détaché, ée

DÉTACHÉ, ÉE1

(dé-ta-ché, chée) part. passé de détacher 1
Dont on a ôté les taches. Une robe détachée.

DÉTACHÉ, ÉE2

(dé-ta-ché, chée) part. passé de détacher 2
Qui n'est plus attaché. Un chien détaché.
Laissez-moi relever ces voiles détachés [RAC., Bérén. IV, 2]
Comme un fruit par son poids détaché du rameau [LAMART., Médit. II, 22]
Terme de botanique. Stipule détachée, stipule qui ne tient au pétiole que par la base. Par extension.
Tes mânes par ta mort de ton corps détachés [ROTR., Antig. I, 4]
Pièces, pensées détachées, fragments de prose ou de vers, pensées sans liaison.
Ce genre d'écrire est plutôt une poésie détachée qu'une prose régulière [BALZ., liv. VII, lett. 7]
Ce sont des paroles détachées [BOSSUET, Euch. 3]
Il ne fit plus que jeter sur le papier des pensées détachées, travail proportionné à son état [D'OLIVET, Hist. Acad. t. II, p. 400]
Terme de musique. Note détachée, se dit, par opposition à coulé et à martelé, de celle qui est précédée, dans le chant et sur les instruments à vent, d'un coup de langue, et sur les instruments à cordes d'un coup d'archet en sens contraire du mouvement précédent. La harpe, le piano et la guitare n'ont guère que des sons détachés, parce qu'il faut un coup nouveau pour chacun. Substantivement, au masculin, un détaché. Il faut faire un détaché. Les détachés sont difficiles sur la clarinette. En peinture, on dit d'un tableau que les figures sont bien détachées, lorsqu'étant bien dégagées l'une de l'autre, elles sont tout à fait séparées.
Terme de fortification. Pièces détachées, celles qui sont séparées du corps de la place. Forts détachés. Il se dit, en un sens analogue, de bâtiments qui ne tiennent pas à un corps de logis.
Il y avait dans notre jardin une salle basse, peinte et fort enjolivée, où l'on mangeait en été et qui était détachée du reste de la maison [SCARRON, Rom. com. I, 15]
Fig. Sans liaison d'amitié ou d'affaires.
Quand je les croyais détachés l'un de l'autre, ils s'étaient rapprochés [J. J. ROUSS., Confess. XI]
Qui n'a plus d'attachement.
Peux-tu voir tant de pleurs d'un œil si détaché ? Peux-tu voir tant d'amour sans en être touché ? [CORN., Poly. V, 3]
Votre âme n'en est pas encor si détachée Qu'il puisse aimer ailleurs sans en être touchée [CORN., Othon, II, 1]
Le favori n'a point de suite : il est sans engagement et sans liaison ; il peut être entouré de parents et de créatures, mais il n'y tient pas : il est détaché de tout et comme isolé [LA BRUY., X.]
Vous êtes trop détaché des richesses pour.... [FÉN., Tél. VI]
Je ne suis pas si détachée du bien public que du bien particulier [MAINTENON, Lettre à Mme de Dangeau, 10 nov. 1715]
La disgrâce confirmée trouva le philosophe détaché de toutes ces importantes frivolités [DIDEROT, Règne de Claude et Néron, I, § 90]
Terme mystique. Qui est dans le détachement.
Il est toujours en soi détaché de soi-même [CORN., Imit. I, 3]
Ce ministre si fortuné et si détaché tout ensemble [BOSSUET, le Tellier.]
Vivez détachée de tout jusqu'aux moindres choses [ID., Lett. Corn. 26]
Conserver le cœur détaché de ce qui nous environne [MASS., Profess. 3]
Terme militaire. Envoyé en détachement.
Il est détaché avec plusieurs troupes pour aller en Allemagne [SÉV., 291]

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. DÉTACHÉ. Ajoutez :
    Terme de turf. Qui est en avant des autres chevaux. Tel cheval est arrivé second, mais il était complétement détaché du reste du champ, c'est-à-dire qu'à l'exception du vainqueur, tous ses rivaux étaient loin derrière lui.