définitif, ive

DÉFINITIF, IVE

(dé-fi-ni-tif, ti-v') adj.
Qui termine une chose, une affaire. Règlement, résultat définitif.
Terme de palais. Jugement définitif, jugement qui statue sur le fond, soit par défaut soit contradictoirement, par opposition à la qualification de jugement préparatoire ou interlocutoire. En définitive, loc. adv.Terme de palais. Par jugement définitif. Il a gagné son procès en définitive (sous-entendu sentence). Par extension, finalement, décidément. En définitive, que ferez-vous ?

REMARQUE

  • Girault-Duvivier, qui demande si l'on peut dire en définitif et qui note que plusieurs grammairiens le préfèrent à en définitive, cite ces phrases-ci où en définitif est employé : En définitif, après des années entières d'amertume, de douleurs, de tourments de toute espèce, vous vous trouvez avec votre innocence qui ne sert à rien, et la réputation d'un tracassier, qui éloigne de tout, LINGUET ; Souvent on se donne bien de la peine pour n'être, en définitif, que ridicule, MALHESHERBES. Mais le fait est que en définitive, qui est ancien et s'explique sans peine (en sentence définitive), doit être employé de préférence : en définitif, bien que correct grammaticalement (témoin les adjectifs construits avec en : en beau, en laid, etc.), n'ayant pas pour soi l'usage.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Il estoit condempnés de tiere par sentence definitive [, Chron. de Rains, p. 127]
    Et par tex paroles commence La deffinitive sentence [, la Rose, 19705]
    Et santance donnée de barre mise avant, et passée par l'espace de huit jorz en autorité de chose jugée, ert [sera] ausint comme sentance difinitive [, Liv. de just. 41]
    Et le jugement qui est du principal, il l'apelent sentence diffinitive [BEAUMANOIR, LXVII, 26]
  • XVe s.
    Et y sejournerent tout l'yver, et ne povoient avoir nulle response diffinitive [FROISS., I, I, 53]
  • XVIe s.
    Si y eut en ce procès plusieurs plaidoyers avant la sentence diffinitive [AMYOT, Pomp. 7]
    Par sentence diffinitive du concile de Basle, Eugenius Pape de Rome fut deposé [CALV., Instit. Dédic.]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. diffinitiu ; catal. definitiu ; ital. definitivo ; du latin definitivus, de definire, définir.