diligent, ente

DILIGENT, ENTE

(di-li-jan, jan-t') adj.
Qui a de la diligence, qui s'applique avec attention. Un écolier diligent. Il est diligent en ses affaires. Qui a le caractère de la diligence, en parlant des choses.
Sans l'avis diligent que j'ai cru vous devoir [DESM., Érigone, III, 3]
Le berger plut au roi par ses soins diligents : Tu mérites, dit-il, d'être pasteur de gens [LA FONT., Fabl. X, 10]
Qui fait avec activité et rapidité. Valet diligent. Ouvrière diligente. Il est diligent à exécuter les ordres qu'on lui donne.
Un démon diligent qui sans cesse regarde Les dépôts que le ciel a commis à sa garde [TRISTAN, Mariane, IV, 1]
Lorsqu'occupé d'un côté, il envoie reconnaître l'autre, le diligent officier qui porte ses ordres s'étonne d'être prévenu et trouve déjà tout ranimé par la présence du prince [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Imposez au notaire et soyez diligent, Autant que vous pourrez, à toucher cet argent [REGNARD, Ménechmes, II, 1]
Terme de jurisprudence. Partie la plus diligente, celle qui agit la première dans une poursuite dont le droit lui était commun avec d'autres. Rapide, en parlant des choses.
Sous leurs pas diligents le chemin disparaît [BOILEAU, Lutr. V]
S. m. Le diligent, machine pour dévider l'or en brins.
S. f. Diligente, variété de tulipe printanière.

REMARQUE

  • Marguerite Buffet, Observ. p. 33, en 1668, signale la mauvaise prononciation déligent.

SYNONYME

  • DILIGENT, PROMPT. Ce qui différencie ces deux mots, c'est que diligent implique toujours une idée d'application, d'intention qui n'est pas dans prompt.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Soies diligens d'avoir bons prevos et bons baillis [JOINV., 301]
  • XIVe s.
    Soient les maistres deligens de veoir les tiltres [, Ordonn. des rois de France, t. VII, p. 776]
  • XVe s.
    Le bien commun doit [le prince] sur touz preferer, Son peuple avoir en grant dilection, Estre saige et diligent [E. DESCH., Des vertus du prince.]
  • XVIe s.
    Quand la pauvreté se trouve en un personnage bien vivant, laborieux, diligent, juste, vaillant, alors elle est une grande preuve de magnanimité [AMYOT, Arist. et Caton comp. 8]
    Ceux qui ne sont diligens d'observer telles differences [LANOUE, 89]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. diligent ; espagn. et ital. diligente ; du latin diligentem, proprement qui aime, qui chérit, et, de là, soigneux, diligent, de diligere, aimer avec choix (voy. DILECTION).