déprendre

se déprendre

v.pr.
Litt. Se détacher de qqn ; perdre le goût de qqch : Il se déprend d'elle s'éloigner ; s'éprendre elle ne s'y intéresse plus

DÉPRENDRE

(dé-pran-dr') , je déprends, tu déprends, il déprend, nous déprenons, vous déprenez, ils déprennent ; je déprenais ; je dépris ; je déprendrai ; je déprendrais ; déprends, qu'il déprenne ; déprenons, qu'ils déprennent ; que je déprenne, que nous déprenions ; que je déprisse ; déprenant ; dépris v. a.
Séparer deux choses prises ensemble.
On déprit de part et d'autre les crampons de fer [SCARR., Rom. com. II, 19]
Fig. Détacher, faire qu'on ne soit pas attaché.
Ils y tiennent et s'y attachent si fort qu'il n'y a point de moyen de les en déprendre [BALZ., 4e disc. sur la cour]
Jésus-Christ nous a dépris du commerce des choses de la terre [, Traduction des lettres de St Augustin, dans RICHELET]
Les années, bien loin de déprendre leur cœur de ce qu'ils ont aimé jusqu'à ne pouvoir se résoudre d'y renoncer pour Dieu, ne servent au contraire qu'à les y attacher davantage [BOURDAL., Purific. de la Vierge, Myst. t. II, p. 283]
Se déprendre, v. réfl. Se débarrasser, rompre ses liens. Cet oiseau s'était pris à la glu et ne pouvait s'en déprendre.
La double serre [l'ancre] ne s'est pas plutôt déprise de la chevelure de l'abîme, qu'un mouvement se fait sentir dans le corps entier du vaisseau [CHATEAUB., Natch. VII, 318]
Fig.
Les mélancoliques ne se déprennent pas aisément de leurs passions [BALZ., liv. VII, lett. 6]
Des biens dont nos cœurs ne se peuvent déprendre [BOSSUET, Fr. d'Ass. 2]
Elle ne se peut déprendre de ces pensées sensuelles [ID., Purif. 1]
Fortifiez-moi par la douleur pour achever de me déprendre de tout [FÉN., t. XVIII, p. 165]
Plus vous paraissez né d'un caractère facile, léger, inconstant, plus il vous sera aisé de vous déprendre de vos attachements criminels et de revenir à votre Dieu [MASS., Car. Pécher.]
Si vous ne pouvez vous déprendre de rien, vous retrancher sur rien.... [ID., ib.]
Des liens indissolubles dont on ne peut plus se déprendre [ID., Prof. rel. Serm. 2]
Un secours qui lui aidât [à l'âme] à se déprendre des filets où le monde et le démon l'avaient enlacée [ID., Confér. Excell. du sacerd.]
Nous ne pouvons nous déprendre de nous-mêmes ; nous n'osons rompre des liens qui nous accablent [ID., Panég. St Benoît.]
Ma mère dont, malgré la mort, son cœur n'avait pu se déprendre [J. J. ROUSS., Conf. V]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Povres et esgarés, essiliés et despris [, Berte, XX]
    Quand ma fille en est si de cuer triste et desprise.... [, ib. LXXVI]
  • XVIe s.
    L'ame semble se desprendre [par les larmes], se desmesler.... [MONT., I, 8]
    Faire bouillir un corps pour desprendre la chair d'avecques les OS [ID., I, 5]
    Se desprendre [détacher] de la vie [ID., I, 79]
    Se desprendre des opinions et mœurs receues [ID., I, 115]
    Vous ne les desprenez pas à votre poste [les chevaux fougueux], quand ils se sont une fois harpez [ID., I, 359]
    Pythagoras faict Dieu un esprit universel, d'où nos ames sont desprinses [ID., II, 248]
    À quoi ils s'opiniastrerent tellement, que la dame eut toutes les peines du monde à les deprendre [séparer] [YVER, p. 598]
    Ars et Rion se mettent à les desprendre, ce qu'ils ne pouvoient faire sans le secours d'un seau d'eau ; ce duel estant separé.... [D'AUB., Faen. III, 23]
    Il est necessaire que peu à peu les tendons et les membranes soient desjointes, ou deprises contre la cicatrice [PARÉ, XIII, 29]

ÉTYMOLOGIE

  • Dé.... préfixe, et prendre ; bourguig. déprarre, déparre.

déprendre

DÉPRENDRE (SE). v. pron. Se dégager. Il ne se dit que des Êtres animés et au figuré. Il est tellement attaché à cette personne, qu'il ne saurait s'en déprendre. On ne se déprend pas aisément de ses passions, de ses préventions, de ses préjugés.

déprendre


DÉPRENDRE, v. a. [Déprandre: 1re é fer. 2e lon. 3e e muet.] Détacher. "On ne peut déprendre ces dogues, tant ils sont acharnés l'un contre l'aûtre. "Ces oiseaux se sont pris à la glu: ils ne peuvent se déprendre. — Figurément, il ne peut se déprendre de cette femme. "Ce n'est pas qu'il en fût dépris: Retif. "Il faut déprendre son coeur des atachés violentes.

Synonymes et Contraires

déprendre (se)

verbe pronominal déprendre (se)
Littéraire. Se libérer d'une contrainte.