dépourvu, ue

DÉPOURVU, UE

(dé-pour-vu, vue) part. passé de dépourvoir
Qui n'est pas pourvu, qui manque de.
De toute élection mon âme est dépourvue, Et nul objet certain ne limite ma vue [RÉGNIER, Sat. VII]
Des gens qui, dépourvus des biens de la fortune, Sous le nom de chrétiens font gloire du trépas [ROTR., S. Gen. V, 2]
De mémoire, en ce lieu, vous semblez dépourvue [TRISTAN, Panthée, IV, 1]
En ce discours dépourvu de science [ID., M. de Chrispe, IV, 1]
La personne qu'il aime et qu'il doit épouser Est brillante d'attraits, mais d'esprit dépourvue [BOISSY, Dehors tromp. II, 1]
Absolument.
La cigale.... Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue [LA FONT., Fabl. I, 1]
Au dépourvu, loc. adv. Sans qu'on soit pourvu, préparé.
Comme il faut peu de chose à le mécontenter, Le prendre au dépourvu ce serait tout gâter [HAUTER., Crisp. mus. IV, 4]
Tu peux sans trahison le prendre au dépourvu [ROTR., Bélis. II, 16]
Je n'étais point en garde contre ce récit tout naïf, et j'ai été prise au dépourvu [SÉV., Lett. 16 nov. 1684]