illis.

On ne me croit point, Incredibilis sum.

Il croyoit ce qu'il eust bien voulu qu'il fust avenu, Spei suae indulgebat. B. ex Curtio.

Qu'il creust les medecins, Pro se quisque praecari coepere, ne festinatione periculum augeret, sed esset in potestate medentium. B. ex Curtio.

Il n'est pas prest de croire aux argumens des Philosophes, Longe abest vt argumentis credat philosophorum.

C'est icy une chose qu'on ne peut croire, Fidem non habet haec res, Fide caret haec res.

Cela n'est point à croire, Absonum fidei est illud.

Croire l'argent des pupilles, et employer pour les affaires de la chose publique sous asseurance de la foy qu'on a au peuple, Deponere in publicam fidem pecuniam pupillarem.

croire


CROIRE, v. n. et act. Faut-il prononc. crêre, ou croâ-re? Plusieurs admettent les deux prononciations; la 1re, pour la conversation: la 2de pour le discours soutenu. Un habile homme interrogé, comment il falait prononcer ce mot, répondit: je crais qu'il faut prononcer, je crois. L'Ab. Tallemant, dans le Recueil des Décisions de l'Acad. Franç. (1698) dit que la prôse adoucit la prononciation à plusieurs mots, comme croire, qu'elle prononce craire. La question est encôre indécise: le plus sûr est de toujours prononcer croâre, je croâ, nous croa-ion, etc. — On dit, dans l'Ann. Lit. "M. Retif de la Brétone écrit craire au lieu de croire, comme s'il était convenu généralement de prononcer de la première manière. Cette prononciation même n'est-elle pas ridicule, comme endrait pour endroit, étrait pour étroit, fraid pour froid, etc.
   CONJUG. Je crois, nous croyons, ils croient (et non pas croyent, qui ferait deux syllabes, croa-ient.); je croyais, nous croyions, vous croyiez, ils croyaient. Je crus, j'ai cru (et non pas crû, avec l' acc. circ.) Je croirai, croirais; que je croie. (Pron. croâ, monos. et n'écrivez pas croye, qu'on prononcerait croa-ie, et qui serait dissyllabe.); que je crus, tu crusse, il crut (et non pas crût, avec l'accent.); croyant, cru.
   Rem. 1°. L'Académie écrit à l'Imparfait comme au présent, nous croyons, vous croyez; c'est confondre un temps avec l'aûtre. Plusieurs Auteurs le font de même: "Nous croyons la chôse finie, mais le lendemain la scène changea. Let. Édif. Je crois qu' il faut écrire et prononcer, nous croyions.
   2°. On écrivait aûtrefois je creus, tu creus, il creut. J'ai creu. Aujourd'hui on écrit, et l'on prononce~ je crus, etc. J'ai cru. Quelques-uns y mettent mal-à-propos un accent circ. sous prétexte de marquer la supression de l'e; mais cet accent n'est plus employé aujourd'hui, par ceux qui écrivent bien, que pour marquer les syllabes longues.
   CROIRE; c'est 1°. Estimer une chôse véritable. "Je crois cela, je ne le crois pas; j' ai peine à le croire: il croit cela comme l'Évangile, etc. = 2°.  Ajouter foi aux persones. Il se dit alors, ou avec le régime direct (l'accusatif): je vous crois. "C'est un menteur, on ne le croit plus: il faut en croire les Auteurs, les Médecins, les Avocats; ou il est neutre, et régit le datif (la prép. à). "Je ne veux pas y croire; croire à cet homme. "Il ne faut pas croire au raport, au témoignage de cet homme. Croire aux Médecins, aux Avocats.
   Rem. I. Quelquefois croire a des sens diférens, suivant ses diférens régimes. Par exemple, croire aux sorciers, aux revenans, aux silphes, c'est croire qu'il existe des sorciers, des revenans, des silphes, "Elle a la bêtise de croire aux revenans. Élise croyait aux silphes, et brûloit d'envie d'en avoir un. Marm.Croire les sorciers, c'est croire vrai ce qu'ils vous disent. = Ces deux régimes et ces deux acceptions de croire sont réunis dans cette phrâse de Bossuet. "Il n'y a point de diférence entre croire l'Église catholique, et croire à l'Église catholique. Il veut dire que dès là qu'on croit qu'il existe une Église catholique, on doit croire ce qu'elle enseigne.
   II. Le datif, régi par croire, done souvent à ce verbe le sens de se fier à...
   O ciel! qu'on doit peu croire
   Aux dehors imposans des humaines vertus!
       Gress. Édouard.
Et quelquefois aussi, le sens d'espérer. "Son malheur étoit trop grand, pour qu'elle pût croire à quelque moyen d'y remédier. Anon. Mais ce régime n'est que pour les chôses, en ce sens. = * Molière lui fait régir l'ablatif (la prép. de) de la persone, et lui done le sens de présumer. "Sans trop croire de moi. — Croire n'a pas cette signification et ce régime, en ce sens. On dit, je crois tout de lui, c. à. d. tout ce qu'on me dit sur son compte; mais on ne dirait pas, je crois tout de lui, pour dire, j'espère tout ce qu'on me promet de sa part, je le crois capable de le faire.
   III. Croire se dit des chôses, dont on n' est pas bien assuré. Il est donc ridicule de l'apliquer aux vérités certaines de l'Histoire. "Tandis que la paix régnoit en Europe, je crois que Ferdinand le catholique mourut, dit le Traducteur de M. Hume. C'est un anglicisme; un tour particulier à la langue anglaise, qu'il ne falait point transporter dans notre langue. Il falait dire simplement: Tandis que la paix régnait en Europe, Ferdinant le Catholique mourut.
   IV. S'en croire, c. à. d. en croire à ce qu'on voit, ce qu'on entend.
   Que vois-je? Ah! je m'en crois à peine.
   Quoi! c'est vous, Arondel, c'est vous que je revois?
       Gress. Edouard.
On en le dit guère qu'avec à peine.
  V. RÉGIMES. Croire régit l'infinitif sans prép. ou la conjonction que, avec l'indicatif ou le subjonctif. Le premier régime s'emploie lorsque le verbe régi se raporte au sujet du v. croire; le second, quand il ne s'y raporte pas: je crois pouvoir le faire; je crois qu'il pouvait le faire. Quelques-uns mettent mal-à-propos la prép. de devant l'infinitif. "Les nouveaux Philosophes croient d'avoir trouvé le secret d'une teintûre, qui blanchit tout ce qui est noir, et qui noircit tout ce qui est blanc. Déplorable secret! Malheureuse invention! Le Chev. des Sablons. Il falait dire, croient avoir trouvé, etc. "On croit de l'avoir déja prouvé. Brès, Avocat. "Je crois de penser à ce moment, et de dicter à mon copiste. Crousaz. "Les Romains avoient cru de leur rendre, etc. Id. Retranchez de dans ces phrâses.
   1°. Le que après croire régit l'indicatif, quand le sens est afirmatif, et le subjonctif, quand le sens est négatif ou interrogatif: je crois qu'il viendra: je ne crois pas, ou croyez-vous qu'il viène? "Croyez-vous que ses parens soient inexorables? Marin, Julie. Plusieurs Auteurs ont employé le subjonctif, quoique le sens fût afirmatif.
   La plus belle des deux, je crois que ce soit l'autre.
       Corn.
Il falait, que c'est l'autre; mais le vers aurait manqué d'une syllabe.
   Vous croyez qu'un amant vienne vous insulter.
       Racine.
Selon l'usage, il faudrait:
  Vous croyez qu'un amant viendra vous insulter.
Ou bien:
  Pensez-vous qu'un amant vienne vous insulter?
   Voiture a employé ce mode, croyant mal-à-propos que le sens était négatif. "Une des causes qui m'obligent à cette heure de me reconcilier, c'est la crainte que, si je vous témoigne de la haine, on ne croie qu'elle viène (vient) d'envie plutôt que d'un juste ressentiment. — Ce qui a trompé cet Auteur, dailleurs très-correct pour son temps, c'est la particule négative ne, qui afecte croire; mais cette particule n'est point comandée en cet endroit par le sens négatif; mais par le substantif crainte: le sens est afirmatif. C'est comme si l'on disait: si je vous temoignais de la haine, on croirait qu'elle vient d'envie, etc. voilà ma crainte, et cette crainte m'oblige à me réconcilier. = M. l'Ab. Du Bos, qui avait une prédilection peu commune pour les subjonctifs, et qui les prodiguait souvent contre les règles, s'est aussi servi de ce mode dans une phrâse afirmative. "S'il se rencontre quelque sphinx d'une beauté merveilleûse, on peut croire qu'il soit (qu'il est) de quelque Sculpteur Grec.
   Au contraire, d'aûtres Auteurs mettent l'indicatif à la place du subjonctif dans des phrases négatives: "Je ne crois pas qu'il seroit (qu'il fût) juste de détruire tout d'un coup le droit de l'Empire Romain. "Je n' avois point cru que M. Newton étoit (fût) capable d'employer cette objection. Leibnitz. Cela est pardonable à un étranger; mais des Auteurs, français d'origine et d' éducation, ont fait la même faûte; ce qui est plus surprenant. "On prie Mr de St. Ange de ne pas croire qu'il y a (qu' il y ait) des absurdités dans Ovide, toutes les fois qu' il ne pourra pas l'entendre, sans lui en suposer. Journ. de Mons. "Croyez-vous qu'aujourd'hui on peut (on puisse) suporter ces idées de perfection? Anon.
   2°. Quand la négative afecte le verbe régi, comme le verbe croire, le câs est plus embarrassant. Faut-il dire, par exemple, je ne crois pas que je ne le fasse pas; ou que je ne le fasse, en retranchant pas; ou bien: je ne crois pas ne pas le faire, en se servant de l'infinitif? — Mde. de Sévigné a employé la seconde manière, qui me plairait assez. "Je ne crois pas que je ne pleure quand je verrai, etc. L'infinitif me parait bon aussi en pareil câs. Mais, à mon avis, la première manière ne vaut rien du tout: je ne crois pas que je ne pleure pas, etc.
   3°. Croire que, dans les phrâses interrogatives, a des sens diférens, suivant qu'il régit le futur ou le subjonctif. Croyez-vous qu'il le fera? signifie: je crois qu'il ne le fera pas, et vous seriez trop simple de le croire. Croyez-vous qu'il le fasse? veut dire: je doute qu'il le fasse; je ne sais s' il le fera. Extr. de Mr. Andry de Bois-Regard.
   4°. Il est à croire que, a les mêmes régimes que croire: "Il est à croire qu'il le veut ainsi: est-il à croire qu'il le veuille, ou qu'il le voudra ainsi? — On met aussi, il est à croire sans que, en parenthèse. "Une mort chrétienne le mit en possession, comme il est à croire, de la récompense que méritoient ses soufrances et la fermeté de sa foi. Lett. Edif.
   5°. Pour revenir au régime de l'infinitif, on ne doit l'employer qu'avec les verbes qui se raportent au sujet de la phrâse, et non au régime. "Je croyois cette brochure intéressante, parce que je la croyois contenir les actions journalières d'un grand Prince. M. de Barruel. Il falait: je croyais qu'elle contenait, etc.
   6°. Quelquefois, dans la conversation, on suprime le pron. le devant croire. "Vous en viendrez à bout. — Vous croyez? — Je le crois. On dit, vous croyez? pour, vous le croyez?
   CROIRE, signifie aussi avoir la foi, et recevoir avec soumission tout ce que l'Église enseigne. Il s' emploie, ou neutralement et sans régime: "À~ la première prédication des Apôtres, les Juifs crurent. "Il ne croit point, c'est un impie; ou avec la prép. en ou à pour régime: croire en Dieu, en J. C. au St. Esprit, à la Ste. Eglise catholique, etc.~ — M. Crouzaz lui fait régir la prép. dans. "Les hommes vicieux et tirans crurent dans des Dieux tirans et vicieux. J'aimerais mieux en que dans; mais, à des Dieux vaut mieux encôre.

Synonymes et Contraires

croire

verbe transitif croire
1.  Tenir quelque chose pour vrai.
2.  Tenir quelqu'un pour sincère.
douter de, se méfier -littéraire: se défier.
4.  Avoir l'impression de.

croire

verbe transitif indirect croire

croire (se)

verbe pronominal croire (se)
1.  Avoir telle impression.
2.  Familier. Avoir une haute opinion de soi.
Traductions

croire

(kʀwaʀ)
verbe transitif
1. penser que qqn dit la vérité Il m'a cru.
2. penser que qqch est vrai Je crois ce qu'il me dit. faire croire qqch à qqn
avoir l'idée que Je crois qu'il est déjà parti.

croire

glauben, anerkennen, für richtig erkennen, dünkenbelieve, account, accredit, acknowledge, deem, recognize, credit, expect, fancy, hold, admit, avow, concedegeloven, menen, agnosceren, erkennen, honoreren, alswaarheidaannemen, houdenvoor, denken, aannemen, achten, vermoeden, houden voorהאמין (הפעיל), חשב (פ'), הֶאֱמִיןag, glo, meencreure, reconèixertroagnoski, kredicreer, recononceruskoatrúacredere, reputare, ritenere믿다, ...을 믿다agnoscere, crederetrowierzyć, uwierzyćacreditar, crer, admitir, admitir a veracidade de, reconhecercredetro, erkännainanmak, inandırmakπιστεύωверить, думать, считатьيُؤْمِنُ, يُصَدِّقُvěřitsmatrati, vjerovati信じる, 信仰するเชื่อ, เลื่อมใส ศรัทธาtin, tin tưởng相信, 笃信宗教相信
verbe intransitif
1. penser que qqch existe ou va se produire croire au père Noël croire en Dieu croire à la victoire
2. penser que qqch est bien croire au progrès

croire

[kʀwaʀ]
vt
(= considérer comme vrai) [+ personne, récit, explication] → to believe
Il croit tout ce qu'on lui raconte → He believes everything he's told.
à en croire qn → according to sb
À l'en croire, tout ne serait qu'une coïncidence → According to her, it's all just a coincidence.
à en croire les sondages → if the polls are to be believed
à en croire les journaux → if we can believe what we read in the papers
faire croire qch à qn → to lead sb to believe sth
(= considérer comme) croire qn honnête → to believe sb to be honest, to think that sb is honest
(= penser) croire que → to think that, to think
Tu crois qu'il fera meilleur demain? → Do you think the weather will be better tomorrow?
croyant bien faire
Certains, croyant bien faire, ont administré des doses très élevées → Some, thinking they were doing the right thing, administered very large doses.
(= imaginer) croire être → to think one is
croire faire → to think one does
vi
(conviction, adhésion) croire à qch [+ progrès, paix, avenir] → to believe in sth; [+ père Noël, fantômes] → to believe in sth; [+ histoires] → to believe sth
(foi) croire en qn → to believe in sb
croire en qch → to believe in sth
croire en Dieu → to believe in God
(dans un dialogue) vous croyez? → do you think so?
Oui, je crois, mais il faut un peu de patience → Yes, I think so, but we must be patient.
(RELIGION) (= avoir la foi) → to believe
(sur lettre) croyez, cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs → yours sincerely [kʀwaʀ] vpr/réfl
se croire malin → to think one is clever
se croire fort → to think one is strong
se croire tout permis → to think one can do what one likes