désoccupé, ée

DÉSOCCUPÉ, ÉE

(dé-zo-ku-pé, pée) adj.
Qui n'a rien à faire, qui ne s'occupe à rien.
Ce premier jour nous toucha ; il [M. de Pomponne, après sa disgrâce] était désoccupé, et commençait à sentir la vie et la véritable longueur des jours [SÉV., 388]
Le prêtre mondain, seul au milieu du monde, est l'homme le plus inutile et le plus désoccupé qui soit sur la terre [MASS., Confér. Fuite du monde.]
Votre cœur désoccupé de ses passions [ID., Car. Inconst.]
Que n'employez-vous aux édifices publics, pendant cent jours, les artistes désoccupés ? [VOLT., Dial. 1]
L'artisan est plus heureux que le riche désoccupé [CHATEAUB., Génie, IV, III, 4]
Par extension.
On croit qu'une vie désoccupée ne peut presque être innocente [MASS., Av. Concept.]
Substantivement.
Ils [les Romains] comptent leur argent, courent au spectacle ou chez leurs maîtresses ; c'est la vie des désoccupés [VOLT., Memmius, XII]

SYNONYME

  • 1. DÉSOCCUPÉ, INOCCUPÉ., Dans la rigueur étymologique, inoccupé veut dire qui n'est pas occupé, et désoccupé veut dire qui a cessé de l'être. Mais, dans l'usage, cette petite différence disparaît, et ces deux mots sont le plus souvent identiques.
  • 2. DÉSOCCUPÉ, DÉSŒUVRÉ., L'homme désoccupé n'a point d'occupations ; l'homme désœuvré n'a point d'œuvre qu'il fasse. Un homme désœuvré est donc un paresseux aimant à ne rien faire. Un homme désoccupé est simplement celui qui n'a pas d'occupation actuelle, et qui, quand il en aura, pourra montrer activité et zèle.