effréné, ée

Recherches associées à effréné, ée: freiner, frénétique

EFFRÉNÉ, ÉE

(è-fré-né, née) adj.
Terme de blason. Se dit d'un cheval qui n'a ni bride ni selle, et qui se nomme autrement gai.
Fig. Qui est sans frein moral, sans retenue. Une licence, une passion effrénée. Désirs effrénés.
Comment, il vient d'avoir l'audace De me fermer la porte au nez, Et de joindre encor la menace à mille propos effrénés ! [MOL., Amph. III, 4]
Que devait-il arriver, sinon ce qu'on a vu, c'est-à-dire une licence effrénée dans toutes les matières de la religion ? [BOSSUET, Variat. 15]
On vit avec horreur une muse effrénée Dormir chez un greffier la grasse matinée [BOILEAU, Ép. V]
Doit-on donner le nom de courage et de valeur à une hardiesse aveugle, téméraire, impétueuse, qui ne connaît point de règle et qui n'a pour guide qu'une ardeur insensée de fausse gloire et un désir effréné de se distinguer à quelque prix que ce soit ? [ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. VI, p. 621, dans POUGENS]
Vous voyez sans pitié ma douleur effrénée [VOLT., Alz. IV, 1]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Tant comme sa ribauderie sera plus non punie, de tant sera elle plus effrenée [BERCHEURE, f° 67, recto.]
  • XVIe s.
    Tous les ruisseaux l'entrée de leurs sources Laschent à plein, et d'un cours effrené Tout à l'entour des grans mers ont tourné [MAROT, IV, 27]
    Les elephans sont si effrenés de leur nature qu'ils ne peuvent endurer bride quelconque [PARÉ, Monstres, app. 3]
    Ilz redoubtoient son audace effrenée et son insolence de contemner ainsi les lois et coustumes de son païs [AMYOT, Alc. 27]
    Dont proceda l'effrenée licence et la nonchalance de toute honesteté [ID., Nicias, 14]
    La despense qu'ils sont contraints de faire et supporter à nourrir les ditz pauvres et malades, pour l'effrenée multitude et habondance d'iceulx qui y affiue chacun jour [, Lett. pat. 1er oct. 1544]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. effrenatus, de ex, et frenum, frein. Ou trouve aussi effrener pour enfrener, mettre le frein.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • EFFRÉNÉ. - HIST. Ajoutez : XIIe s.
    Maintes fois vult [veut] malvoisouse crenmors [crainte] sembleir humiliteit, et effreneiz orguez [orgueil] franchise [, li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 310]
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877