douillet, ette

DOUILLET, ETTE

(dou-llè, llè-t', ll mouillées, et non dou-yè) adj.
Doux et mollet. Lit, oreiller bien douillet. Tendre et délicat. Peau douillette.
Trop sensible aux petites impressions désagréables. Il ne faut pas être si douillet. Substantivement. Faire le douillet. C'est une douillette.
Bon, bon, messieurs, dit-il, vous êtes des douillets [VOLT., Roi de Prusse, 66]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Ils se tenoient par bandes, joyeulx, mignars, douilletz aulcuns ; aultres tristes, graves, severes, rechignez [RAB., Pant. IV, 58]
    Voyez ceste perche d'oyseaulx, comment ilz sont douilletz et en bon poinct, des rentes qui nous viennent de Touraine [ID., ib. V, 6]
    .... Ou bien que les froides gelées Eussent faict mourir les œillets Qu'elle tient si chers et douillets [ST-GEL., 77]
    Si bien qu'on ne peut sçavoir, à la voir et à le voir, Laquelle ou de la fleurette, Ou d'elle est la plus douillette [RONS., 553]
    Pour ce il faut de l'argent à couvrir nostre corps, Qui de lui-mesme est tendre et douillet par dehors [ID., 905]

ÉTYMOLOGIE

  • Diminutif de l'ancien adjectif douille ou doille, qui signifiait mou, et qui provient de l'adjectif ductilis, qui se prête au maniement (voy. DUCTILE). Il ne faut pas le confondre avec le lorrain deuil, qui signifie dolent, douloureux, sensible ; on dit d'une partie qui a reçu un coup : cela m'est deuil ; deuil paraît un adjectif formé du verbe douloir comme le substantif français deuil.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    DOUILLET. Ajoutez :
    Familièrement, un père douillet, un homme qui a peur du moindre mal.
    Il ne peut.... et ne doit jamais s'imaginer un Christ, en quelque action que ce soit, avec un visage de torticolis ou d'un père douillet, vu qu'étant sur la terre parmi les hommes, il était même difficile de le considérer en face [, Lett. Poussin, dans J. DU MESNIL, Hist. des amat. ital. p. 494]