décime

DÉCIME1

(dé-si-m') s. f.
Taxe que le roi levait ordinairement ou extraordinairement sur le clergé du royaume.
Clément IV accordait à saint Louis une décime sur le clergé [VOLT., Mœurs, 58]
S. f. plur. Ce que les bénéficiers payaient annuellement au roi sur leur revenu.
Il n'était point permis de manger ailleurs les décimes [PASC., Fig. 21]
Un curé, en comptant son argent à M. de Riandé, receveur des décimes, pour ce qu'il devait de décimes, lui disait, en se plaignant, que les sergents qu'il lui avait envoyés, lui avaient fait beaucoup de maux [SEGRAIS, Mémoires, t. II, p. 108]

SYNONYME

  • DÉCIME, DÉCIMES, DÎME. Décime au singulier c'est une taxe qui était levée extraordinairement sur les revenus ecclésiastiques pour quelque affaire jugée importante. Décimes au pluriel est ce que les bénéfices payaient annuellement à l'État sur leurs revenus. Dîme est la portion des fruits des biens laïcs donnée annuellement à l'Église par les fidèles ou aux seigneurs par leurs vassaux. Ces trois mots avaient originairement signifié un dixième ; mais depuis longtemps ils avaient perdu ce sens fixe, et ils désignaient différentes parties aliquotes du revenu.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Il jeusne deux fois la sepmaine, et donne les decimes de tous ses biens [CALV., Instit. 597]
    Ils imposerent les decimes de tout le revenu de 10 ou 12 provinces [D'AUB., Hist. I, 34]
    Les daces, gabelles, traictes, dohannes, subsides, impositions, decimes, subventions, emprunts et tant d'autres termes exactaires, des quels pour le jour d'hui la France abonde, n'estoient encore en usage [CARL., I, 45]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. decima, sous-entendu pars, la dixième partie (voy. DÎME).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. DÉCIME. Ajoutez :
    Décime de guerre, impôt établi par une loi de l'an XII pour faire face aux frais de guerre, et que depuis lors tous les budgets ont maintenue.

DÉCIME2

(dé-si-m') s. m.
Valeur monétaire qui est la dixième partie du franc. Décime pour franc, le dixième en sus du prix principal d'une chose. Décime de guerre, subvention extraordinaire d'un décime pour franc en sus de certains droits. On a établi un second décime sur les impôts indirects.

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. decimus, dixième.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. DÉCIME. Ajoutez :
  • Adj.
    Dans le titrage des métaux précieux, liqueur décime, solution de sel marin, dont il faut un litre pour précipiter un gramme d'argent, et liqueur décime d'argent, solution de sel marin qui renferme un gramme d'argent dans un litre, Fonderie des métaux précieux [, Quinquandon fils, Paris, 1872, p. 35]
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

décime

DÉCIME. n. m. T. d'Arithmétique. Dixième partie du franc. Un décime vaut dix centimes.

Par extension, en termes d'Impositions, il se dit d'une Taxe exceptionnelle ou spéciale d'un décime par franc de la part contributive de chaque citoyen. Double décime. Décime de guerre.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

decime

Decime, ou Dismes, Decimae.

Contrée subjette à l'imposition de la decime, Decumanus ager.

Les fermiers des decimes, Decumani.

Imposer et lever la decime, Decimare.

Prendre ou lever decimes, ou dismes, Decimas accipere.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

décime


DÉCIME, s. f. [1re é fer. dern. e muet.] 1°. Au singulier, la dixième partie des biens éclésiastiques, levée pour quelque afaire importante à la Religion ou à l'Église. "Le second Concile de Lyon ordona une Décime pour six ans. = 2°. Au pluriel, ce que le le Clergé séculier et régulier paye au Roi tous les ans, d'après le règlement du don gratuit, fait dans les assemblées du Clergé. L'Acad. ne parle que des Bénéficiers, ce qui n'est pas exact. "Payer les décimes; Receveur des décimes, etc.
   Rem. 1°. * M. Linguet emploie décime pour décimation. "Après les avoir enlevés à leurs foyers par la décime, apelée milice. Annales. Ce mot n'a pas cette signification.
   2°. Décime, Dixme, Dixième; ces trois mots viènent du latin decimus; mais ils ont une signification diférente. Les décimes, c'est ce que le Clergé done au Roi; la dixme, ce que les fidèles donent aux Ministres de l'Eglise; le dixième, une imposition royale, qui est la dixième partie des biens.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788