dot

(Mot repris de dots)

dot

[ dɔt] n.f. [ lat. dos, dotis, don ]
1. Biens qu'une femme apporte en se mariant : « Je trouve ici un avantage qu'ailleurs je ne trouverais pas, et il s'engage à la prendre sans dot » [Molière].
2. Dans l'Antiquité grecque et en Afrique, biens donnés par le futur époux à la famille de sa future épouse.

dot

(dɔt)
nom féminin
mariée ensemble des biens qu'apporte une femme lorsqu'elle se marie une belle dot

DOT

(dot' ; au pluriel, le t se prononce aussi : les dot' ; l's ne se lie pas : des dot' en argent ; cependant quelques-uns la lient : des dot'-z en argent) s. f.
Ce qu'on donne à une fille en mariage, le bien qu'elle apporte à son mari. Une riche dot.
Et il s'engage à la prendre sans dot [MOL., l'Av. I, 7]
Lorsqu'on s'offre de prendre une fille sans dot, on ne doit point regarder plus avant [ID., ib. I, 10]
Je sais qu'avec mes vœux vous me jugez capable De vous porter en dot un bien considérable [ID., Femm. sav. V, 1]
AEgine qu'on vous propose, et qui, avec une riche dot, apporte de riches dispositions à la consommer, et tout votre fonds avec sa dot [LA BRUY., XIV]
Par extension.
Mes filles n'ont pour dot que le nom de leur père [CORN., Agésil. III, 2]
Quand on ne prend en dot que la seule beauté, Le remords est bien près de la solennité [MOL., l'Étour. IV, 5]
Fig.
Elle [ta victoire] n'est qu'un effet du malheur qui me suit, Je l'ai porté pour dot chez Pompée et chez Crasse [CORN., Pomp. III, 4]
Voyant ce que pour dot [l'appui d'un parti] Rome lui veut donner [ID., Sertor. I, 2]
Ce n'est qu'au meurtrier que Mahomet te donne, Quelle effroyable dot ! [VOLT., Fanat. IV, 3]
Terme de jurisprudence. Ce que la femme apporte au mari pour soutenir les charges du ménage. Une dot mobilière.
Apport que fait au couvent une fille qui entre en religion.
Se dit aussi, abusivement, de ce qu'on donne à un fils. Ils ont eu chacun, le mari et la femme, 30 000 francs de dot.

REMARQUE

  • Molière a fait ce mot masculin : L'ordre est que le futur doit doter la future Du tiers du dot qu'elle a, Éc. des femmes, IV, 2 ; C'est une raillerie que de vouloir me constituer son dot de toutes les dépenses qu'elle ne fera point, l'Av. II, 6 (des éditions, rajeunissant le texte, ont mis sa dot). Vaugelas et Perrot d'Ablancourt le faisaient aussi masculin. C'est un archaïsme. Mais Ménage remarque que le féminin l'emportait. Patru voulait qu'on écrivît dote, et Regnard a suivi cette orthographe dans le Bal, SC., 14, pour rimer avec il radote : Je fais arrêt sur vous, sur la fille et la dote.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Elle estoit jeune et n'avoit point encore ouï dire ce mot de dot ; lequel ils disent en certains endroits du royaume, et principalement en Lyonnois, pour douaire ; et pensoit qu'on eust dit que cet homme eut mangé le dos ou l'eschine de la femme [DESPÉR., Contes, XLV]
    ....Laquelle aura pour son dot 400000 escus [D'AUB., Hist. I, 45]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. dot, s. f. ; espagn. et ital. dote ; bas-lat. dotum ; du latin dos, qui, représentant dot-s, se rapporte à l'adjectif verbal en grec qui signifie, donné, et dérive du radical grec dans et do dans do-num (voy. DON). Dotum explique le masculin qui a été souvent donné à dot ; et l'exemple de Despériers témoigne qu'au XVIe siècle le t ne se faisait pas sentir.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • DOT. - REM. Ajoutez : Il faut aussi compter Mme de Sévigné parmi ceux qui ont fait dot du masculin : Son esprit est son dot, 15 juin 1680.

dot

DOT. n. f. Le bien qu'une femme apporte en mariage à son époux et Celui qu'un époux apporte à sa femme. Avoir une belle dot. Apporter une dot considérable. Fournir une dot. Assigner la dot. Donner en dot. Elle n'apporte rien en dot. Se marier sans dot. Coureur de dot.

Il se dit particulièrement, surtout en termes de Jurisprudence, du Bien qui reste la propriété de la femme, quoique le mari en partage la jouissance et en ait l'administration. Des biens constitués en dot. Constitution de dot. Les immeubles qui font partie de la dot ne peuvent être aliénés ou hypothéqués qu'en certains cas. La dot peut comprendre tous les biens présents et à venir de la femme. Restitution de dot.

Il se dit, par analogie, de l'Apport que fait une fille au couvent où elle entre en religion.

dot


DOT, s. f. [On prononce le t final.] Quelques-uns écrivent et prononcent dote sans raison. — Il faut dire la dot, et non pas le dot, comme ont dit Vaugelas et d' Ablancourt. MÉN. = Bien qu'une femme aporte en mariage. Doner en dot. Constituer une dot. Assurer, payer la dot. — Il ne se dit point au pluriel. — On apèle aussi dot ce qu'on done à un Monastère, quand une fille se fait Religieûse.

Traductions

dot

зестра

dot

dote

dot

dot

dot

도트

dot

dot

dot

[dɔt] nfdowry