déchu, ue

DÉCHU, UE

(dé-chu, chue) part. passé de déchoir
Tombé bas, mis moins haut qu'on n'était. Cet homme est bien déchu.
Bientôt cet État, que vous croyez déchu, sera la merveille de l'Hespérie [FÉN., Tél. XXII]
Quoique, à dire vrai, je ne sois pas tombé de bien haut, je me sens déchu et tout prêt à déchoir encore [D'ALEMB., Lett. au roi de Pr. 24 juillet 1780]
Qui a perdu la dignité qu'il possédait. Roi déchu. Les princes déchus.
Héros déchu [DELAV., Paria, V, 7]
Fig. Qui est tombé, comme d'une hauteur, de ce qui lui était précieux, pouvoir, espérance, etc.
Se voyant si ridiculement déchu de ses espérances [HAMILT., Gramm. 10]
Déchu du doux espoir d'être aimé de Sylvie, J'abandonne ma vie Aux plus vives douleurs qu'un cœur puisse souffrir [SEGRAIS, Chansons, 47]
Vos ennemis déchus de leur vaine espérance [RAC., Brit. II, 2]
Les Trente [tyrans à Athènes], déchus de leur pouvoir et de leurs espérances, députèrent à Lacédémone pour demander du secours [ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. IV, p. 122, dans POUGENS]
Il a lui-même abdiqué son gouvernement dans les provinces américaines, en nous déclarant déchus de sa protection et en nous faisant la guerre [RAYNAL, Hist. phil. XVIII, 45]
.... L'amour est déchu de son autorité Dès qu'il veut de l'honneur blesser la dignité [VOLT., Catilina, I, 3]
Terme de théologie. Déchu de la grâce, qui a perdu la grâce divine.
Ceux qui sont déchus de la grâce de Dieu [BOSSUET, Hist. II, 7]
Absolument. L'homme déchu, l'homme qui est déchu de l'état d'innocence par le péché d'Adam.
Qui de nous ignore que, du sein de son obscurité, les regards de l'homme déchu se tournent involontairement vers l'éclat de son existence passée ? [SÉGUR, Hist. de Napol. Préface]
Les anges déchus, les anges rebelles à Dieu, qui furent expulsés du paradis et relégués dans l'enfer.